Rue Frontenac - Le printemps arrive avec Bélanger, Lee et Guy






Le printemps arrive avec Bélanger, Lee et Guy PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Mardi, 29 mars 2011 13:19
Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:00

Semaine de printemps, semaine de blues. Si le soleil qui se prolonge de plus en plus à chaque jour est précurseur du beau temps à venir, la saison de blues qui s’amorce est annonciatrice d’un été chaud.

 

Plusieurs spectacles retiennent l’attention cette semaine. Déjà, on a eu droit à Joe Bonamassa, hier au Saint-Denis, et L’Astral reçoit Guy Bélanger le samedi 2 avril.

L’harmoniciste présente une supplémentaire des spectacles qui avaient suivi la sortie de son album Crossroads (Disques Bros), l’automne dernier.

Guy Bélanger vient de remporter le Jutra de la meilleure musique originale (avec Benoît Charest) pour le film Route 132 de son frère, le réalisateur Louis Bélanger.

Bélanger est également en nomination pour deux Lys Blues au prochain gala des récompenses du blues québécois qui sera présenté le 10 avril prochain au Théâtre Plaza.

Il est candidat dans les catégories d’Auteur compositeur de l’année et d’Album blues de l’année. Il fera la lutte à son bon ami Bob Walsh, en lice pour les mêmes prix.

Bélanger est toujours bien armé de ses harmonicas qu’il souffle sur ses compositions et sur les grands standards du blues mais n’hésite pas à changer d’octave pour jazzer certaines chansons à l’occasion.

L’harmoniciste Guy Bélanger est en spectacle à L’Astral, le samedi 2 avril. Photo d’archives Catherine Lefebvre

Bryan Lee

Le mercredi 6 avril, toujours à L’Astral, c’est au tour de Bryan Lee de prendre l’affiche.

Un habitué du Festival de jazz, Lee revient jouer pour ses amis montréalais. Poursuivant une tournée de promotion pour son dernier album My Lady Don’t Love My Lady (Justin Time), le musicien aveugle de New Orleans prévoit d’autres dates en sol québécois. Bryan Lee est en croissante popularité : on sait déjà qu’il jouera à guichets fermés à Saint-Georges-de-Beauce… en octobre prochain.

Lee maîtrise une rythmique rapide cadencée par des solos incendiaires, bien appuyés par des notes pincées en point d’orgue. Du blues « greasy, sleazy et funky », pour emprunter son expression.

Bryan Lee, qui a inscrit le titre de Blues Specialist sur ses cartes d’affaires, a longtemps été le musicien en résidence du légendaire nightclub The Old Absinthe House Bar, à New Orleans.

Un endroit où il a joué avec tout le gotha du blues qui passait par là. S’il ne voit pas l’assistance, il a développé un sixième sens pour prendre le pouls de la salle. Il ne se fait pas prier pour faire lever le party, il en donne plus que le client en demande. Un bluesman généreux.

Bryan Lee, The Braille Blues Daddy comme on l’appelle, revient sur la scène de L’Astral le mercredi 6 avril, dans le cadre des Mercredis blues. Photo d’archives Chantal Poirier

Le retour de Buddy Guy

Le lendemain, jeudi 7 avril, le temps s’arrête au Métropolis pour accueillir Buddy Guy.

L’aspirant no 1 au trône du roi du blues, détenu par son ami B.B. King, est également un habitué de Montréal, circuit international oblige. Un circuit qui l’emmène à Toronto dès le lendemain. Ce qui, avouons-le, fait toujours plaisir de le voir en premier, avant le Canada anglais.

Buddy Guy est un jeune bluesman de 74 ans. En février dernier, il a gagné son sixième Grammy pour le meilleur album blues (contemporain) de l’année avec Living Proof (Silvertone).

La première chanson de l’album, 74 Years Young, reflète bien son état d’esprit. Il vieillit mais ne devient pas vieux.

En plus, d’après la jaquette de cet album, il faut croire qu’il s’assagit et conseille de ne consommer qu’une bouteille de 750 ml de plaisir avant d’écouter du Buddy Guy 100% Proof.

Sur cet album, il offre Stay Around A Little Longer en duo avec son idole et ami, B.B. King. Un moment touchant qui révèle tout le respect qu’ils ont l'un envers l’autre.

Buddy Guy et sa guitare à pois sont de tous les riffs. Le virtuose a été inspiré par des géants du blues comme Muddy Waters et Howlin’ Wolf mais a su transmettre son style aussi à un certain Jimi Hendrix. Aux trois, il rend fréquemment hommage durant ses spectacles.

Guy puise son répertoire parmi ses succès antérieurs et n’hésite pas à improviser à partir de ceux des autres. Son album précédent, Skin Deep, regorge de hits qui sont encore au palmarès. Son inspiration est inépuisable.

Buddy Guy, c’est le West Side Sound de Chicago. Il a élevé le blues électrique à des sommets inégalés. La réverbération et la distorsion de l’amplificateur n’ont plus de secrets pour lui.

À l’heure de la musique émergente, on se permet de penser que la sienne est à découvrir à chaque spectacle. Et, signe des temps, Buddy Guy s’est mis à l’ère de la diffusion en ligne avec iTunes, si jamais vous n’avez pu mettre la main sur son dernier CD.

Sur la vidéo qui suit, vous verrez Keith Richards, des Rolling Stones, abandonner le sort de sa guitare entre les mains de Buddy Guy. Un geste inédit.

Le légendaire Buddy Guy monte sur la scène du Métropolis, le jeudi 7 avril. Photo d’archives

En première partie de son spectacle au Métropolis, le Montréalais Steve Rowe devrait bien s’acquitter de sa mission de mise en bouche.

Steve Rowe est un vétéran qui a payé son tribut au blues. Il a déjà « réchauffé » des salles pour les dieux de la scène internationale. Buddy Guy, il connaît. Il a souvent boeuffé avec lui.

©françoisrobert