Rue Frontenac - Voyager sans ses valises...






Voyager sans ses valises... PDF Imprimer Envoyer
La chronique d'Yvon Laprade
Mardi, 14 juin 2011 08:10
Mise à jour le Mardi, 14 juin 2011 08:21

Qu’on soit ou non d’accord avec les motivations des 3 800 employés d’Air Canada qui ont déclenché la grève lundi à minuit, on est en droit de se poser plusieurs questions si on est un client de la société aérienne.

Ces questions sont les suivantes. Comment la compagnie à la feuille d’érable parviendra-t-elle à offrir un service de qualité ? Quel sera l’impact de ce conflit ? Comment Air Canada réussira à opérer malgré l’absence de ses employés aux comptoirs ?

La direction d’Air Canada a voulu se faire rassurante, lundi, à quelques heures du déclenchement de ce conflit qui s’annonce long et douloureux.

La société aérienne a semblé dire que ses activités vont se dérouler quasi normalement, et que les les retards ne devraient pas perturber plus qu’il ne faut le service offert à ses clients. Le transporteur a même conseillé aux voyageurs de voyager légers. Sans bagages, idéalement.

Une société aérienne perd du jour au lendemain 3 800 employés et leur absence passerait inaperçue? C'est ce que semble dire Air Canada. Avouons que ce n’est pas de cette manière que les patrons vont favoriser un déblocage à la table de négociation avec le syndicat. Mais passons.

Une réponse à toutes les questions

Parlons plutôt des clients. Air Canada semble avoir réponse à toutes les questions. La direction prend même le temps de les remercier à l’avance pour la patience et la compréhension dont ils feront preuve.

La société aérienne leur demande toutefois de collaborer et de faire les réservations sur son site web, ou encore de se servir des outils libre-service dans les aéroports.

Résumons la situation grossièrement : Air Canada ne s’entend pas avec ses employés, qui font la grève, et ce sont ses clients qui devraient faire preuve d’une grande compréhension. Le message est clair : on leur demande de payer leur billet d’avion au tarif régulier tout en faisant du bénévolat pour aider la société aérienne à tenir le coup durant le conflit.

Et qu’en pense Marcel Rondeau, qui fait partie du comité de négociation, et qui tente de s’entendre avec les patrons ? Visiblement, il ne semble pas convaincu de la bonne foi de ceux qui lui font face. Il est à se demander s’il y a encore un pilote dans l’avion…

Il est à se demander s'il y a encore un pilote dans l'avion... Photo Archives Rue Frontenac

Du plomb dans l'aile

Le président du Conseil québécois des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) devra toutefois regarder du côté d’Ottawa et tenter de décoder les propos de la ministre du Travail, Lisa Raitt.

Cette dernière a lancé un appel à la négociation. Mais à défaut de s’entendre, le syndicat risque-t-il de voir Ottawa y aller d’une loi spéciale ? Il sera intéressant de voir comment le premier ministre Stephen Harper va gérer ce conflit.

Mais, au fait, comment se fait-il que les employés en soient arrivés là ? Pourquoi le syndicat et la direction d’Air Canada sont-ils à couteaux tirés ? Pourquoi la présente négociation a-t-elle, si vous me permettez le jeu de mots facile, du plomb dans l’aile ?

Importantes concessions

Avant de vous acheter un billet pour un aller simple entre Montréal et Toronto, prenez le temps de lire ce qui suit.

Air Canada, dans les faits, demande d’importantes concessions à ses employés : diminution des avantages consentis dans les programmes d’assurance collective, ajustement vers le bas des régimes de retraite. Si le syndicat dit la vérité, les futurs retraités vont devoir vivre avec des régimes beaucoup moins généreux. Les coupes pourraient atteindre plus de 40 %.

Et nous, que pouvons-nous faire pour accélérer le règlement de ce conflit qui débute ? Continuer de voler sur les ailes d’Air Canada ? Donner un coup de main aux 1 700 employés cadres qui en auront plein les chaussures ? Critiquer les syndiqués qui sont ingrats de faire la grève alors qu’il y a « tellement de monde qui aimerait être payé pour voyager » ?

Un peu de sérieux, tout de même. Personnellement, je n’ai pas l’intention de m’acheter un billet d’avion chez Air Canada tant que le conflit perdurera. Quand une entreprise est en grève – ou en lock-out, c’est selon – on ne traverse pas une ligne de piquetage. Point à la ligne. Question de respect. Question de principes.

Et vous, sur quelles ailes allez-vous voler au cours des prochains jours ?

Commentaires (9)

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Meilleures conditions de travail
0
On entend rarement parler qu'une entreprise a fait faillite à cause des salaires et conditions de travail qu'elle accorde à ses employés. En général, elles n'auront pas su s'adapter à un nouveau marché. Aussi, les actionnaires et gestionnaires ne veulent pas voir leurs profits baisser ni même stagner. C'est rendu que les profits doivent TOUJOURS être à la hausse, peu importe le pouvoir d'achat des consommateurs. C'est donc normal qu'un jour la bulle éclate. Rien à voir avec le fait que les travailleurs soient syndiqués.
Le capitalisme a besoin des consommateurs ET des travailleurs. Les entreprises qui l'auront compris feront des provisions pour les périodes plus difficiles. Et les bons patrons pourront compter sur des employés dévoués.
Annie G. , juin 18, 2011
@Steve
0
Franchement...

Nous ne sommes plus dans les années 50.. Les emplois qui demandent des connaissances particulières ou de l'expérience sont bien rémunérés, sinon personne ne les ferait.

Maintenant, les syndicats ne sont plus là pour défendre la qualité de vie des employés, mais plutôt pour accumuler des profits, comme toute autre entreprise privée.
Ils demandent de plus en plus aux employeurs, et ils essayent de syndiquer des emplois à temps partiel d'étudiants (Couche Tard??)

C'est rendu que le gars qui passe le balai gagne au dessus de 25$ / heure, sans compter tous ses avantages sociaux (assurances, vacances payées, etc..)
En même temps, les entreprises syndiquées ne peuvent pas se débarrasser de leurs mauvais employés, peu-importe la situation. La productivité ne compte plus pour rien.
Tu te présentes au travail après avoir bu 10 bières à tous les jours? Tant-pi pour ton employeur, car ton syndicat te protégera. Au pire, ton employeur sera forcé à te payer une désintox.

Les syndicats profitent de tous les employés et ne bénéficient qu'aux plus paresseux et à ceux qui causent le plus de problèmes. Le plus drôle c'est que vous croyez vraiment que le syndicat est là "pour vous aider".

Je sais que beaucoup de québécois sont pour tout ça, c'est le modèle typique du BS québécois. On veut que les autres nous payent à rien faire. À écouter les gens, c'est pas normal qu'une entreprise fasse des profits au Québec... Et après on se demande pourquoi il y si peu de grandes entreprises au Québec.

Si t'es le moindrement motivé et productif, ça serait facile pour toi de trouver un emploi qui paye beaucoup plus que le salaire minimum.
Mais si t'es paresseux, si t'as pas d'éducation parce que t'as décider de boire d'la bière au lieu d'aller à l'école, c'est ton problème.
Mario , juin 16, 2011
f
0
Moi aussi, tant que le conflit durera, j'oublis air canada. C'est la seule façon de forcer les deux parties à s'assoir et en venir à un entente .
steve , juin 15, 2011
hmm
0
On dirait que l'on entre dans un ère de dictature moderne, et il semble que les gens soit pour ça. Les gens sont devenus tellement contre les syndicats qu'ils sont prêts à tout pour ne plus en avoir. Vivement le salaire minimum pour tout le monde alors. C'est du nivellement par le bas...
steve , juin 15, 2011
Moins d'avantages ou pas de salaire, il faut choisir
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Avec votre solution «d'aller voir ailleurs» Monsieur Laprade vous serez certainement le premier à vous insurger lorsqu'Air Canada fera 23000 mises à pied après sa faillite.
Francine Hénault , juin 14, 2011
je suis d accord
0
il faut avoir vécu et souffert des conditions de travail ces dernieres années pour parler de la sorte. dieu seul sait combien les gens a l interne des conflits on souffert. ignorer les ignorants qui parlent sans avoir vécu cela. a savoir qu il faut laisser aller les compagnies comme bon leur semble.le profit a outrance et déraisonnable mais que pour les dirigeants. plus de partage dans la société. les dirigeants riches et les travailleurs a genoux. plus de respect pour les syndicats et les syndiqués. c est le retour a l esclavage , mais moderne cette fois. les jeunes comprendront un jour, car ils auront a se battre eux aussi, quand ils auront compris....
chantal l , juin 14, 2011
C'est votre droit
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C'est votre droit de refuser de voler avec Air Canada. Personnellement, je n'y vois aucun problème et je n'ai pas l'intention de changer mes habitudes. Oui, ce sera peut-etre un peu plus long, mais je peux vivres avec ça.
Pierre , juin 14, 2011
Partialité
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Ce que j'aime c'est qu'on ne sent pas du tout votre partialité pro-syndicats. On dirais que Rue Frontenac est un bulletin d'information syndicale.
Normand Fafard , juin 14, 2011
Franchement
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Ils ont déjà de la difficulté à offrir un bon service avec personnel complet.

Avec 3800 eb grève? Faites moi rire...
Luciano , juin 14, 2011

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