Rue Frontenac - Prince – Un hallucinant show marathon






Prince – Un hallucinant show marathon PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Festival de jazz
Écrit par Philippe Rezzonico   
Samedi, 25 juin 2011 12:55
Mise à jour le Lundi, 27 juin 2011 12:51

Il ne voulait plus partir. On ne voulait pas s’en aller. Le premier des deux concerts de Prince au Métropolis dans le cadre du FIJM, présenté dans la nuit du 24 au 25 juin, aura été de l’ordre de ces spectacles de légende dont on se souvient des décennies plus tard.

Ceux qui font l’histoire. Ceux dont on peut dire : j’y étais.

Monté sur les planches à 23h30 tapant, Prince a quitté la scène quatre heures plus tard, au terme d’une performance qui tenait autant de la liesse et de la communion collective que du party le plus festif qui soit.

À certains égards, le Prince du funk a utilisé un peu le même subterfuge qu’il y a une décennie, à Wilfrid-Pelletier, optant pour une première portion de show (ou un premier tiers, on s’est un peu perdu dans l’espace-temps, là…) exempte de succès radiophoniques, mais il n’a pas tenté de jouer à l’extrême la carte du jazz-fusion, préférant asséner de monumentales claques de funk bétonné à une salle comble comblée.

Prince, l’as de la guitare, était complètement déchaîné. Photo Pascal Ratthé

Qu’a-t-on pris dans la gueule durant ce marathon ? Euh… Tout ce qu’on désirait. Et plus encore.

Pendant une heure et 45 minutes, Prince a largué ses bombes funk atomiques du genre Controversy (délire totale dans le Métropolis avec les strobs), mais a aussi revisité des classiques de contemporains. Sa relecture de Crimson and Clover, de Tommy James & the Shondells, était un modèle du genre, rayon intégration de styles. Départ lent, guitare tranchante, progression avec mesure battue par la foule et lumières blanches sur le public. Pas à peine remis que la guitariste chanteuse de Prince enchaîne avec Waiting In Vain, de Bob Marley.

James et Sly

Parfois, Prince cédait le plancher à Maceo Parker, pour une livraison frénétique de Pass the Peas, de James Brown, au début du premier rappel, à minuit 45. Logique, Maceo, c’était le saxo de James, dès les années 1960. Ça ne parait pas qu’il a 68 ans, le monsieur…

Dès fois, Prince reprenait une chanson au pied de la lettre, comme Everday People, de Sly and the Family Stone, laissant la foule la chanter l’unisson. Pas de bombes de sa part, donc, mais des relectures et intégrations musicales à couper le souffle. Pour vous dire, il aurait fermé boutique à 1h15 du matin, j’aurais été pleinement satisfait.

Et c’est là que c’est devenu rigolo.

Musiciens qui sortent de scène, fans qui applaudissent parce qu’ils veulent un deuxième rappel. Classique. Mais même si les lumières sur scène sont toujours éteintes, après huit minutes, montre en mains, tu te dis qu’on a fait ça pour rien.

La foule a chanté Purple Rain, avec Prince, à s’en péter les cordes vocales. Photo Pascal Ratthé

Et non. Prince et sa gang reviennent, s’installent, bruits diffus de claviers dans l’arrière champ, puis, Prince lance : « Dearly beloved… »

Les premiers mots de Let’s Go Crazy !! Si 2,300 personnes peuvent avoir un orgasme collectif sans se toucher, ça a du être là. Lancée à 200 miles à l’heure, le classique a eu droit à une intégration dynamitée de Delirium, avant de boucler la boucle. Prince, l’as de la guitare, était complètement déchaîné, jouant debout, à genoux ou avec la guitare au-dessus de sa tête.

Et ce fut la cascade : 1999 a fait lever le plafond et crouler le plancher. Pas eu le temps de s’en remettre, ce fut Little Red Corvette, durant laquelle Prince lâche sa guitare dans une finale allongée soft, y allant de sa gestuelle la plus sensuelle. Frénésie totale.

Et ça repart

Bon. Merci. Bonsoir ! Mais là, même si les lumières se sont rallumées (signal du retour à la maison), la foule, cette fois, ne bouge pas d’un pouce et crie d’une seule voix. Et après cinq minutes de ce boucan, le band remonte sur scène ! Il est une heure quarante-cinq du matin pour ce troisième rappel. Et on repart pour une autre demi-heure hallucinante, ponctuée d’une Musicology d’anthologie. Là, tous les superlatifs sont dépassés, on sait que l’on voit le show  de l’année.

Autre sortie, la porte du côté ouest du Métropolis s’ouvre. C’est fini ? On ne bouge pas. Rendu là, tout est possible. Tout le monde – ou presque – hurle Purple Rain. Non. Prince revient, seul à la guitare, pour un slow que je n’ai pas reconnu. C’est quand même la fin, non ? Ben, non.

Le band rapplique encore et met le feu aux poudres avec Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin), de Sly, qui est suivie de Play That Funky Music, de Wild Cherry. Crevés, fatigués, épuisés, pas grave… Tout le monde est sur l’adrénaline du moment et danse de façon éperdue. C’est l’abandon total. Le moment où tout le monde a oublié jusqu’à son nom et n’est plus que de chair et de musique. Indescriptible !

Prince a livré son premier rappel à minuit 45… et a envoyé les gens se coucher à 3 h 30. Photo Pascal Ratthé

Autre sortie. Là, on a compris le truc. On sait que Prince va fermer le bar à trois heures. Mais on joue le jeu. Autre retour. Autre délire. Autre sortie. Je regarde l’heure. Deux heures cinquante. Je dis à ma copine que là, c’est sûr qu’il clôt avec Purple Rain, elle dure dix minutes. Et Purple Rain, on a eu. Et le gars derrière moi a failli se répandre. Et la foule l’a chantée à s’en péter les cordes vocales. Et tout le monde était heureux quand le Prince a salué tout le monde à trois heures du mat.

Passé le last call

Ouf… Génial. Bon, on s’en va ? Tiens, tiens…. Les lumières sont toujours éteintes. Non… Il ne va pas…. Pas quand même…. Si !

« Je veux appeler à la maison. Etes-vous en train de me dire que je suis à la maison ? » a demandé Prince.

La clameur de la foule est arrivée en simultané avec les premières mesures de Raspberry Beret. Félicité totale, bonheur, name it. Il y a pas un être humain qui n’était pas heureux à ce moment-là, sauf peut-être le portier, s’il est payé à la soirée de travail et non à l’heure.

Et ça continuait ; Cream, dans le tapis, et puis Don’t Stop Till You Get Enough, de Michael. Ca prenait bien une chanson de Michael, non ? Puis, Prince a enchaîné avec Cool en lançant : « Montreal !!! Are you hot ? »

Tu parles. Mais cette fois, c’était la bonne. Deuxième service demain. Euh… Pardon. Ce soir. Dans quelques heures….

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