Rue Frontenac - Fête nationale – Un spectacle inclusif… malgré la pluie






Fête nationale – Un spectacle inclusif… malgré la pluie PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Musique
Écrit par Philippe Meilleur   
Vendredi, 24 juin 2011 23:51
Mise à jour le Dimanche, 26 juin 2011 14:24

Le traditionnel grand spectacle de la Fête nationale au parc Maisonneuve a un peu été gâché par un ciel sombre et gorgé d'eau vendredi soir à Montréal.

On dirait que la nature a vraiment décidé de bousiller l'été de la Belle Province cette année. Après le Grand Prix, l'Autre Saint-Jean du parc Pélican et le show des Plaines d'Abraham hier, elle a déversé des torrents d'eau sur les pauvres têtes des quelques milliers de fêtards courageux rassemblés au pied du Stade olympique.

Des flaques de boue larges comme la baie des Chaleurs forçaient les gens à d'étranges acrobaties et il y avait presque autant d'imperméables que de fleurdelisée sur le site en début de soirée...

«On s'entend-tu pour dire qu'on a un été de merde?» a d'ailleurs rigolé l'animateur Guy A. Lepage en levée de rideau.

Entre les chansons, Guy A. Lepage s’est parfois fait mordant, écorchant au passage l’ensemble du milieu politique. Photo Pascal Ratthé

Oui, Guy A., on s'entend là-dessus.

Un party inclusif

Mais heureusement pour les organisateurs et l'assistance, la pluie a graduellement cessé au fil des heures et l'orage tant redouté n'a jamais éclaté, de sorte que la soirée s'est révélée agréable pour ceux qui ont traversé l'averse des premiers instants.

La sélection de chansons était inclusive et bien balancée entre les succès classiques et modernes. Autre point positif: on n'a laissé aucune place à l'inénarrable «hymne national» Ô Kébèk, lancé en grande pompe il y a quelques jours. Sage décision.

En interprétant ses grands succès, Robert Charlebois nous a fait le plaisir de réentendre les textes de grands auteurs québécois, Péloquin, Sabourin, Ducharme… et Léveillée, à qui il a rendu hommage en chantant Frédéric. Photo Pascal Ratthé

Après une intro commune autour d'Entre deux joints, Éric Lapointe est venu livrer Des hommes qui tombent, un 4/4 tout ce qu'il y a de plus rock ’n’ roll. Le sympathique Vincent Vallières a ensuite fait plaisir aux trentenaires avec un pot-pourri de hits rassemblant OK on part et Le temps passe. On aime!

À la suite de l'incontournable dix minutes de musique trad (assuré par Yves Lambert) et une obscure toune de Brigitte Boisjoli, l'honorable Robert Charlebois a offert un medley de ses plus célèbres compositions, dont Lindbergh, Ordinaire, Madame Bertrand. Il a enchaîné avec un hommage à Claude Léveillée qui a pris la forme de la chanson Frédéric, interprétée à une cadence étonnement rapide.

Courage et politique

Dans un registre plus contemporain, Damien Robitaille a défendu de belle façon son succès On est né nu, Vincent Vallières a fait plaisir aux amoureux avec On va s'aimer encore et Marie-Pierre Arthur a entonné l'extrait Pourquoi, tiré de son premier et unique album.

Éric Lapointe, Damien Robitaille et Yves Lambert ont donné leur saveur respective à ce spectacle relevé. Photos Pascal Ratthé

Rayon hockey, les Charlebois, père et fils, ont livré une interprétation bien sentie de la chanson Maurice Richard, de l’auteur Pierre Létourneau, et les frères Éric et Hugo Lapointe ont défendu la chanson-thème des Boys, quelques minutes après une livraison particulièrement rauque de Loadé comme un gun par le plus célèbre des frangins. Quant à Martha et Rufus Wainwright, ils ont rendu un vibrant hommage à leur mère Kate, décédée l’année dernière, en interprétant un pot-pourri des succès des sœurs McGarrigle.

Et la plupart des artistes se sont joints à Claude Gauthier pour faire honneur à son Plus beau voyage.

Guy A. Lepage a, encore une fois, mené la cérémonie d'une main de maître. Drôle et très à l'aise, il a pris la peine de saluer Gilles Duceppe («Vous êtes un grand monsieur et vous avez tout mon respect, merci pour tout!») et le courage des sinistrés de la Montérégie, qui ont eu, rappelons-le, plus que leur part d'averses emmerdantes ces dernières semaines. Chapeau.

Ils n'étaient peut-être pas aussi nombreux que l'an dernier, mais au final, les Québécois présents au parc Maisonneuve ont pu profiter d'un agréable spectacle malgré les conditions difficiles. Dans les circonstances, c'est un joli succès.

Commentaires (3)

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Une époque révolue s'anime dans une tentative désuète de nouveauté
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Un spectacle de qualité mais un peu suranné. Des miettes de vingtième siècle mélangées dans un esprit du temps font illusion d'un avenir très inconnu pour le Québec. Le spectacle se voulait hot, mais il soulignait une forte nostalgie d'époques anciennes qui n'ont plus les nerfs solides d'une certaine passion malheureusement désuète, à cause de l'âge des artistes fatigués et usés qui tentent de conquérir une suite humaine par des chansons mille fois redondantes. L'époque transitoire dans laquelle nous sommes, induit de la nostalgie et tente l'inconnu par des artistes souvent médiocres et éphémères. Nous vivons une drôle d'époque dans la mesure où les époques anciennes remplissent la nôtre, en attendant autre chose, c'est ce que je nomme transitoire. Il n'y avait absolument rien de nouveau dans les spectacles de la Fête nationale tant à Québec qu'à Montréal. C'était du réchaufé à travers des combinaisons thématiques infantiles. Si la condition humaine québécoise est archivée au vingtième siècle, ce qui se voit surtout en politique, ne se verra pas en art. Le cinéma québécois est un bel exemple d'un art qui avance et je crois que tous les arts populaires et autres prendront d'autres visages que ses perpétuelles redites d'un siècle qui n'arrive pas à mourir dans le premier décan du nôtre. Bientôt, nous découvrirons le génie collectif d'une nouvelle époque et celle-ci nous ouvrira à une condition humaine fort différente. Le parti québécois disparaîtra et bon débarras, le nationalisme se présentera habillé autrement. Le chauvinisme d'antan laissera place à une ouverture sur le monde et l'homme québécois deviendra à partir de sa farine historique une prolongation de ses idéaux à titre de nomade dans un esprit nouveau. Le show d'hier au Parc Maisonneuve est la preuve d'une instabilité identitaire où le québécois se cherche dans des hiers qui sont morts, morts, morts...

Salutations amicales.......Renaud JULES Deschênes
Renaud JULES Deschênes , juin 25, 2011
Vive le Québec...
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...et vive la démagogie, aussi festive soit-elle!
PBSM , juin 25, 2011
L"effet de la pluie...
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J'ai trouvé Guy Q très à l'aise comme d'habitude mais côté humour, mettons que ça ne volait pas très haut. Jokes détrempées probablement. Mais pour le reste, chapeau à tous et toutes !
Michel Danis , juin 25, 2011

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