Rue Frontenac - Marilyn Manson: un bon disque, sans plus






Marilyn Manson: un bon disque, sans plus PDF Imprimer Envoyer
Détente - Poste d'écoute
Écrit par Philippe Meilleur   
Vendredi, 12 juin 2009 23:00
Mise à jour le Vendredi, 12 juin 2009 22:13

La poésie noire de Marilyn Manson ne surprend plus les amateurs de rock depuis belle lurette, mais l'enfant terrible de la musique parvient encore à pondre des petits bijoux d'une laideur captivante, comme le prouve son septième disque.

Le disque débute avec la très lourde et dramatique Devour, qui est réussie même si elle manque cruellement de mordant pour une chanson d'ouverture. Manson a pourtant un énorme potentiel accrocheur, comme il l'a prouvé avec le diabolique tandem This is the New Shit/OBSCENE en ouverture de The Golden Age of Grotesque (2003). Puissance, rage et grandiloquence, voilà ce qu'on veut entendre quand on appuie sur la touche «lecture» de notre système de son après y avoir inséré un disque de Manson.

Ce faux départ technique sera heureusement vite oublié au fil de l'écoute. Four Rusted Horses, un morceau dépouillé construit autour d'une simple ligne de guitare acoustique, est simplement délicieuse. Manson y crache naturellement sur la société qui l'entoure, déclarant: «Everyone will come at my funeral to make sure that I stay dead». Pas mal, celle-là. Running to the Edge of the World est aussi une grande réussite, même si elle frôle par moments la dangereuse catégorie de la ballade romantique. Dans la même branche, Into the Fire et Arma-goddamn-motherfuckin-geddon (quel titre ridicule, quand même) font aussi mouche et on les réécoutera plusieurs fois avec grand plaisir.


L'antéchrist autoproclamé du rock and roll (rien de moins) pèche toutefois par excès de zèle à certains endroits. Malgré son titre prometteur, I Want to Kill You Like They Do in the Movies s'étire inutilement sur neuf longues minutes qui nous font prier pour que le bouton fast forward de notre iPod fonctionne correctement. Même constat pour We're from America: la pièce débute sur les chapeaux de roues, mais se révèle une coquille vide sans rien pour accrocher l'oreille. On dirait ici que Manson a eu une bonne idée, mais qu'il n'a pas su l'exploiter à son plein potentiel. Dommage.

N'en déplaise aux avocats du diable qui défendront leur idole jusqu'à la mort, The High End of Low souffre d'abord d'être beaucoup trop long (72 minutes au total, soit 20 de plus que ses deux précédents disques studio), ensuite d'un manque flagrant d'éléments accrocheurs. On comprend que Lucifer n'a pas forcément toujours envie de plaire aux masses (comme c'était visiblement le cas sur The Golden Age), mais concilier un univers romantico-gothique avec de bons riffs accrocheurs n'est pas une mission impossible. Nous dirons donc qu'il s'agit d'un bon disque, sans plus.

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