| Peter Peter : entre joie et tristesse naïve |
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| Spectacles - Musique | ||||||
| Écrit par Philippe Meilleur | ||||||
| Vendredi, 04 mars 2011 17:34 | ||||||
| Mise à jour le Vendredi, 04 mars 2011 18:19 | ||||||
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Mélancolique et solitaire, l’auteur-compositeur-interprète Peter Peter a misé sur un pop-rock minimaliste et organique pour son premier disque, dont une partie a été enregistrée... sur le toit d’un studio du centre-ville de Montréal.
Peter Peter, jeune homme de 27 ans originaire de Québec qui brisait des guitares et des amplis au sein d’un groupe rock dans une ancienne vie, est un artiste sensible. Ça s’entend : son premier disque éponyme, lancé par Audiogram mardi prochain, est bourré de textes introspectifs et autobiographiques à propos de la solitude, des filles et de Montréal, sa ville d’adoption. Clichés, ces thèmes ? Que non. La plume particulière de ce nouveau venu sur la scène locale est aussi rafraîchissante qu’intrigante, parvenant à traiter de thèmes convenus sous un nouvel angle.
Nous ne sommes ici ni dans la poésie opaque, ni dans le bête quotidien ennuyant ; Peter Peter se situe quelque part entre les deux, dans un espace bien à lui. « J’ai accepté depuis longtemps que la mélancolie fait partie de ma vie, nous explique le jeune chanteur. Six mois de joie, six mois de tristesse naïve ; je suis en paix avec cette condition. J’ai appris à m’en servir pour créer. » Car l’artiste est un créateur prolifique. Inspiré par les émotions au fond de ses tripes, il a composé plusieurs « générations de chansons », comme il les appelle. Il en a enregistré pendant des mois, seul dans son appartement, uniquement accompagné d’un vieil enregistreur huit pistes. Des cargaisons, en paquets de dix ou douze morceaux, qu’il a renouvelées encore et encore, sans relâche, jusqu’à obtenir un lot satisfaisant - celui qui se retrouve sur le disque. « J’écris pour moi-même d’abord, affirme le jeune homme. Ça me touche quand je sens qu’un chanteur parle de choses qu’il a lui-même vécues. J’essaie d’appliquer ce principe à ma musique. Chanteur n’est pas un métier pour moi, ça fait partie de ma vie. » Accostage réussi avec Cœur de pirate Musicalement, Peter Peter voulait une facture lo-fi, imparfaite, authentique pour accompagner ses textes très personnels. Il a donc travaillé aux côtés du réalisateur Howard Bilerman (Godspeed You ! Black Emperor, Arcade Fire), réputé pour son approche très crue de la musique. « Pour la chanson Cesse de pleuvoir, raconte le chanteur, il m’a fait monter sur le toit de son studio (Hotel2Tango) avec un fil de 50 pieds branché sur un multipistes. J’ai enregistré la chanson là-haut, en direct, pendant qu’une ambulance faisait siffler sa sirène dans la rue d’à côté... » La sirène, d’ailleurs, est bel et bien audible en arrière-fond de la chanson. La recrue d’Audiogram a aussi profité des contacts d’Howard pour repêcher deux collaboratrices : Cœur de pirate apparaît sur Tergiverse et Basia Bulat prête ses talents sur quatre morceaux. « Elles avaient chacune une candeur mélancolique qui me plaisait beaucoup, dit-il. Je suis heureux d’avoir eu la chance de travailler avec elles. » En attendant le lancement du disque, prévu le mardi 8 mars à la Sala Rossa, Peter Peter termine ces jours-ci le montage de sa formation de scène, qui comprend deux collègues musiciens seulement. Un choix logique pour un artiste qui fait du minimalisme et de la candeur ses marques de commerce. « Je suis allé au fond de ce que je voulais faire, conclut-il. Ce n’est pas une musique de gym, ou qui plaira à tout le monde. Mais ceux qui accrocheront, je pense, vont aimer ce côté candide, authentique. Ce qu’ils entendront sur cet album, c’est vraiment qui je suis. »
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