Rue Frontenac - Les FrancoFolies en juin et la «loto météo»






Les FrancoFolies en juin et la «loto météo» PDF Imprimer Envoyer
Le blogue de Philippe Rezzonico
Dimanche, 19 juin 2011 23:42

Si vous avez été vous promener ou voir un spectacle sur la très jolie Place des Festivals, vous avez sûrement remarqué les quatre grandes structures élancées de béton qui pointent vers le ciel, le long de la Place des Arts

Durant les 23e FrancoFolies, j’ai souvent jeté un regard vers ces structures surplombées de luminaires. Surtout la deuxième, quand on compte en partant du nord et de la rue Maisonneuve. Tout simplement parce que la console de son qui sert aux techniciens durant les spectacles en plein air est juste un peu plus près de la grande scène que cet immense poteau de béton. Et que lors de quatre soirées des Francos, la portion compacte des foules présentes n’allait pas plus loin que ça.

C’était vrai le soir des spectacles de Marjo, d’Alfa Rococo, de Paul Piché et lors de la grande fête multiculturelle. Combien de monde ces soirs-là? Je ne suis pas comptable, mais je risque 5000, au mieux. À la limite, le nombre n’a pas d’importance.

La réalité, c’est que de visu, le site des FrancoFolies était désert comme je ne l’ai jamais vu en 15 ans de couverture. Et je ne vous parle pas des autres scènes. Les Respectables, Été 67, les groupes présents dans le Monde Urbain… tout ce beau monde ne jouait que devant des poignées de spectateurs, ces soirs-là.

Festival printanier

Nous savons tous pourquoi. Trois soirs sous la pluie et le quatrième, c’était celui du fameux déluge, le jour du Grand Prix. Il est vrai qu’on ne peut contrôler le temps qu’il fait. Mais c’est ce qui arrive quand on tient un festival au printemps.

Alfa Rococo a eu le droit à peu de spectateurs et beaucoup de pluie. Photo Catherine Lefebvre

Si, si. Au printemps. L’été, il ne commence officiellement que cette semaine. Depuis que les FrancoFolies ont été déménagées en permanence en juin, le festival de musique francophone a lieu au printemps, avec tout ce que ça comporte comme risques. Ici, quatre des cinq premières soirées des Francos franchement gâchées en extérieur. Formidable retour du balancier, on a eu droit à cinq splendides et chaudes soirées d’été et une dernière un peu fraîche (samedi, pour Damien Robitaille) les autres jours.

Tant mieux, parce que plus d’une dizaine de collègues, de représentants déprimés de compagnies de disques et de gens de l’industrie avaient évoqué devant moi lors de la première portion des Francos que ce n’était finalement pas une bonne idée de tenir l’événement si tôt en saison, en raison de notre météo imprévisible.

L’an dernier, il y a eu deux vraies soirées de pluie. Cette année, quatre. L’an prochain? Sais pas. Personne ne le sait. Ce que je sais, c’est qu’en privilégiant juin plutôt qu’août, tu joues contre la moyenne, rayon mercure et flotte. Bien sûr, il pleut aussi au mois d’août. Mais quand il fait 26 Celsius, on sort le parapluie et on garde le sourire. Lundi dernier, face à la scène extérieure où jouait, paradoxe, Été 67, on gelait raide.

Manque à gagner?

Ça ne changera pas puisque Spectra ne va pas revenir sur sa décision. Cette année, les organisateurs ont complètement perdu le week-end du samedi et dimanche 11 et 12. Grosse perte? On saura lundi après-midi, lors du bilan officiel, si ce mauvais temps aura eu une incidence sur les finances des FrancoFolies.

L’an dernier, il manquait 150 000 $ pour boucler le budget, et ce, malgré l’opération sauvetage des amis du festival mise sur pied en raison de la perte de la subvention du gouvernement conservateur de Stephen Harper, quelques semaines avant la tenue de l’événement.

La vente de billets en salle pourra-t-elle compenser si le manque à gagner (vente de bière, de bouffe, de souvenirs) qui finance les spectacles extérieurs est considérable? On l’espère. Parce que si ça ne devait pas être le cas, il faudrait pas blâmer le mauvais temps. Ce sont les organisateurs  des Francos qui ont décidé de jouer à «loto météo» chaque année.

Commentaires (3)

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En effet...
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@Patrick. Je n'ai tout simplement pas relevé la situation des écoles, ni de la présence des Européens qui devait être accrue avec le déplacement de l'événement en juin - vraiment? -, simplement parce que le mauvais temps suffisait amplement à soutenir mon argumentation.

Cela dit, je me souviens de la soirée dont tu parles. Le hic, c'est que l'on vient de vivre ça quatre fois dans la même semaine. Je n'avais jamais mis un coupe-vent d'automne durant quatre soirs lors des Francos au mois d'août.
P.R. , juin 20, 2011
...
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Perso, les Francos en juin: MAUVAISE IDÉE! Alors que ça a toujours été mon festival préféré, je n'y vais presque plus...
Robin , juin 20, 2011
Pas mieux en août, la météo...
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Salut Philippe!

Trois grains de sel à ajouter à ton texte. D'abord, comme je l'avais souligné l'an dernier, les élèves du secondaire et du cégep sont en période d'examens présentement, ce qui retient chez lui une partie du public potentiel.

Ensuite, tu as raison, les organisateurs ne changeront pas d'idées puisque le but est d'attirer des touristes à Montréal durant une période creuse - maintenant -, alors qu'en août, les chambres d'hôtel de Montréal sont pleines, FrancoFolies ou pas.

Finalement, tu te rappelleras sûrement avoir couvert les FrancoFolies en août et d'avoir été obligé de te mettre une petite laine. J'ai souvenir d'une soirée au cours de laquelle le mercure était descendu à 6 degrés. Tous les "kangourous" à l'effigie des Francos s'étaient vendus ce soir-là...

Patrick Gauthier , juin 20, 2011

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