Rue Frontenac - Sing the Truth – Rencontre de grandes voix






Sing the Truth – Rencontre de grandes voix PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Festival de jazz
Écrit par Philippe Rezzonico   
Samedi, 25 juin 2011 21:16
Mise à jour le Lundi, 27 juin 2011 12:51

Savoir d’où on vient. Qui nous sommes. Ce que nous revendiquons dans la vie et dans la société. La musique aura servi à véhiculer de genre d’interrogations et de messages depuis des millénaires, mais ce fut particulièrement réussi de voir le spectacle Sing the Truth nous le rappeler avec ferveur et talent.

Dans l’ombre des artistes, chanteuses et militantes disparues que furent Miriam Makeba, Abbey Lincoln et Odetta, Angélique Kidjo, Dianne Reeves et Lizz Wright proposaient ce spectacle où le droit de chanter fut autant un incitatif à l’émancipation individuelle que collective, où chaque personne ne doit oublier quelles sont les racines.

Ton respectueux et festif, livraisons intenses ou lumineuses, arrangements étoffés ou épurés, le trio a su offrir un portrait élargi des influences de la musique noire entre l’Afrique et l’Amérique, et ce, avec une belle générosité et complicité.

En dépit du talent vocal exceptionnel des trois dames, un triumvirat n’était pas une évidence en soi : Kidjo a une voix grave qui sait être explosive dans son univers qui oscille entre musique africaine et pop internationale ; Reeves possède une voix flexible toute en nuances, elle qui est une digne descendante des grandes du jazz ; tandis que Wright, la plus jeune et la plus grande, a une ampleur étendue et un timbre profond, résultante de ses années de formation dans l’église de son père.

Remarquez, on a su d’emblée que ça allait tenir le coup quand le trio a amorcé la soirée sur Bold Soul Sister. Ça ne s’est guère démenti, peu importe la combinaison choisie. On se serait attendu à ce que les artistes s’éclipsent quand l’une ou l’autre était seule en vedette, mais toutes sont demeurées sur scène, sur leur tabouret, pour savourer du meilleur siège dans le théâtre Maisonneuve le travail des autres.

Magique, dynamique et nostalgique... Sing the Truth, c'est la complémentarité et la générosité.  Photo Pascal Ratthé

Du plaisir pur

Moments forts ? Reeves qui verse une larme au terme d’une livraison émotive de All That You Have Is Your Soul, Wright qui nous amène à l’église avec How I Got Over, comme si chaque note sortait de son bas-ventre, et Angélique qui danse, danse et danse sur Saduva, qui nous rappelait comment on avait du plaisir quand on voyait Mama Africa se déhancher sur scène, elle qui nous a quittés en 2008.

La personnalité des trois femmes était aussi complémentaire que spontanée. Quand Reeves et Wright nous offrent un véritable numéro de Negro spiritual (Canaan) soutenu presque exclusivement par la mesure battue par la foule, Wright tend la main à Angélique pour qu’elle se joigne à elles dans leur danse. Magique.

À l’inverse, Wright et Reeves ne peuvent s’empêcher de danser – pas plus que la foule – quand Angélique met le feu à la salle avec Africa, tout en descendant au parterre. Toujours énergique, la belle Angélique.

Clown par excellence – on écrit ça avec beaucoup de respect – quand vient le temps d’haranguer une foule, Angélique Kidjo sait aussi être respectueuse et inspirée. Son discours sur la beauté de l’Afrique, la nécessité d’en parler en bien et d’être fière de ses racines, nous ramenait au genre de propos engagés que la grande Abbey Lincoln nous livrait au FIJM il y a deux ans, elle aussi, quelque temps avant son départ.

Mais pas question d’oublier la fête, surtout quand ta pianiste a pour nom Geri Allen et que la personne qui est à la batterie est Terri Lyne Carrington. On a particulièrement aimé le duo «Queen of Soul» de Baby I Love You, avec Dianne et Angélique; la vivifiante 32 Flavors, de Reeves, et, bien sûr, Pata Pata, qui a mis tout le monde de bonne humeur avant le départ. Très réussi.

Commentaires (1)

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de l émotion a l état pur
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tout a fait d accord et des la premiere chanson ,je savais que j assisterais a un concert mémorable et se fut le cas..merci au festival pour cette soirée magique
yvan seguin , juin 26, 2011

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