Rue Frontenac - EXCLUSIF - Après les juges, nomination controversée d’un ex-élu lavallois






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Nouvelles générales - Politique provinciale
Écrit par Fabrice de Pierrebourg   
Lundi, 26 avril 2010 20:36
Mise à jour le Mardi, 27 avril 2010 11:50

Le gouvernement Charest aurait nommé comme régisseur à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) un ex-vice-président du Comité exécutif de Laval pour rendre service au maire Gilles Vaillancourt, qui cherchait à s’en débarrasser avant les élections de novembre dernier, a appris ruefrontenac.com.

André Boileau, 58 ans, a abandonné ses fonctions à la Ville de Laval et annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat après avoir été nommé régisseur lors de la réunion du Conseil des ministres le 9 septembre 2009.

Son départ inattendu de la scène politique locale avait causé toute une surprise. Les deux politiciens étaient de plus en plus souvent à couteaux tirés, selon ce que nous mentionné nos sources. Ce que nie le bureau du maire Vaillancourt.

Mais nombreux sont ceux qui se questionnent depuis sur la raison exacte qui a poussé cet avocat à quitter subitement un poste aussi prestigieux que stratégique pour siéger à un tribunal administratif.

Plusieurs sources nous ont indiqué qu’un événement particulier aurait définitivement scellé son destin.

La ministre Michelle Courchesne et Me André Boileau avaient fait le saut en politique lavalloise en 1981. Photo d’archives Claude Rivest

Michelle Courchesne aurait-elle tiré les ficelles?

Toujours selon nos informations, c’est Michelle Courchesne, députée d’un comté lavalois et ministre responsable pour cette région, qui aurait fait des représentations auprès de son collègue de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, dont relève la RACJ, sans toutefois le mettre au parfum des raisons pour lesquelles Me Boileau n’aurait plus été en odeur de sainteté à Laval. Le ministre de la Sécurité publique n’aurait pas digéré la manœuvre, a-t-on appris de source bien informée.

Rappelons que la RACJ est en quelque sorte un gardien de la moralité et de la sécurité publique qui a pour mandat, lit-on sur son site Web, d’«encadrer et de surveiller les quatre secteurs d’activité que sont l’alcool, les courses de chevaux, les jeux et les sports professionnels de combat». Ses régisseurs ont le pouvoir, par exemple, de suspendre ou de supprimer le permis ou la licence d’un établissement où se dérouleraient des activités illicites.

Un dossier embarrassant

Ruefrontenac.com a tenté de remonter la piste de la nomination de Me André Boileau pour savoir qui avait proposé son nom, et si oui ou non une enquête avait été effectuée avant sa nomination.

Cette quête de la vérité s’est transformée en un véritable parcours à obstacle.

À la RACJ, le porte-parole Réjean Theriault confirme que les régisseurs sont nommés par le gouvernement.

«On apprend leur arrivée au moment de la nomination.» Tout au plus le président de la RACJ, Me Denis Racicot, un homme réputé pour sa grande intégrité, peut suggérer des «avenues générales» quant à la profession du futur régisseur (avocat ou non) et son lieu d’affectation, «mais jamais de nom en particulier». Il rencontre aussi l’aspirant sélectionné par le gouvernement avant sa nomination effective.

Le RACJ ne mène pas non plus d’enquête sur ses aspirants candidats.

Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, est le ministre responsable de la RACJ. Photo d’archives

Pour en savoir plus, nous avons tenté de joindre le ministre Dupuis. Peine perdue. Son attaché de presse nous a renvoyé vers le Secrétariat des emplois supérieurs, au ministère du Conseil exécutif.

La secrétaire générale associée à la communication gouvernementale, Marie-Claire Ouellet, nous a expliqué que son service avait pour mission de «rencontrer les candidats, regarder leur profil puis de faire des recommandations». Une fois le choix fait, leur rôle est de finaliser le contrat, les conditions de travail et la rémunération en fonction des «années d’expérience et du background». Pour le reste, Mme Ouellet a suggéré à Rue Frontenac de joindre Hugo d’Amours, l’attaché de presse du premier ministre.

Le secret du Conseil des ministres

Celui-ci nous a assuré que c’était André Boileau lui-même qui avait posé sa candidature, qu’il avait fait l’objet de «toutes les vérifications de sécurité» et avait été «jugé compétent pour la fonction». En outre, il a dit ne pas être au courant des frictions qui existeraient entre le maire de Laval et le régisseur.

Jean Charest a nommé André Boileau à la RACJ lors du Conseil des ministres du 9 septembre 2009. Photo d’archives Olivier Jean

Enfin, monsieur D’Amours n’a pas voulu nous dévoiler la teneur des conversations du Conseil des ministres lorsque le dossier Boileau a atterri devant Jean Charest, en septembre 2009. Qui l’a appuyé? Y a t-il eu débat? Le secret qui entoure les conversations autour de la table du Conseil des ministres nous empêche d’en savoir davantage.

Nos tentatives pour joindre Michelle Courchesne n’ont pas abouti non plus. Quant à André Boileau, sa fonction l’empêche de parler aux médias, nous a indiqué le porte-parole de la RACJ.

Quant au maire Gilles Vaillancourt, il a fait savoir par l’entremise de sa porte-parole qu’il n’était nullement intervenu dans ce dossier et nous a plutôt renvoyé vers Michelle Courchesne et Me André Boileau. Le serpent se mord la queue.

Nous avons toutefois pu apprendre que Me Boileau avait quitté ses fonctions avec une indemnité de 46 492 $.

Les routes de Me André Boileau et de Michelle Courchesne se sont croisées en 1981 lorsque tous deux ont fait leur entrée au conseil de ville de Laval sous l’étiquette du parti PRO, alors dirigé par le maire Claude Lefebvre.

André Boileau et Michelle Courchesne s’étaient ensuite joints à un groupe de conseillers dissidents qui ont échoué dans leur tentative de putsch. Michelle Courchesne ne s’était pas représentée pour un nouveau mandat.

- André Boileau avait déjà été nommé par Jean Charest le 8 avril 2005 à titre de membre du Comité de retraite du régime de retraite des élus municipaux.

Commentaires (7)

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Enquête publique pas sûre
0
Au nombre de malversations que nous apprenons à tous les jours c'est la mise en tutelle de la province qu'il faut...
lectrice , avril 28, 2010
POURQUOI
0
Achalez-moi pas avec une enquête sur Laval aujourd'HUI. OUI ça en prend une mais il me semble que ce serait pas compliqué de nous dire maintenant pourquoi M. Boileau a été écarté du parti du maire Vaillancourt ?

Il est bon comme juge régisseur mais pas bon comme candidat du PRO? Avec la qualité des élus du PRO c'est pas fort fort de ne pas être en mesure de ce hisser à ce niveau.
Bang Bang , avril 27, 2010
Plus rien ne me surprend...
0
Plus rien ne me surprend venant probablement des deux institutions les plus corrompues du Québec, Ville de Laval et le gouvernement de Charest.

Jamais au grand jamais ce gouvernement n'acceptera de faire enquête. La corruption a un nom le gouvernement de Jean Charest...Mafieux et petits faiseux on leur place avec lui.

Est-ce que les québécois s'en souviendront dans 3 ans. Non. Monsieur Teflon, Jean Charest ce sera fait une beauté et on élira encore autant à Laval qu'à Québec la mafia libérale et ses ti n'amis.
normand , avril 27, 2010
Ouais !
0
Bravo M. De Pierrebourg ! Une autre brique dans la mare libérale.
Où cela s'arrête-t-il ? Faut-il donner raison à celles et ceux qui ne votent plus, qui ne s'intéressent plus à la chose politique parce que l'édifice est pourri de fond en comble ?
Dommage mais on dirait bien que oui. UNE ENQUÊTE PUBLIQUE SUR TOUT ÇA ET V I T E !
@paumier1 , avril 27, 2010
Une Commission d'enquête sur l'administration Vaillancourt est URGENTE
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Quand des rapports de police disparaissent il y a lieu de se poser des questions. Quand un autre ex-conseiller fait face à plus de 50 chefs d'accusations concernant la construction illégales de maisons, il y a lieu de se poser des questions aussi.
Alors à quand l'enquête publique sur l'administration Vaillancourt?????
La vertu , avril 27, 2010
Vulnérable au chantage !
0
On se débarrasse en douce d'un élément pouvant compromettre le PRO de Lavallois ? Un petit coup de main d'une ex-collègue aujourd'hui ministre, petit coup de piston et Hop! le voilà régisseur.
M. Boileau doit maintenant composer avec des tenanciers de bar trop souvent liés au crime organisé. Peut-il avoir les coudés franches ?
Vaillancourt a appris quelque chose d'important et l'a éloigné de son parti...le gouvernement provincial aurait du faire de même par prudence élémentaire. En tous cas certainement pas le nommer juge !
Bang Bang , avril 27, 2010
Ça presse...
0
Une commission d'enquête publique: ÇA PRESSE.

Intrepid , avril 27, 2010

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