Rue Frontenac - Le publicitaire Alain Richard condamné à verser 51 000 $






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Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par David Santerre   
Jeudi, 28 mai 2009 19:46
Mise à jour le Jeudi, 28 mai 2009 23:10

Le publicitaire Alain Richard, qui s’est surtout fait connaître du grand public quand il a exprimé le désir de témoigner devant la commission Gomery sur le scandale des commandites accompagné de ses chiens, car il se disait menacé, vient d’être condamné à verser 51 000 $ à son ancien patron et à sa femme pour harcèlement.

 
 

Ce jugement récemment rendu par le juge de la Cour supérieure Richard Wagner met un terme à une rocambolesque saga judiciaire.

Dans les années 1990, Alain Richard était considéré comme un publicitaire prometteur et surtout audacieux. Embauché en 1994 par la firme de publicité BCP, il nourrissait l’ambition d’un jour prendre le relais du fondateur de l’entreprise, Jacques Bouchard, qu’il vénérait en tant que père de la publicité au Québec, selon ce qu’on peut lire dans le jugement Wagner.

Mais en 1996, Alain Richard quitte BCP. Difficile d’en déterminer la cause exacte, chaque partie ayant des griefs contre l’autre. Il semble que le congé de maladie de Richard pour dépression y soit pour quelque chose.

Message 

Quand il a quitté son boulot, Richard a laissé cet étrange message dans plusieurs boîtes vocales d’employés de BCP.

«Je ne quitte pas l'entreprise parce que j'ai baisé la femme du boss», y affirme-t-il.

Toujours est-il que Richard se dégote un autre bon boulot, chez Groupaction, à titre de vice-président aux affaires corporatives, poste qu’il perdra rapidement. Il plaidera ne pas être en accord avec les méthodes comptables de l’entreprise, mais son patron Jean Brault dit que son employé ne donne pas le rendement escompté.

Il décide quelques années plus tard de collaborer à l’enquête de la GRC sur le scandale des commandites concernant Groupaction, et aussi à la commission Gomery, un passage chaotique qui attirera toutes les moqueries à son égard. Il inondera ensuite les tribunaux d’une multitude de poursuites pour atteinte à sa réputation.

Pendant toutes ces années, Richard ne cesse de nourrir l’ambition de revenir chez BCP et de succéder à Jacques Bouchard. Il inondera la compagnie de courriels en espérant y être repris.

Courriels 

Il semble qu’il ira même jusqu’à intercepter des courriels échangés par Yves Gougoux et Jacques Bouchard. Dans ces messages, Gougoux met en doute la santé mentale de Richard.

«Toutes les tentatives de M. Richard de se rapprocher de BCP et de M. Gougoux n'apportent aucun résultat positif. Commence alors une campagne beaucoup plus musclée qui vise à forcer la main de M. Gougoux par l'envoi de courriels signés, mais également de plusieurs correspondances anonymes. Le tout s'emballe à compter du 13 février 2004 alors que dans un courriel dont il reconnaît la paternité, Alain Richard reproche à M. Gougoux de colporter des rumeurs sur sa santé mentale. Il le menace de représailles en cas de récidive», écrit le juge Wagner dans son jugement.

Apeuré par le comportement de plus en plus inquiétant de Richard, Gougoux porte plainte à la police et avise les agents que Richard a déjà été interné pendant six mois à l’hôpital Douglas.

Une information erronée, puisqu’il a été hospitalisé ailleurs et pas pour aussi longtemps. En l’apprenant, plus tard, Gougoux se ravisera et informera la police de la bonne version des faits. Mais Richard n’en démord pas, cela démontre la volonté de son ex-patron de nuire à sa réputation.

Toujours est-il que Richard a été arrêté puis libéré, et acquitté des accusations criminelles de menaces et extorsion contre Gougoux et son épouse.

Poursuite 

Richard a ensuite déposé une poursuite de 1,75 million de dollars contre eux pour atteinte à sa réputation, poursuite qui est à l’origine du jugement Wagner.

Celui-ci estime que non seulement Gougoux et son épouse n’ont à peu près rien à se reprocher, l’information sur son internement n’étant pas destinée au public et ayant au surplus été corrigée par la suite, mais il a condamné Alain Richard à leur verser 51 000 $ en guise de dommages moraux et exemplaires.

Le juge estime que Richard «est l'artisan de son propre malheur et a été l'auteur de manœuvres abusives, même s'il a été acquitté de toutes les charges criminelles par la Cour du Québec, chambre criminelle».

Il ajoute que dans un livre qu’il a écrit, Richard publie une «photo sur laquelle elle (l’épouse de Gougoux) est représentée par une image de bunny assise sur un téléviseur, tout en invitant les lecteurs à rire de la situation. L'auteur ajoute même que «Agnès Gougoux a des problèmes et c'est pourquoi elle n'a pas d'amis».

«Le Tribunal est d'avis qu'il n'y a pas de débat si important ou de conflit si majeur qui puisse justifier le recours à la vulgarité, à la méchanceté et aux propos indignes», conclut le juge Richard Wagner.

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