Rue Frontenac - Le mouton noir et son fusil à eau






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La chronique de Martin Leclerc
Dimanche, 12 juin 2011 12:42

Le propriétaire du Junior de Montréal, Farrel Miller, négocie la vente de son club comme s’il était armé d’un canon alors qu’il n’a qu’un pistolet à eau entre les mains. Ça risque de rendre la suite des choses plutôt intéressantes.

Miller a vendu son équipe à un groupe de hockeyeurs de la LNH représenté par Joël Bouchard. Et ce groupe a l’intention d’installer son équipe de la LHJMQ au nouveau Centre d’excellence de Boisbriand.

Mais la transaction a été refusée par le bureau des gouverneurs de la LHJMQ, vendredi dernier, parce que Miller a fait inclure dans l’acte de vente une clause qui lui permettrait de conserver des droits territoriaux exclusifs dans la région métropolitaine (sur la rive-sud) advenant qu’une deuxième formation vienne s’y installer. Il s’agit d’une exigence hautement inhabituelle. C’est un peu comme si George Gillett avait demandé à la LNH de lui réserver les droits territoriaux des Nordiques de Québec lorsqu’il a vendu le Canadien à la famille Molson.

Si Farrel Miller avait été considéré comme un partenaire exceptionnel et un bon administrateur par ses homologues, cette demande saugrenue aurait peut-être eu une chance d’être acceptée. Après tout, les hommes d’affaires qui souhaitent exploiter des équipes du junior majeur dans la grande région de Montréal ne se bousculent pas aux portes.

Mais ce n’est pas le cas. Au sein du bureau des gouverneurs, Miller est considéré comme un mouton noir qui complique tout ce qu’il touche. Et par conséquent, la LHJMQ veut profiter de cette vente pour couper définitivement les ponts avec lui.

Poursuites et litiges

On entend depuis quelques années toutes sortes de rumeurs au sujet du style de gestion pratiqué par le Junior de Montréal. Le personnel affecté aux opérations hockey est absolument impeccable. Mais il y a eu un roulement de personnel anormalement élevé du côté administratif. Aussi, des fournisseurs de produits et services du Junior se sont plaints de ne pas être entièrement payés. Des joueurs ont par ailleurs déploré des économies de bouts de chandelle qui affectaient leurs horaires de voyages et leurs performances. D’autres joueurs auraient porté plainte parce que des clauses de leur contrat n’auraient pas été respectées.

Selon un gouverneur bien au fait du dossier, il y a neuf poursuites ou litiges de cette nature qui ont été portés à l’attention du bureau du commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau.

Sachant cela, on se demande sur quelle planète M. Miller habite. Comment peut-il croire qu’il vendra son équipe d’une main et que de l’autre, les gouverneurs de la LHJMQ lui consentiront un territoire exclusif qui les obligera éventuellement à s’entendre avec lui ?

Farrel Miller se retrouve donc dans une position délicate. Ou bien il renonce à cette indéfendable demande et vend son équipe au groupe de Boisbriand; ou bien il retourne à Verdun exploiter le Junior de Montréal.

Pour l’instant, semble-t-il, M. Miller bluffe. Il laisse entendre qu’il renonce à la vente et qu’il continuera tout simplement à opérer le Junior de Montréal dans l’enceinte de l’Auditorium de Verdun. Et c’est ici qu’on se rend vraiment compte qu’il est armé d’un pistolet à eau.

Les inconvénients qu’il infligera à la LHJMQ en s’incrustant à Verdun ne sont rien en comparaison avec les problèmes auxquels il sera confronté et les dommages qu’il subira lui-même.

Le Junior a eu de la difficulté à attirer des spectateurs payants au cours de la dernière saison alors qu’on misait sur un alignement de premier plan. Les choses ne s’amélioreront certainement pas maintenant qu’on entreprend une période de reconstruction.

Les rares amateurs de hockey junior de la région de Verdun savent maintenant que l’équipe est à vendre et qu’elle est susceptible de quitter l’Auditorium à n’importe quel moment. Ils ne se bousculeront certainement pas aux guichets pour acheter des abonnements saisonniers.

Un bien petit monde

Aussi, le monde du hockey est bien petit et les nouvelles y circulent rapidement. Les rumeurs qui se répandent quant à la façon dont Miller mène ses affaires finiront inévitablement par compliquer le recrutement de joueurs de premier plan.

Et parlant de reconstruction, les gigantesques travaux qui s’amorcent sur l’échangeur Turcot vont s’étendre sur plusieurs années. Sans compter le pont Champlain, qui tombe en ruines et sur lequel la circulation sera éventuellement très hautement perturbée. Il faudra donc être extrêmement courageux pour opérer une équipe de junior au beau milieu d’un tel chantier, que les automobilistes québécois tenteront par tous les moyens d’éviter.

Les gens qui connaissent le hockey junior savent qu’une seule des quatre situations énumérées ci-haut peut suffire à acculer un propriétaire d’équipe junior à la faillite. Ou dans le meilleur des cas, le condamner à éponger d’importants déficits.

S’il reste sur ses positions, Farrel Miller devra faire face à toutes ces situations en même temps. On lui souhaite la meilleure des chances.

Commentaires (5)

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C'est en banlieue de Mtl que le Hockey se développe
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Le Jr. ne fonctionne pas depuis qu'il est a Mtl
et aucun club de la LHJMQ ne fait ses frais a Mtl
,MCourteau et sa ligue doivent allumer et agir dans l'intérêt des Fans de la LHJMQ,c'est sur la Rive-nord et la Rive-sud que ca se passe juste a regardé le nombre de joueurs au niveau du Hockey mineur et vous avez votre réponse.M.Farrrel arrêtez d'être borné et vendez pendant que vous avez une opportunité et pensez un peu aux fans.
Stef , juin 13, 2011
Voyons donc...
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Avant de prévoir le déménagement du Junior de Montréal sur la Rive-Nord, vous devriez aviser la famille Molson de prendre l'opportunité de déménager à Boisbriand car le Centre Bell se trouve qu'à 3.6km de l'Auditorium de Verdun.

Franchement...
Carole , juin 13, 2011
Fan , Ce commentaire a été désigné comme non-intéressant par les internautes. [Afficher]
Vivement l'équipe à Boisbriand
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Le Junior doit quitter Verdun
Marc-André Forget , juin 12, 2011
Merci
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Merci Martin poursuivre vos écritures sur ruefrontenac.com, et de nous informer sur cet épineux dossier du Junior de Montréal.

Je crois que tous les médias qui ont repris votre nouvelle, dont La Presse, ont clairement indiqué la source, dont vous et votre site Internet.

Ça ne doit pas être facile d'êcrire bénévolement, mais vous, ainsi que les Touchette, Fugère, Leblond, Cloutier et autres poursuivez de bien informer les lecteurs sportifs.

Merci et espérons que ruefrontenac.com va survivre ! smilies/wink.gif
lecoyote63 , juin 12, 2011

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