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Le Cirque du Soleil compte plus de 500 pièces à sa collection privée d’œuvres d’art contemporain et donne chaque année un gros coup de pouce à la relève locale, un tremplin pour rayonner.
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Trois ou quatre fois par année, le Cirque du Soleil organise le vernissage d’un jeune artiste émergent d’ici. Alors, on lui donne carte blanche, on lui offre des grands espaces pour exposer ses œuvres, on invite employés et amateurs d’arts visuels à l’événement, on conçoit même pour lui son carton d’invitation.
Certains artistes choisissent de présenter leurs œuvres déjà existantes, d’autres, follement inspirés par l’intérêt du Cirque du Soleil, se lancent dans un tout nouveau corpus d’œuvres. Il en ressort des créations géniales. «On leur fait visiter les lieux, l’agora, les ateliers, explique Sylvie François, directrice de l’action culturelle du Cirque. Cette visite les anime et les amène à faire de nouvelles réflexions sur leur travail, à tester d’autres façons de travailler. Après leur visite, par exemple, certains se sont mis à faire des grands formats.»
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Sylvie François devant une gigantesque murale de Dominic Besner, «Mécanique des villes». Photos Rogerio Barbosa
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De toute évidence, une exposition au Cirque du Soleil est un moment charnière dans la carrière de ces artistes émergents et un gros plus dans un CV. Souvent, leur passage au Cirque influence à long terme leur production. Le but du Cirque est d’ailleurs tout simplement d’apporter un impact positif sur leur œuvre.
Des coups de cœur
Lors de chacune de ces expositions, le Cirque du Soleil fait l’acquisition d’une œuvre parmi celles exposées. Cette œuvre rejoindra la collection permanente du Cirque, composée de pièces d’artistes canadiens de grande renommée et aussi de la relève, ainsi que d’œuvres d’artistes de la scène internationale.
Ce n’est pas Guy Laliberté qui choisit les œuvres, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais bien un comité formé de huit employés du Cirque. Le fondateur du Cirque du Soleil découvre l’exposition en même temps que son équipe. Néanmoins, depuis le début de cette grande aventure des arts visuels, en 1997, Guy Laliberté s’y intéresse grandement. Il lui arrive même d’avoir des coups de cœur et de faire des acquisitions selon ses goûts personnels.
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| Le « Contortioniste » de Philippe Allard, sculpture imposante àl’extérieur des bâtiments du cirque dans le quartier Saint-Michel. Photos Rogerio Barbosa |
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| «Le livre de la truite et du cyclope» de Daniel Butcher, au tournant d’un grand escalier. |
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Chaque année au Cirque du Soleil, un nouveau comité de sélection des œuvres d’arts est constitué, au sein des employés intéressés à vivre l’expérience. Et ils sont nombreux. Joindre les membres de ce sélect comité permet une initiation unique à l’art contemporain.
«Quand arrive le moment de choisir l’œuvre qui sera acquise pour notre collection, chacun a droit au chapitre, fait savoir Sylvie François, mais il doit y avoir consensus. Cet exercice permet d’instaurer un mode de discussion entre les employés, de rallier les collègues.»
Stimuler les sens
Le siège social du Cirque du Soleil, situé dans le quartier Saint-Michel, recèle donc de merveilles. Tout au long du parcours du «Grand tour», constitué de plusieurs établissements, comprenant Le Studio – où les artistes s’entraînent –, Les Ateliers – où sont confectionnés tous les costumes des spectacles – et Le Mât – où sont les bureaux administratifs – plusieurs peintures et sculptures sont mise en valeur. Même à l’extérieur des bâtiments, des sculptures trônent aux côtés des fameux jardins potagers aménagés sur les terrains de la propriété.
En fait, tous les lieux où travaillent les employés comptent des œuvres de la collection. Les édifices du Cirque du soleil sont un lieu de travail, mais aussi un lieu de vie qui, de toute évidence, contribue au succès continu de l’entreprise. Au fil du temps, les employés peuvent même faire des demandes pour ajouter à leur propre environnement telle ou telle pièce provenant de la réserve d’œuvres d’arts du Cirque. Ces demandes permettent un bon roulement de stock au cœur de l’entreprise.
«Le but est de stimuler les sens des employés et leur créativité, indique Sylvie François, en leur proposant un environnement stimulant. Le Cirque est un lieu de créativité, il va de soi que l’on favorise le contact avec plusieurs formes d’arts.»
En soutenant les artistes de la relève, le Cirque du Soleil prend des risques. Certains deviendront des grands noms, d’autres pas. Certaines œuvres prendront de la valeur, d’autres moins. Mais le but du Cirque n’est certainement pas spéculatif.
«Notre collection n’est pas un investissement, précise Sylvie François, mais un moyen de soutenir l’art et de motiver nos employés.»
Toutefois, n’expose pas qui veut au Cirque du Soleil. Les artistes qui font l’objet d’exposition solo sont rigoureusement choisis parmi ceux qui exposent déjà en galerie. Sylvie François et son collègue Martin Bündock visitent régulièrement les galeries d’art pour dénicher des perles, puis ils attendent le momentum parfait dans l’évolution de chaque artiste, pour lui ouvrir leur porte.
Autres pays, même philosophie
Aux bureaux du Cirque du Soleil de Macao en Chine, de Tokyo au Japon, d’Orlando et de Las Vegas aux États-Unis, la même philosophie d’entreprise est appliquée. Le Cirque offre la chance à des artistes locaux de présenter leurs œuvres, des expositions sont organisées et peintures et sculptures ornent les lieux de travail.
Le Cirque donne aussi la chance à ses propres employés de présenter leurs œuvres. Une fois par année, une réjouissante exposition collective réunit le personnel et chacun y découvre les talents de ses collègues.
Une fois l’an aussi, lors des journées de la culture, le grand public peut faire «Le Grand tour» des établissements du Cirque du Soleil, lors de visites guidées par petits groupes. Une expérience fort prisée qui permet une incursion dans les établissements de cette entreprise exemplaire.
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