Rue Frontenac - Un aperçu de Vues d’Afrique






Un aperçu de Vues d’Afrique PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Cinéma
Écrit par Martin Bisaillon   
Mercredi, 14 avril 2010 14:16
Mise à jour le Mercredi, 14 avril 2010 14:58

La 26e présentation du festival de cinéma Panafrica International de Vues d’Afrique commence ce jeudi.  Du 15 au 25 avril, le public montréalais pourra voir plus de 100 films produits dans 38 pays. Des fictions, des documentaires et des films d’animation sont au menu de cet événement offrant un survol de la diversité des cultures noire et créole.

RueFrontenac.com a pu visionner six œuvres programmées par le festival, dont voici les comptes rendus.

L’Afrique du Sud en ouverture avec Disgrace

Le coup d’envoi du festival sera donné avec la projection de Disgrace, de Steve Jacobs, dont le scénario est tiré du roman éponyme de John Maxwell Coetzee, gagnant du prestigieux Booker Prize en 1999.

Cette fable sur les bouleversements des années post-apartheid met en scène John Malkovich dans la peau d’un professeur de littérature du Cap désillusionné et froid, David Lurie, qui est chassé de son université après avoir refusé de s’excuser pour avoir eu des relations intimes avec une de ses étudiantes.

Sa vie étant à toutes fins utiles entre parenthèses, David décide d’aller rejoindre sa fille Lucy (Jessica Haines), qui exploite une petite ferme isolée au cœur d’une région rurale désertée par les Blancs, avec l’aide de l’inquiétant et ambivalent Petrus (Eriq Ebouaney), qui lorgne ses terres.

Dans cet univers où les codes sociaux sont inversés, David se déniche un boulot dans un refuge pour animaux tout en aidant Lucy autant qu’il le peut. Mais un jour, sa fille et lui sont victimes d’un crime sordide. Bouleversé, David change son regard sur son existence et prend conscience que les temps ont changé, pour le meilleur et pour le pire.

Disgrace est un film fort intéressant. Outre les paysages à couper le souffle de l’Afrique du Sud rurale, il nous permet de comprendre la complexité des relations entre Blancs, Métis et Noirs dans ce pays aux multiples identités.

3,5/5

• Le jeudi 15 avril à 19 heures, au Cinéma Impérial

Harragas (Les Brûleurs)

À Mostaganem, une ville côtière algérienne sise à 200 kilomètres des rives espagnoles, trois jeunes gens n’ont qu’une idée en tête : « brûler », c’est-à-dire traverser ce bras de mer pour rejoindre l’Europe dans l’espoir d’y mener une vie meilleure.

Rachid, (Nabil Asli), Nasser (Seddid Benyagoub) et sa copine Imène (Lamia Boussekine) aboutissent après quelques tribulations avec sept compagnons d’infortune sur une chaloupe en plein cœur de la Méditerranée.

Perdu sur une mer froide, ce véritable microcosme de la société algérienne qui comprend – outre les trois jeunes – un policier en fuite, des sahariens et un barbu vit alors des moments de vérité.

Le réalisateur algérien Merzak Allouache (L’Autre Monde, Chouchou) nous embarque, c’est le cas de le dire, dans une odyssée tragique sur la misère des immigrants clandestins. Il met en lumière de manière fort convaincante les tensions que vivent ces désœuvrés, obligés de faire équipe en dépit de leurs différences dans le huis-clos d’une embarcation chancelante. L’ensemble est narré sur le ton de la confidence par le personnage de Rachid.

Il en résulte une œuvre convaincante, appuyée par une direction photo très efficace, au terme de laquelle on ne peut que souscrire à ces mots dits par Rachid :

« La misère, mon frère… une vie que je ne souhaite à personne. C’est pour ça que je vous ai raconté cette histoire. »

4/5

• Le samedi 17 avril à 19 heures au Cinéma du Parc et le vendredi 23 avril à 18 heures au Cinéma Beaubien.

Black Music, des chaînes de fer aux chaînes d’or

Ce documentaire réalisé par Marc-Aurèle Vecchione retrace les moments forts de la culture musicale noire aux États-Unis en utilisant comme support des films d’archives poignants et durs ainsi que des animations forts bien réussies. Le tout est narré de façon classique, à la manière des grands documentaires d’Henri de Turenne ou de Daniel Costelle.

Évidemment, la bande sonore est magistrale, nous faisant redécouvrir des classiques negro spiritual, blues, jazz, funk, etc. Tout cela nous rappelle à quel point cette musique a influencé la culture mondiale.

Mais ce que l’on oublie parfois est que cette culture est née dans la détresse et les vexations subies par un peuple longtemps méprisé aux États-Unis.

Voilà un excellent récit de l’histoire des Noirs aux États-Unis, de l’esclavage à la ségrégation, du mouvement des droits civiques à l’élection de Barack Obama.

Un petit bijou à ne pas manquer qu’il serait utile de présenter dans les cours d’histoire.

4,5/5

• Le samedi 17 avril à 18 heures au Cinéma de l’ONF et le mercredi 21 avril à 18 h 15 au Cinéma Beaubien.

Un transport en commun

Cette jolie petite comédie musicale réalisée par Dyana Gaye se déroule autour d’un taxi-brousse et de ses passagers qui font un voyage entre Dakar et Saint-Louis, au Sénégal.

Sur la route, les occupants du véhicule se racontent leurs vies en chantant et en dansant.

Pendant ce temps, un touriste français tente de les rejoindre tout en sympathisant avec  une belle coiffeuse et un gamin qui veut devenir lutteur…

Même si tout n'y est que prétexte pour entonner des chansonnettes ringardes, il ne faut pas bouder son plaisir et s’offrir ce film qui nous montre une Afrique belle et joyeuse.

3,5/5

• Le dimanche 18 avril à 19 heures au Cinéma du Parc

Les Amants de l’ombre : Ouch !

Actuellement, une nouvelle génération de réalisateurs et d’historiens français revisitent l’histoire de l’occupation et de la libération de leur pays d’une manière très nuancée. Ainsi, la légende d’une France entière résistante en a pris pour son rhume ces dernières années, que ce soit dans des documentaires, des séries télé ou des longs métrages.

Le téléfilm Les Amants de l’ombre, de Philippe Niang, s’inscrit dans cette veine mais avec un résultat désastreux.

On y raconte l’histoire de Louise (Julie Debazac), une Française qui tombe amoureuse du GI Gary Larochelle (Anthony Kavanagh) au lendemain de la libération. Le problème est que Louise est mariée et que son homme est toujours prisonnier de guerre en Allemagne.

Pire encore, la jeune femme, qui est infirmière, se retrouve à soigner son beau-père sur sa ferme, où elle commet l’adultère avec Gary, qui la met enceinte. Comme sa belle-mère la déteste et que sa jeune belle-sœur en veut à Gary – qui a tué son amant allemand –, eh bien les carottes sont cuites ! D’autant plus que le mari prisonnier arrivera juste au moment où sa sœur et sa femme sont tondus par des résistants de la dernière heure qui les ont accusés d’avoir respectivement couché avec un Boche et un nègre. « Wow, hé, hé, hé », comme dirait le très intellectuel analyste de hockey Benoît Brunet.

De ce scénario affligeant et rempli de clichés qu’il serait trop long d’énumérer, il ne reste qu’une bonne chose : la performance correcte d’Anthony Kavanagh, qui ne parvient tout de même pas à sauver ce miasme moralisateur.

Bref, encore un mauvais film français sur cette époque. En revanche, si on le regarde au deuxième degré, on ne cesse pas de se bidonner!

1/5

• Le samedi 24 avril à 19 heures au Cinéma du Parc.

Behind the Rainbow

Ce documentaire de Jihan El Tahri commence par retracer les grandes lignes de la lutte du Congrès national africain (ANC) pour mettre un terme au régime de l’apartheid en Afrique du Sud.

La documentariste nous amène ensuite au cœur du pouvoir de l’ANC, dans la période suivant l’élection à la présidence de Nelson Mandela en 1994. Ce faisant, elle nous montre clairement les difficultés pour un mouvement clandestin éclaté de s’unir afin d’exercer le pouvoir dans un pays exsangue.

El Thari se penche ensuite sur la succession de Nelson Mandela par Thabo Mbeki ainsi que sur la rivalité que ce dernier nourrit envers son vice-président et compagnon d’arme Jacob Zuma (aujourd’hui président du pays).

Une chronique bien ficelée, véritable leçon d’histoire et de science politique. À ne pas manquer.

4/5

• Le vendredi 16 avril à 18 heures au Cinéma de l’ONF et le dimanche 18 avril à 18 h 15 au Cinéma Beaubien.

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