Rue Frontenac - Mort du petit Jérémy – Le verdict approche pour Stéphanie Meunier






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Nouvelles générales - Justice
Écrit par Michaël Nguyen   
Samedi, 18 juin 2011 15:27
Mise à jour le Samedi, 18 juin 2011 16:04

«Jérémy s’ennuyait de son père tortionnaire. Imaginez ce qu’il vivait (avec sa belle-mère).» C’est dans ces mots que la Couronne a demandé au jury de déclarer Stéphanie Meunier coupable de meurtre prémédité avec harcèlement de l’enfant de quatre ans. La défense, de son côté, demande l’acquittement.

Le procès touche à sa fin avec les plaidoiries des deux parties, juste avant que la juge Johanne Saint-Gelais ne donne ses directives au jury et l’envoie en délibéré, afin qu’il se prononce sur la culpabilité de la femme de 32 ans. Jérémy Bastien est mort le 6 décembre 2008, à la suite d’une hémorragie cérébrale causée par un coup à la tête.

Divergeance sur la version de l’accusée

Le procureur de la Couronne Louis Bouthillier a demandé au jury de regarder la preuve «dans son ensemble». La défense prétend de son côté qu’il faut se concentrer sur le coup à la tête puisque les «nombreuses plaies» ne sont pas mortelles.

L’avocate de l’accusée, Me Joëlle Roy, estime que sa cliente est crédible et pleine de bonne volonté. Elle a appuyé ses dires par l’appel au 9-1-1 effectué peu avant la mort de l’enfant. «Stéphanie Meunier panique, elle pleure, elle crie. C’est pressant, urgent, instantané. Ce n’est pas fabriqué, c’est spontané, véridique.»

Jérémy Bastien, quatre ans, est mort le 6 décembre 2008, à la suite d’une hémorragie cérébrale causée par un coup à la tête. Photo d’archives

Me Bouthillier, de son côté, a remis en doute la volonté de l’accusée de dire toute la vérité, notamment en soulignant ses «trous de mémoire».

«Quand on écoute Stéphanie Meunier, on dirait un film de Walt Disney, a imagé la Couronne. Mais il y a des scènes retirées dans ces films, il y a des choses qui se sont passées (le) jour (du drame).»

«Lire» le corps de l’enfant

«La maltraitance d’enfant, ça se passe souvent derrière des portes fermées, sans témoin, a expliqué Me Bouthillier. On en a un, il est mort (…), mais les experts ont pu lire le corps de Jérémy.»

Les 27 blessures «au minimum», datent de 24h avant le décès, a déclaré la pathologiste Caroline Tanguay. C’est l’élément essentiel dans ce procès, croit la poursuite.

«La Dr Tanguay dit que les blessures sont récentes, non-accidentelles. L’accusée prétend qu’elle n’a rien fait, a lancé Me Bouthillier. Quelqu’un essaie de nous mener en bateau.»

La défense a de son côté remis en doute la parole des spécialistes. «Les experts qui se trompent, ça existe», a affirmé Me Roy.

Crédibilité mise en doute

Dans sa plaidoirie, Me Roy a décrit le père de Jérémy comme un «homme violent, menteur et manipulateur».

Selon la défense, Francis Bastien «forçait les enfants à se battre» et a contribué à «créer un climat familial défavorable». L’accusée était harcelée par son conjoint et en avait peur, a rappelé Me Roy. «Stéphanie Meunier cherchait un peu de bonheur avec Francis Bastien, mal lui en a pris.»

Me Roy a également remis en doute le témoignage de la gardienne de Jérémy, qu’elle a qualifié de «surréaliste, avec des faits exagérés». «Stéphanie Meunier dit avoir été au parc avec la petite-fille d’Emilia Marquez. Si elle avait peur, l’aurait-elle laissé y aller?» s’est questionné la défense.

Quant aux voisins qui avaient affirmé avoir entendu des bruits et des cris, Me Roy estime que «leur témoignage ne dit rien».

Jérémy «délivré de sa souffrance»

La Couronne prétend que le meurtre était intentionnel. «C’est l’aboutissement de la maltraitance de la dernière semaine, a estimé Me Bouthillier. Rendu au 27e coup, on ne parle plus d’accident.»

«L’ensemble de la preuve montre un pattern de violence qui a culminé jusqu’au 6 décembre et qui a fait que Jérémy a été délivré de sa souffrance», a estimé le procureur.

«À quatre ans, Jérémy s’embarrait dans une chambre qui n’est pas la sienne. Pourquoi, à votre avis?» a demandé Me Bouthillier. «Ça s’est fait à deux. Francis Bastien a commencé, puis les deux, et ça s’est fini avec l’accusée.»

«Vous n’êtes pas là à titre de vengeur ou pour accomplir la vindicte populaire, a pour sa part déclaré la défense. On peut critiquer le style de vie peut-être négligent de Stéphanie Meunier, sur l’aide sociale avec quatre enfants (…), mais est-ce que ça fait d’elle une meurtrière?»

Me Roy affirme que «la preuve est claire», l’accusée n’a pas causé l’impact mortel. «Stéphanie Meunier demande l’acquittement, a plaidé son avocate. Son sort est maintenant entre vos mains.»

Le jury, composé de cinq femmes et sept hommes, devrait commencer à délibérer à partir de lundi soir.

Michaël Nguyen est stagiaire à Rue Frontenac.

Commentaires (1)

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Pitié!
0
Faites un exemple de cette scabreuse affaire! Qu'ils chopent emprisonnement à vie avec une sentence ferme considérable! Les deux! Et qu'est-ce qu'on attend pour donner des amendes à ce voisin, cette gardienne qui savaient quel enfer vivait le petit Jérémy mais ont préféré se décrotter le nez avec leur index que de composer le 911??? Il est temps que les choses changent!
flesnuages , juin 19, 2011

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