Rue Frontenac - Party de blues avec France Castel à Radio-Canada






Party de blues avec France Castel à Radio-Canada PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Jeudi, 24 mars 2011 19:55
Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:02

Le blues est en orbite à Espace musique. Tous les vendredis soirs, France Castel anime une émission consacrée au blues. Elle tient le micro depuis septembre dernier en poursuivant une tradition musicale mise en ondes en 2004 à Radio-Canada. C’est maintenant devenu un party hebdomadaire.

 

France Castel est une vedette de la télévision et du cinéma. Mais France Castel, c’est aussi une voix. Elle chante. Depuis longtemps. Et elle aime le blues. Rue Frontenac l’a rencontrée dans le studio 17 de la SRC, quelques instants avant l’enregistrement de son émission.

Elle a un horaire chargé. Elle coanime une quotidienne à la télé, Pour le plaisir, du lundi au vendredi. Elle passe trois heures en studio pour son émission radiophonique de blues et prête sa voix à des pubs et à des traductions en postsynchronisation.

Comment faire pour survivre à de tels horaires? lui a-t-on demandé.

«J’ai un problème d’abondance mais, heureusement, j’ai une énergie débordante. J’ai l’impression d’être comme une prise électrique : dès qu’on me branche, le courant passe», dit-elle pour expliquer cette vitalité.

«Je suis chanceuse. Je ne suis pas constamment à la recherche d’un boulot, mais quand les occasions se présentent, je suis là pour les attraper.

«Je suis compulsive, c’est mon moteur», ajoute-elle.

Quand on lui dit que c’est beaucoup de travail, et que pourtant, quand le vendredi arrive, ce n’est pas fini, la réponse de France Castel est suave.

«Le vendredi, je me dépose. Le blues, c’est mon signal pour tout mettre à off et relaxer. Le blues, c’est un univers de nuit, de défoulement. Si on n’a pas de blues, on n’a pas de liberté. Le blues, c’est craché, c’est brut.

«C’est une musique réconfortante. Les structures sont simples, ça ouvre des accords à la compréhension du bonheur.

«C’est une musique qui stoppe l’hémorragie de la mélancolie. C’est une musique qui raconte des histoires. Que ce soit pour apaiser des états d’âme ou pour accompagner des gens simples, des gens seuls.

«Le blues cautionne une ivresse mentale nécessaire», explique-t-elle.

Pas étonnant de la surprendre, les yeux fermés, en train de se faire aller les bras en l’air au son de la musique, devant son micro. De quoi donner le goût de danser aux techniciens, de l’autre côté de la console.

France Castel présente son blues tous les vendredis soirs sur les ondes de Radio-Canada, au 100,7. Photo Rue Frontenac

Elle pourrait chanter par-dessus les trames qu’elle écoute mais avoue qu’elle n’a pas encore fait la paix avec sa carrière de chanteuse.

«J’ai un problème à régler ça. Je n’ai jamais poussé pour enregistrer mais j’ai souvent un bon buzz quand je chante inopinément.

«À mes débuts, j’ai fait beaucoup de rhythm & blues. Plus tard, ce fut le chant choral.

«Récemment, j’ai revisité un blues que j’avais chanté il y a 25 ans quand j’étais à Chicoutimi. Et j’étais à l’aise comme si c’était hier», confie-t-elle.

Son interprétation de la chanson Blueberry Blues en convaincra plus d’un qu’elle a du sang bleu dans les veines.

Au finale, France Castel est une blueswoman professionnelle. Elle reste jusqu’à la fin de son émission pour vérifier si tout est correct. Elle parle avec le technicien du son, s’enquiert du respect du temps avec le réalisateur et salue tout le monde avant de partir.

Travail d’équipe

Si France Castel est attentive aux conseils de son équipe, elle demeure complice du réalisateur de l’émission, Marc-André Doran.

Doran est à Radio-Canada depuis 20 ans. Successivement comme chroniqueur, animateur et recherchiste. Il est passé à la réalisation au fil des ans.

La musique le passionne depuis toujours. Au point d’approfondir des études qui le mèneront en France et à l’obtention d’un doctorat en interprétation.

L’orgue n’a pas de secret pour lui et il connaît l’œuvre de Jean-Sébastien Bach par cœur. Au point d’avoir joué en public son intégrale pour orgue, il y a quelques années.

Ses yeux s’enflamment quand il parle de l’orgue d’Hellmuth Wolff de l’église de La Visitation (boulevard Gouin), qu’il a appris à maîtriser.

Aujourd’hui, Marc-André Doran s’anime tout autant lorsqu’il est question de Muddy Waters. Il sait reconnaître la profondeur d’une œuvre, qu’il s’agisse de musique classique, de jazz ou de blues.

«Au début, j’étais stressé. Je suis musicien de formation classique mais avec une base de connaissances qui, en général, est commune à tous les amateurs de musique.

«Plus jeune, j’ai touché au jazz et ça m’a fait découvrir le blues.

«Le blues est simple mais attention, il n’est pas simpliste. Ça sonne bien, c’est une musique de création et c’est harmonieux. C’est ça le blues», raconte-t-il.

«Comme disait Vic Vogel, le blues, c’est un gros truck et le jazz, c’est comme une grosse voiture, mais les deux vont dans la même direction.

«Mon rôle, c’est d’offrir une bonne musique, de faire un choix intelligent qui va chercher les auditeurs. De trouver des solos de guitare, à travers des œuvres qui font vibrer», précise-t-il.

«Quand on prépare notre show de blues, on fait un travail de création. C’est une musique de notes simples et une succession de sublimes enchaînements.

«Chaque émission demande près de deux journées de recherche, trois heures d’enregistrement et presque une autre journée pour bien ficeler le tout.

«On explique le blues et on raconte son histoire. Pas trop, juste assez pour mieux le situer. Quand on le présente aux auditeurs, ils sont contents de l’entendre, ils sont réceptifs. Et on leur en donne, on ne coupe jamais une chanson pour la commenter», poursuit Doran.

Et quel est l’avenir des vendredis blues à Espace musique?

«C’est une année de transition et on a des moyens pour aller plus loin. Pour que ça devienne un grand rendez-vous, pour que ça devienne un party blues du vendredi soir.

«On aime bien avoir un invité en studio à chaque mois. D’ailleurs, Bernard Adamus devrait être avec nous le 1er avril», annonce-t-il. (NDLR: après la mise en ligne de cet interview, Bernard Adamus a été contraint d'annuler sa prestation en raison d'un léger malaise. Sa visite à Espace musique est reportée à une date ultérieure.)

«Avec toutes les nouvelles plateformes, les possibilités de rayonnement sont nombreuses. Nous avons accès à une bonne discothèque et les occasions d’enregistrer live ouvrent des perspectives intéressantes», conclut Marc-André Doran.

Après plus de 240 émissions, le blues est toujours affaire de passion à la radio de Radio-Canada.

On écoute le blues de France Castel au 100,7, le vendredi soir de 20h à 23h.

©françoisrobert