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Nouvelles gnrales - Environnement
Écrit par Jessica Nadeau   
Mardi, 28 juin 2011 19:38
Mise à jour le Mardi, 28 juin 2011 20:28

Le Qubec accuse un retard important par rapport aux autres provinces et pays en matire de gestion des eaux pluviales, estime lassociation des ingnieurs-conseils du Qubec.

Malgr les milliards de dollars injects depuis trente ans dans le traitement des eaux, on a un peu nglig leau pluviale en pensant quelle tait propreet quon pouvait lenvoyer directement la rivire, soutient Mohamad Osseyrane, spcialiste du RSEAU environnement et directeur de projet chez BPR, au cours dune rencontre de presse mardi.

La vrit, cest que leau de pluie est souvent souille par les graisses, huiles et autres sdiments et que le rseau nest pas conu pour recueillir toute cette eau qui ruisselle donc jusquaux cours deaux environnants. Un phnomne amplifi par ltalement urbain.

ltat naturel, 10% de leau de pluie ruisselle vers les cours deau, 40% svapore et la moiti restante est absorbe par le sol, alimentant la nappe phratique. Mais lorsque le sol naturel est remplac par du bton, cest plus de 50% de la pluie qui se retrouve dans les cours deau.

Pour Mohamad Osseyrane, le plus grand dfi sera de mettre ces nouvelles technologies en application dans un milieu nordique. Photo Rogerio Barbosa

Cela amne un problme de desschement de la nappe phratique, de mme que des problmes de contamination des cours deau.

On pensait que la meilleure faon de faire pour grer les eaux de ruisslement, ctait de les vacuer au plus vite, donc on a augment les dbitset les volumes, note Mohamad Osseyrane.

Ce faisant, on a dgrad la qualit de leau parce que les eaux de ruisslement transportent des contaminants, on a chang la morphologie des cours deau et, ce qui nous pend au bout du nez, cest limpact des changements climatiques.

Guide de gestion des eaux pluviales

Avec les problmes de pollution des lacs et les nouvelles notions de dveloppement durable mis de lavant par le Qubec, on tente de revenir un cycle plus naturel en ce qui a trait aux eaux de ruisslement.

On a un grand rattrapage faire par rapport ce qui se fait ailleurs et mme par rapport ce qui se faisait avant au Qubec, prcise lingnieur.

Cest pourquoi Qubec a labor un nouveau guide de gestion des eaux pluviales, rdig en partie par Mohamad Osseyrane de RSEAU environnement, qui sera mis en application ds janvier 2012. Ainsi, tout nouveau projet sera soumis de nouveaux standards pour mieux grer les eaux de ruisslement.

Pour remdier au problme des cyanobactries qui svit au Lac Brome, Pierre Bertrand a d, dans le cadre dun projet pilote, grer le problme des eaux de ruisslement en installant notamment un bassin de rtention. Photo Rogerio Barbosa

Les promoteurs devront donc sassurer que le dbit deau de pluie, tel que calcul ltat naturel, soit similaire aprs la construction du projet. On parle donc de bassins de rtention, de toits verts, de bassins secs, de barils et de jardins de pluie. Ils devront galement rduire la source les polluants comme les matires en suspension et le phosphore.

Des solutions, mais pas dobligations

Mais tout nest pas parfait. On nessaie pas de corriger, on essaie de ne pas empirer, concde Mohamad Osseyrane. Cest la position que le ministre a adopte.

Et ce guide nest quun guide. Il na aucune valeur contraignante. Il apporte des solutions auxquelles les concepteurs pourront se rfrer, mais sans obligation lgale de sy conformer.

Le guide lui-mme nest pas une exigence, prcise lingnieur. Mais les exigences du ministre obligent le promoteur utiliser le guide pour trouver des solutions durables.

Son collgue, Pierre Bertrand, vice-prsident chez Exp. et spcialiste du gnie vgtal, estime que ce nest quune question de temps avant que Qubec ne donne une valeur lgale ce guide.

la longue, on pense que le MDDEP [ministre du Dveloppement durable, de lEnvironnement et des Parcs] va limposer. On commence par le guide et aprs, les chargs de projet du ministre vont lexiger.

Car selon lui, il faut absolument des rglements pour obliger les promoteurs se tourner vers de telles mesures. Si tas pas un incitatif rglementaire de prvu, les socits ne le feront pas. Cest la loi du plus cheap!

Vendeur, le concept vert

Ces nouvelles technologies risquent de faire augmenter les cots dun projet moyen denviron 10%. Pourtant, le prsident du comit de rdaction du guide, Mohamad Osseyrane, estime que les promoteurs ne se feront pas tordre un bras pour se lancer dans la gestion des eaux pluviales.

Plusieurs promoteurs vont utiliser ces initiatives comme publicit, car cest trs vendeur: cest plus vert, plus durable, etc. affirme-t-il demble.

Quand ceux qui hsiteraient encore, lingnieur assure quils ne pourront plus le faire encore trs longtemps car quoi quun peu plus cher, ces technologies sont devenues des incontournables.

Avant le jeu du promoteur ctait daller ailleurs et de trouver la municipalit la plus faible qui laccommodait; maintenant, partout ailleurs, a va tre les mmes rgles, il sera donc oblig de sy faire.

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