Rue Frontenac - De nouveaux outils pour évaluer les retombées du secteur minier






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Nouvelles générales - Politique provinciale
Écrit par Jessica Nadeau   
Lundi, 27 juin 2011 20:54
Mise à jour le Lundi, 27 juin 2011 21:46

Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune élabore une nouvelle série d'outils pour permettre de mieux évaluer les impacts du secteur minier. Elle s'attaque dans un premier temps aux retombées économiques avant de se lancer dans les impacts sociaux et environnementaux.

Ces nouveaux outils, dont le premier a été rendu public lundi, ont été élaborés à la suite des critiques très sévères que le vérificateur général avait adressées au ministère dans son rapport de 2009.

Ce dernier reprochait notamment au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) son manque de connaissances sur le secteur minier.

Il lui recommandait fortement de développer de nouveaux outils pour recueillir «une information de gestion précise, à jour et susceptible de s'intégrer au processus décisionnel» et de rendre cette information disponible au public afin de lui permettre de participer au débat.

Le secteur minier au Québec génère l'équivalent de 34 000 emplois dans toutes les régions, dont en Abitibi-Témiscamingue. Photo d’archives RueFrontenac.com

Ayant essuyé ces critiques, le ministère a finalement accouché du premier de ces outils, un rapport intitulé Profil des retombées économiques des activités et des investissements du secteur minier au Québec.

«On voulait savoir quelles étaient les retombées économiques afin de positionner le secteur des mines au Québec», explique Robert Giguère, directeur des politiques, de la coordination et des affaires intergouvernementales au ministère des Ressources naturelles et de la Faune en entrevue à Rue Frontenac.

250 millions de retombées pour le Québec

Ce rapport révèle ce que plusieurs savaient déjà, soit que l'industrie des mines a le vent dans les voiles, mais précise certains chiffres sur les retombées économiques et l'emploi.

Ainsi, le ministère évalue que «la valeur des expéditions minières en 2008 atteint un sommet historique de 6,2 milliards de dollars, alors que les investissements miniers ont atteint 2 milliards de dollars.»

On estime que les deux tiers des revenus des sociétés minières se transforment en achats de biens et de services au Québec, en impôts, taxes, salaires et traitements, en profits et dividendes. Cela représente des revenus de 250 millions par année pour le gouvernement du Québec.

Enfin, on calcule que le secteur minier au Québec génère l'équivalent de 34 000 emplois dans toutes les régions du Québec, soit 16 400 emplois directs, 14 000 emplois indirects et 3 600 emplois générés par les investissements en immobilisations et préparations.

Les auteurs du rapport estiment que «les perspectives de développement à moyen terme sont très prometteuses», notamment en raison des nombreux projets annoncés récemment dans le Plan Nord. Photo d’archives Reuters

«Au Québec, une personne sur 100 travaille de près ou de loin pour l'industrie minière, peut-on lire dans le rapport. De plus, les travailleurs du secteur minier (emplois directs) reçoivent un salaire moyen jusqu'à deux fois supérieur à celui de l'ensemble des travailleurs québécois.»

Les auteurs du rapport estiment que «les perspectives de développement à moyen terme sont très prometteuses», notamment en raison des nombreux projets annoncés récemment par le gouvernement dans le Plan Nord.

Ils se réjouissent également de voir que le Québec a mieux traversé la crise que les autres provinces du Canada.

«Le secteur minier du Québec a mieux traversé la crise que les autres principalement parce que la valeur marchande des substances produites au Québec ne s'est pas écrasée, contrairement aux substances des autres provinces qui se sont plantées», précise en entrevue téléphonique Martin Labrecque, économiste du secteur des mines pour le MRNF.

Des indicateurs pour l'environnement

Interrogé sur les aspects sociaux et environnementaux, totalement exclus de ce rapport, son collègue Robert Giguère, à la Direction des politiques, de la coordination et des affaires intergouvernementales, affirme être en train de travailler à l'élaboration de nouveaux outils visant à répondre à ce besoin.

«Des éléments vont être produits d'ici un an et demi, éléments qui vont toucher ces autres aspects, répond Robert Giguère. Nous sommes en train de bâtir ces outils, mais nous n'avons pas passé encore à travers les études et analyses.»

Selon lui, lorsque l'on s'attaque à l'aspect social ou environnemental, il s'agit de questions «extrêmement complexes». C'est pourquoi, avec son équipe, ils passent à travers la littérature scientifique existante pour voir comment générer des indicateurs au niveau social et environnemental.

Il refuse de s'avancer davantage, se contentant de confirmer qu'il y aura «des indicateurs» concernant l'aspect social et environnemental qui seront éventuellement publiés par son ministère. Mais quelle forme cela prendra-t-il? Il est incapable de répondre à cette question pour l'instant. Le travail n'est pas encore terminé.

Commentaires (3)

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Ministère de l'enviro ???
0
N'est-il pas étonnant que le Ministère de l'environnement produise aussi vite un rapport sur les retombées économiques des activités minières et qu'il lui faille plus d'un an pour en produire un sur les retombées écologiques (environnement + humains) qui devraient être sa première préoccupation ???
Odette Grille , juin 28, 2011
c grave!...
0
Les retombées sont minimes et en plus, plusieurs compagnies minières ne payent même pas ces redevances!!! Allo les beaux profits :p
MGagnon2 , juin 28, 2011
Ruée vers l'or
0
Une fois les impacts environnementaux mis dans la balance, les impacts économiques de l'industrie minière tendent à être nuls. Ce sont des entreprises qui ne laissent que de la contamination chimique derrière elles.

Ce n'est pas pour rien que les populations d'Amérique du sud, et particulièrement du Mexique, sont aussi hostiles aux minières.
Plusieurs compagnies, dont New Gold, ont fait les frais de cette hostilité dans la dernière décennie.
Lloyd Blankfein , juin 28, 2011

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