Rue Frontenac - Loi 101 au collégial: pas de consensus à la fédération étudiante






Loi 101 au collégial: pas de consensus à la fédération étudiante PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Éducation
Écrit par David Patry-Cloutier   
Dimanche, 24 avril 2011 12:00
Mise à jour le Dimanche, 24 avril 2011 15:23

Faute de consensus sur la question, la Fédération étudiante collégiale du Québec ne prendra pas position dans le débat de l'application de la loi 101 au cégep, tel que le prône le Parti Québécois.

« Ça n'a pas passé le test. Ça n'a pas convaincu une majorité d'étudiants cégépiens, affirme le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. Il n'y a pas assez d'associations qui ont appuyé la mesure. »

Rassemblées en assemblée générale ce week-end au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les 17 associations étudiantes de la FECQ n'ont pas réussi à trancher l'épineuse question de l'application de la Charte de la langue française au collégial.

Le résultat du vote n'a pas été dévoilé. « Ç'a été un débat enflammé, raconte Léo Bureau-Blouin. C'est vraiment une question (l'avenir du français au Québec) qui préoccupe beaucoup les cégépiens. Force est de constater qu'il n'y a pas de consensus. Pour appuyer une telle mesure, il aurait fallu un appui clair des associations », dit-il.

Mesure prônée par le PQ

Rappelons que la fin de semaine dernière, lors de son congrès tenu à Montréal, le Parti québécois a inclus dans son programme l'application de la Charte de la langue française aux établissements d'enseignement de niveau collégial. Si elle est mise en place, cette mesure forcerait les étudiants allophones, issus de l'immigration, de même que les étudiants francophones, à étudier en français au cégep.

Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.  Photo d'archives Annik MH de Carufel

La chef du PQ, Pauline Marois, a promis que cette proposition fera partie du prochain programme électoral du parti, ce qui en fera sans l'ombre d'un doute un enjeu électoral. Mais le PQ devra chercher ailleurs s'il souhaite trouver des alliés.

Deux visions s'affrontent

Les associations étudiantes collégiales membres de la FECQ ont longuement débattu de la question, sans en arriver à une position commune. « Depuis février, on a amorcé un processus de consultation plus sérieux, dans tous les collèges. On est les principaux concernés. On trouvait important que les étudiants de cégep s'expriment », explique le président.

Les associations étaient divisées entre celles qui croyaient que l'idée portée par le député Pierre Curzi permettrait une plus grande préservation de la langue française, et celles qui prônaient le libre choix pour la langue d'enseignement au niveau collégial. « Les étudiants au cégep sont adultes, ils sont à même de faire des choix », résume Léo Bureau-Blouin

Étudiants divisés

Le président de la Fédération a assisté à des assemblées dans différents cégeps dans les dernières semaines et a pu constater à quel point les étudiants sont divisés. À Alma, les étudiants étaient très majoritairement contre. À Jonquière, une forte majorité a adopté la position du Parti québécois.

« La proposition du Parti québécois n'est pas très précise non plus, estime Léo Bureau-Blouin. Il y a du travail à faire pour expliquer. » Il cite l'exemple du cégep de Gaspé, qui propose des programmes en anglais ou bilingues, comme une technique de tourisme d'aventure. « S'ils perdent ce programme-là, ça va mettre à mal le cégep. Les étudiants sont très inquiets », indique-t-il.

La FECQ fera donc la promotion de mesures plus consensuelles et moins controversées, comme de « bonifier les cours de langue seconde au cégep » pour éviter que les étudiants choisissent de fréquenter un collège anglophone, et instaurer des programmes pour « favoriser l'obtention d'un premier emploi en français à Montréal ».

Notons finalement que le président de la FECQ a aussi été reconduit dans ses fonctions en fin de semaine par un vote unanime des délégués. Il dirigera donc la fédération étudiante l'an prochain, alors que se poursuivra la lutte du mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement Charest.

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