Rue Frontenac - Victimes d’un faux comptable recherchées






Victimes d’un faux comptable recherchées PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par Daniel Renaud   
Lundi, 31 mai 2010 14:33
Mise à jour le Mardi, 01 juin 2010 09:34

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) recherche des victimes d’un faux comptable qui aurait fraudé des petites entreprises et poussé l’audace jusqu’à mettre comme référence dans son C.V. le nom de l’enquêteuse qui est sur ses traces.

Le nom de l’entreprise Boucher et Frères figure en effet sur la liste des ex-employeurs de Stéphane Arnold dans son curriculum vitæ. Or, cette compagnie n’existe pas. Il s’agit en fait d’un clin d’œil au sergent détective Claire-Marie Boucher, de la Section des fraudes de la police de Montréal, qui est sur le cas de ce présumé fraudeur récidiviste.

Depuis 2005, l’homme de 38 ans aurait fraudé une dizaine d’entreprises. Mais la police croit qu’il peut y avoir d’autres victimes et a décidé de publier la photo du suspect.

Le modus operandi de Stéphane Arnold est très simple. Il cible les entreprises qui sont à la recherche d’un comptable ou d’un adjoint administratif et, beau parleur, s’y fait embaucher. Par la suite, il soulagerait son nouvel employeur de plusieurs milliers – et même de plusieurs dizaines de milliers – de dollars, en faisant des chèques à son nom, en manipulant les comptes bancaires ou en volant carrément des dépôts ou l’argent de la petite caisse.

Le montant total des fraudes friserait les 100 000$, dont une d’environ 50 000$ dans une entreprise de Verdun, où le présumé fraudeur a travaillé durant un an.

« Il a répondu à notre petite annonce en adaptant son C.V. à nos besoins et à notre entreprise. En entrevue, il est très intelligent et bon communicateur. Physiquement, il n’a l’air de rien. Tu ne pourrais jamais penser que c’est un fraudeur. Ce n’est pas écrit sur son front », a souligné à RueFrontenac.com le propriétaire de cette entreprise, qui a requis l’anonymat.

Stéphane Arnold fait mal aux petites entreprises où il est embauché. Photo courtoisie SPVM

Une fois au sein de cette entreprise, Arnold aurait produit de fausses factures de fournisseurs et remboursé celles-ci avec des chèques, qu’il se faisait en réalité à lui-même. Il aurait également mis la main sur des sommes d’argent.

Les dirigeants de l’entreprise ont constaté la fraude en fermant les livres comptables, à la fin de l’année financière. Mais l’accusé aurait détruit toutes les fausses factures, compliquant ainsi le travail des comptables, de vrais ceux-là.

« Si on ajoute au montant de la fraude les pertes de productivité et les frais de comptables et d’avocats, cela représente des pertes d’au moins 65 000$. Pour une petite entreprise comme la nôtre, cela représente un coup dur. La croissance de l’entreprise est stoppée. Cela nous a obligé à faire un emprunt, à l’amortir sur deux ans et à geler l’embauche », poursuit le propriétaire, qui a dû également reporter un important projet.

Références

Fait à noter, avant d’embaucher Arnold, les dirigeants de l’entreprise ont joint quelques-unes des personnes inscrites comme références dans le curriculum vitæ de l’accusé et celles-ci l’ont décrit comme un bon employé. Il va sans dire que la police risque également de s’intéresser à ces « références ».

Arnold, qui fait face à une multitude d’accusations de fraude, subit actuellement une évaluation psychiatrique à l’Institut Philippe-Pinel jusqu’à jeudi prochain. Il doit ensuite revenir en cour et la police s’opposera à sa remise en liberté. Il semble, en effet, que même si des accusations avaient déjà été portées contre lui, Arnold aurait continué son manège. L’accusé n’a pas d’auto et la majorité des entreprises qu’il a présumément écumées ont pignon sur rue dans le secteur de Verdun, où il habite.

Si votre entreprise a été victime de cet individu ou si vous avez des informations sur Stéphane Arnold, contactez le sergent détective Claire-Marie Boucher au 514 280-3130.

La police recommande aux entreprises de bien vérifier les antécédents de travail des candidats qui postulent auprès d’elles et de s’assurer que les numéros de téléphone fournis correspondent bien aux locaux de ces ex-employeurs.

 

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