Rue Frontenac - Polyamoureux – L’amour sans frontières






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Nouvelles générales - Société
Écrit par Marie-Michèle Sioui   
Vendredi, 08 avril 2011 10:52
Mise à jour le Vendredi, 08 avril 2011 10:54

Et si, au lieu d’être déchiré entre la princesse Diana et Camilla Parker-Bowles, le prince Charles avait choisi de continuer à les fréquenter toutes les deux ? Et si Diana et Camilla s’étaient éprises l’une de l’autre ? La reine serait sans doute tombée en bas de son trône. Mais Jean-François Villeneuve, lui, aurait accueilli le trio à bras ouverts dans son association, celle des polyamoureux du Québec.

« Je suis en relation avec Karine depuis dix ans et avec Annie depuis sept ans » dit Jean-François en toute candeur. « Et moi, je suis en relation avec Jean-François depuis sept ans et avec Karine depuis deux ans », poursuit Annie, tout aussi simplement.

Bienvenue dans le monde du polyamour, là où l’amour est pour ainsi dire sans frontières. Dans les relations polyamoureuses, le nombre de partenaires, hommes ou femmes, est variable. Contrairement à la polygamie, où un homme entretient des relations parallèles avec plusieurs femmes, tous les polyamoureux se fréquentent au sein d’une relation.

« Ça peut se faire à deux ou à trois, explique Jean-François Villeneuve, qui a fondé en 2009 l’Association québécoise des polyamoureux, qui compte 175 membres dans la province. C’est un peu tout mélangé. »

Les polyamoureux peuvent donc avoir des relations hétérosexuelles, homosexuelles ou bisexuelles. « La vie sexuelle se vit à trois, dit Karine, qui partage sa vie avec Jean-François et Annie. Quand ça ne me tente pas, je peux le dire. Ça peut se faire à deux ou à trois. Il y a toutes sortes de possibilités. »

De rivales à amies

C’est en 2008 que Jean-François, mi-trentaine, présente à sa conjointe Karine une nouvelle « amie », Annie. Depuis quatre ans déjà, il la fréquente à l’insu de Karine. Et il est tiraillé. « En raison de l’éducation que j’ai reçue, j’étais convaincu de n’avoir que deux options : partir avec Annie et rompre avec Karine, ou poursuivre ma relation avec Karine et laisser aller Annie, explique Jean-François. Mais j’étais rendu à un moment dans ma vie où je ne voulais pas choisir. »

Jean-François, Karine et Annie partagent le même lit, le même toit et bientôt la même famille. Photo Annik MH de Carufel

De fil en aiguille, en participant à des activités communes et après s’être longuement questionnés, Jean-François, Karine et Annie se sont ouverts à l’idée de former un « couple » de trois personnes. Ils vivent maintenant le polyamour ouvertement. Ces jours-ci, ils sont ensevelis sous les boîtes, car ils se préparent à emménager sous le même toit.

Aujourd’hui, Karine ne se définit pas comme une polyamoureuse, mais plutôt comme une personne vivant dans une relation polyamoureuse.  « L’arrivée d’Annie a chamboulé mon mode de vie, dit Karine, songeuse. J’ai dû me dire que je faisais face à autre chose que la monogamie ».

Contrôler la jalousie

Le plus difficile, avoue-t-elle, a été d’apprendre à contrôler la jalousie qu’elle ressentait vis-à-vis d’Annie. Aujourd’hui, elle la considère comme une grande amie avec qui elle partage aussi des relations intimes.
Annie, elle, voyait un peu Karine comme une rivale. « C’était plus facile pour moi d’ignorer Karine au début, de faire comme si elle n’existait pas, se rappelle-t-elle. Mais tranquillement, une amitié s’est développée. »

Selon Nicole Desjardins, thérapeute conjugale et familiale et sexologue psychothérapeute, la notion de jalousie est très certainement mise à l’épreuve dans une relation polyamoureuse. « Il faut apprendre à contrôler et rationaliser ce sentiment-là, affirme-t-elle. Le polyamour ne peut pas exister s’il est teinté de jalousie.

« La polygamie implique l’aspect légal qu’est le mariage et se vit à sens unique, poursuit Mme Desjardins. Le polyamour, en revanche, concerne autant les hommes que les femmes en union libre. Les polyamoureux peuvent avoir des relations intimes et sexuelles avec d’autres partenaires. C’est une infidélité permissive, avec le consentement de tout le monde. »



 

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