Rue Frontenac - La vie à tout prix






La vie à tout prix PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Valérie Dufour
Jeudi, 28 octobre 2010 09:34

Il est des gens qui, parce quʼils se croient moralement supérieurs, estiment que lʼon peut travestir la vérité au nom de la vie, même quand elle en est à ses premiers balbutiements. Mais quand ces mensonges ont pour effet d'apeurer des jeunes filles en détresse, il y a lieu de dénoncer la situation haut et fort.

C'est dans cette optique que Rue Frontenac a enquêté sur des organismes d'aide aux femmes enceintes qui se disent neutres, mais qui colportent des faussetés au nom de la religion. Les pro-vie perdent souvent les pédales et l'utilisation de fausses données scientifiques dans leur rhétorique chrétienne en est la preuve.

Les responsables de ces organismes devraient avoir honte de dire à ces personnes qu'une interruption de grossesse leur apportera des malheurs tels le cancer ou l'infertilité ou que leur fœtus sera utilisé pour fabriquer du rouge à lèvres.

En soi, défendre le droit à la vie est noble et les questions entourant le droit à l'avortement méritent d'être débattues au grand jour. Mais n'en déplaise aux plus radicaux, l'avortement est un choix dans notre pays. Et les femmes dans le doute, peu importe leur âge, leur état matrimonial ou leur revenu, doivent recevoir de l'aide avant de prendre une décision.

Profiter de la détresse

Nous sommes dans un pays de droit où la liberté d'expression est heureusement garantie pour tout un chacun. Mais là où il faut sévir, c'est quand les organismes pro-vie se cachent derrière une aura de neutralité pour forcer la main aux jeunes filles en détresse.

Qui, en général, se tourne vers ces organismes? Des jeunes femmes qui n'ont souvent pas de réseau social ou qui ont peur d'en parler à leur famille. Elles sont vulnérables et il est indécent de les pousser vers un choix qu'elles risquent de regretter.

Donner naissance à un enfant est un événement fantastique pour la majorité des nouveaux parents; un moment attendu, un rite de passage, une richesse essentielle dans une vie. Mais pour que cet événement soit heureux, il faut être prêt à faire le saut. Le scénario de la grossesse adolescente qui se termine par une mère heureuse de donner son bébé en adoption est angélique.

Dans la vraie vie, les choses ne se déroulent pas comme dans le film Juno. Dans la vraie vie, la jeune fille de 15 ans quitte l'école et emménage avec son chum dans un deux et demi miteux. Le réseau des centres jeunesse est rempli d'enfants non désirés qui ont fini par être négligés ou abusés.

Commentaires (9)

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Information
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Que l'on soit pour ou contre, on a tous droit à nos opinions, on a tous le droit à l'information. Mais faut-il qu'elle soit juste.

Moi je n'ai pas honte de dire que je suis pour. Pour des enfants qui ont des parents qui les aiment.

Pour que les parents puissent subvenir aux besoins de ces enfants.

Tout est une question de dosage.

Être parent, c'est une bien grande tâche et ce n'est pas parce qu'on est fertile que l'on est automatiquement apte à accomplir cette tâche.

Faut savoir écouter son coeur.

Et certains vont dire qu'il faut assumer ses actes: Effectivement. Sauf que par contre, si la personne l'a assumé et s'est protégé et que cela n'a pas fonctionné, qu'est-ce qu'elle fait? Ou bien si cette même personne s'est fait violée?
Ou a un enfant qui sera handicapé à vie?

Les gens qui sont contres, selon moi, ne font que penser à eux-même!

Un enfant qui doit voir le jour, le verra!
Michèle Duquette , décembre 14, 2010
sage-femme
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L'enquête est-elle publiée? il m'apparaît d'intérêt public de connaître les organismes visés dans cette enquête et d'identifier les "fraudeurs" .
Charlotte Landry , décembre 10, 2010
Cul de sac
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Les 2 cotés de la médaille !
Discussion intéressante qui s'en va tout droit dans un cul de sac.

Il manque de neutralité.

Je trouve important d'informer une femme qui veut avorter des troubles psychologique lier à l'avortement. Il faut parcontre l'informer des troubles psychologique lier au fait de garder un enfant non désiré.

D'avorter entraine un risque de trouble physique. D'accoucher est tout aussi à risque.

Avec les moyens contraceptifs à ce jour, je ne vois pas en quoi le droit d'avorter est au noms des libertés sexuelles.

Il est vrai qu'il faut assumer les conséquences de ses actes. Mais encore faut-il en être capable !

Tant qu'à moi, ni pour, ni contre faute d'argument solide.
Je trouve seulement dommage que le père ne puisse pas obliger la mère à enfanter si ce dernier veut l'enfant.
Habitude , novembre 18, 2010
La vie: pas à n'importe quel prix
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Tu as parfaitement raison Valérie de penser que le choix de
donner la vie appartient au père et la mère de cet enfant à naître. Et en l'absence du père, ce choix revient évidemment à la mère. De tout temps, les religieux ont voulu imposer leurs vues archaiques sur ce sujet comme sur bien d'autres. Ce qu'ils veulent, c'est le POUVOIR sur les êtres humains, en commençant bien sûr par les plus vulnérables. La raison est bien simple: le mariage est le consentement de 2 personnes d'unir leurs destinées, que l'Église y consente ou pas; alors l'Église n'a rien à voir là-dedans. Surtout
qu'on vit dans une société où la liberté religieuse est un droit, et qu'une majorité de la population n'accorde aucune importance ni à la religion ni à la pratique religieuse.
Claude Filion , novembre 11, 2010
Ton titre aurait du être;La mort à tout prix! , Ce commentaire a été désigné comme non-intéressant par les internautes. [Afficher]
Les conséquences de nos actes
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« Tout le monde fait des erreurs, mais il faut arrêter de ce cacher il faut assumer les conséquences de nos actes. »


Jonathan, cette affirmation qui est la vôtre, prise de façon isolée, est pleine de bon sens. Par contre, votre argument, pour sa part, n’en a aucun. Sortez des chez vous, allez dans la rue, allez dans les centres jeunesse, visitez les centres d’aide. Les jeunes femmes vivant une grossesse non désirée ne demandent absolument pas votre pitié. Elles demandent de l’aide, du soutien et de l’information, de la vraie information et pas de la désinformation. Une femme vivant une grossesse des suites d’une relation sexuelle consentante, protégée ou non, a droit à ce soutien. ASSUMER LA CONSÉQUENCE DE SES ACTES, ça ne veut pas obligatoirement dire assumer un rôle parental pour les 30 prochaines années. Bravo à celles qui ont ce qu’il faut pour le faire et bien le vivre à un moment et dans des circonstances qu’elles n’ont pas choisies. ASSUMER LA CONSÉQUENCE DE SES ACTES ça veut dire faire un choix éclairé et ce choix PEUT être mettre fin à une grossesse qui n’arrive pas à un moment opportun pour cette personne. Et surtout, rappelez-vous que mettre un terme à une grossesse une fois ne veut pas dire renoncer à la maternité pour toujours. C’est ça le principe de base du droit de CHOISIR.
Suzy , octobre 29, 2010
Avortement - la grande manipulation
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"Avortement - la grande manipulation" avec un tel titre, on aurait pu penser que l'enquête dont vous nous parlez allait dénoncer la manipulation de l'avortement :

- refus des organismes pro-choix d'informer sur les risques quand bien même les patients sont informés des risques de toutes les autres interventions chirurgicales
- passage sous silence des troubles psychologiques à l'issue d'un avortement
- business important réalisé par l'inductrie de l'avortement
etc...

Non, à la place, l'enquête se plait à laisser ses lecteurs dans l'obscurantisme le plus total à propos de l'avortement.

Super titre, mais contenu sans intéret. Dommage.

JF
Josué F , octobre 29, 2010
Question de choix , Ce commentaire a été désigné comme non-intéressant par les internautes. [Afficher]
Fanatisme.
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Comment ne pas être d'accord avec vous, Madame Dufour? Ce sont ces mêmes pro-vie qui faisaient le pied-de-grue devant les premières cliniques d'avortements. Rien de changé. Dieu est de leur bord, c'est marqué sur le chèque. Le mot Liberté est un blasphème pour ces gens, ils ne peuvent tolérer que la planète ne soit pas à leurs ordres... Navrant tout ça alors que le XXIème siècle est là, et qu'ils en sont toujours au Moyen Âge.
Jacques Pruneau , octobre 28, 2010

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