Rue Frontenac - Un retour en demi-teinte pour Sum 41






Un retour en demi-teinte pour Sum 41 PDF Imprimer Envoyer
Détente - Poste d'écoute
Écrit par Philippe Meilleur   
Samedi, 09 avril 2011 07:14
Mise à jour le Vendredi, 08 avril 2011 23:43

Qu’il est loin, le temps où les gars de Sum 41 faisaient des culbutes dans une piscine creusée au son d’In Too Deep ! La révolte adolescente a définitivement pris le bord sur Screaming Bloody Murder, un cinquième album très éparpillé qui aura de la difficulté à trouver son public.

Sum 41 a longtemps été la suite logique des succès de Blink-182 du début des années 2000. Leur pop-punk énergique, immature et irrévérencieux faisait le bonheur d’à peu près tout le monde dans la cour de mon école secondaire grâce à des titres comme Fat Lip et Motivation. Le quatuor représentait alors tout ce qu’un adolescent cherchait dans la musique : les partys, la bière et l’insouciance.

Mais les choses ont énormément changé depuis dix ans. Sum 41 s’est peu à peu enlisé sur le plan créatif. Does This Look Infected (2002) était pas mal, Chuck (2004) avait de bonnes idées mais pas beaucoup de hits, et Underclass Hero (2007) aurait pu être un album d’Avril Lavigne tant il suintait le désir de plaire – le départ du guitariste Dave Baksh y était sûrement pour quelque chose. Il aura fallu quatre ans, un intermède interminable en musique, pour que le groupe retrouve la motivation nécessaire à ce Screaming Bloody Murder.

Essoufflement

Et alors, ce disque vaut-il une ou deux écoutes attentives ? Oui... mais peut-être pas davantage.

On ne pourra certainement pas reprocher à Sum 41 de rester scotché au pop-punk de ses débuts. La première chanson, Reason To Believe, donne le ton avec une construction audacieuse qui laisse place à plusieurs modulations. On y passe du rock d’aréna à la semi-ballade interprétée au piano en quelques mesures, un peu comme Were All to Blame jadis. D’autres morceaux témoignent de la même maturité artistique, notamment Holy Image of Lies et l’éponyme Screaming Bloody Murder.

Mais le groupe commet aussi sur ce nouvel opus quelques fautes de parcours qui témoignent d’un essoufflement évident. Les ballades Crash et What Am I To Say n’ont rien de nouveau à offrir à celui qui a déjà entendu Pieces. Des morceaux plus rock and roll (Time For You To Go et Baby You Dont Wanna Know, notamment) débutent bien, mais déçoivent par leur manque d’envergure. Il ne s’agit pas de morceaux ratés sur toute la ligne ; mais, de la part d’un groupe qui a déjà trôné au sommet des palmarès, on se serait attendu à quelque chose de plus renversant et innovateur.

Je me demande ainsi à qui pourra bien s’adresser ce Screaming Bloody Murder. L’album n’a rien pour convaincre les vieux fans de revenir au bercail, et n’a pas vraiment de hit incontournable à offrir aux nouvelles oreilles. Un retour en demi-teinte pour Sum 41, donc, qui pourra toujours compter sur ses classiques pour faire bouger le parterre à ses spectacles.

• Sum 41, Screaming Bloody Murder (Island)

Commentaires (1)

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Demi-convaincu
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Je vais vous dire à qui s'adresse cet album. Aux fans qui n'ont pas les boules que leur groupe de rock préféré évolue comme c'est le cas dans à peu près chez tous les artistes, et pas seulement en musique, dans le monde.
Paul , avril 11, 2011

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