Rue Frontenac - Gaz de schiste – Un PDG d’entreprise démissionne du comité d’évaluation






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Nouvelles générales - Environnement
Écrit par David Patry-Cloutier   
Mardi, 28 juin 2011 19:28
Mise à jour le Mardi, 28 juin 2011 20:36

Se considérant en conflit d'intérêts, le président et chef de la direction de Junex, Jean-Yves Lavoie, a remis sa démission, mardi, du comité qui doit évaluer la portée environnementale de l'exploitation des gaz de schiste au Québec, afin de ne pas nuire à la crédibilité de ses travaux.

Le Comité pour l'Évaluation environnementale stratégique (ÉES) perd ainsi un des représentants de l'industrie qui y siégeaient. «J'étais un peu juge et partie dans ce dossier-là, a expliqué Jean-Yves Lavoie à Rue Frontenac. Je ne sentais pas que j'allais apporter au comité la crédibilité qu'il a besoin.»

Il dit avoir accepté de se joindre au comité en tant qu'expert, à la demande de l'Association pétrolière et gazière du Québec, à un moment où le mandat était limité à l'étude de l'exploitation des gaz de schiste et de la fracturation, procédé utilisé pour extraire le gaz de la pierre. À ce moment, son entreprise, Junex, n'était pas impliquée dans ces étapes du processus.

Mais Jean-Yves Lavoie estime que le mandat s'est transformé en cours de route. «On n'est plus seulement dans le gaz de schiste, on est dans tout ce qui est conventionnel, le gaz naturel et le pétrole», dit-il. Junex est très active dans ce domaine, notamment pour le pétrole en Gaspésie.

La décision de Jean-Yves Lavoie de se retirer de l'ÉES met de la pression sur l'autre représentant de l'industrie qui siège au sein du comité. Photo d’archives Pascal Ratthé

«Je me sentais pris entre l'arbre et l'écorce, affirme l'homme d'affaires. Dès qu'on aurait annoncé un permis pour Junex, ou encore une entente avec une société extérieure, j'aurais été accusé de collusion, ou je ne sais pas quoi. J'aurais nui à la crédibilité du comité.»

«Quand on regarde ça froidement, ce n'était tout simplement pas ma place, affirme-t-il. J'aurais aimé continuer, mais c'est une question de principe, une question d'éthique.» Pour poursuivre au sein du comité la tête en paix, il aurait dû démissionner de son poste au sein de Junex et vendre toutes ses actions, ce qu'il n'avait pas l'intention de faire.

Il ne ferme toutefois pas la porte à une collaboration avec le comité si son expertise est requise.

Pression sur l'autre représentante

La décision de Jean-Yves Lavoie de se retirer de l'ÉES met de la pression sur l'autre représentant de l'industrie qui siège au sein du comité. Il s'agit de Marianne Molgat, une géologue à l'emploi de Talisman Energy, une autre entreprise active dans le dossier des énergies fossiles au Québec.

«Moi j'ai pris ma décision. Je sais que je les mets dans une position où ils vont être obligés de se questionner», indique M. Lavoie, parlant en général des autres membres du comité.

Au cabinet du ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, on ne sait toujours pas si le siège laissé vacant par le départ de M. Lavoie sera comblé. «Les suites à donner à cette nouvelle seront discutées au cours des prochains jours. La décision sera communiquée en temps et lieu», explique Marie-Ève Dion.

Rappelons que lorsque le comité a été créé par le gouvernement du Québec, le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste avait écrit une lettre au Devoir, pour dénoncer l'absence des groupes environnementaux sur le panel.

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