Rue Frontenac - Repêchage de la LHJMQ: une autre tendance inquiétante






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La chronique de Martin Leclerc
Jeudi, 09 juin 2011 15:30

Après avoir assisté au repêchage de la LHJMQ le week-end dernier à Victoriaville, Christian, un lecteur de Mascouche, m’a fait parvenir un courriel particulièrement intéressant au début de la semaine. À son avis, la constante disparition des hockeyeurs québécois dans la LNH est un phénomène qui est en train de se reproduire au sein même du circuit junior majeur québécois…

Samedi dernier, donc, 20 des 72 joueurs sélectionnés au cours des quatre premières rondes (donc environ 28 %) avaient été formés par des programmes de hockey basés à l’extérieur du Québec. Et à ces 20 espoirs provenant de l’extérieur s’ajouteront dans quelques jours 18 joueurs européens qui seront sélectionnés lors d’un repêchage spécial de la Ligue canadienne (regroupant les ligues de l’Ouest, de l’Ontario et du Québec).

Ça signifie que parmi les 90 recrues qui auront le plus de chances de se tailler une place dans la LHJMQ la saison prochaine, on retrouvera quelque 38 joueurs (42 %) formés à l’extérieur du Québec.

C’était la deuxième fois en quatre ans que les équipes de la LJHMQ misaient sur au moins 20 joueurs formés à l’extérieur du Québec au cours des quatre premières rondes de leur repêchage annuel. Rien qu’au cours des quatre dernières années, le ratio de joueurs sélectionnés dans la LHJMQ qui provenaient de programmes non-québécois a augmenté de 9 %.

Quelle place occupera le hockeyeur québécois dans la LHJMQ de demain?
Photo d'archives Rue Frontenac

Si cette tendance devait se maintenir, ou accélérer, ce serait carrément catastrophique pour le hockey québécois. Rappelons que 82 Québécois évoluaient dans la LNH sur une base régulière au début des années 2000 et qu’il n’en restait que 36 cette saison !

Invasions sur deux fronts

Cette tendance inquiétante, espérons-le, fera l’objet de discussions sérieuses lors du Sommet du hockey québécois qui se tiendra au Centre Bell à la fin du mois d’août. Et cela, pour deux raisons :

a) Les recruteurs des 17-18 équipes de la LHJMQ sont en compétition les uns avec les autres et ils sont payés pour dénicher les meilleurs talents disponibles. S’ils choisissent de plus en plus de joueurs provenant d’ailleurs, c’est fort probablement parce qu’ils perçoivent – de façon objective – une baisse de qualité dans le système de développement québécois.

b) La deuxième raison concerne la philosophie de développement du hockey junior majeur canadien. Il est tout à fait normal d’accueillir plusieurs joueurs provenant des provinces de l’Atlantique au sein de la LHJMQ puisqu’on retrouve des formations à Bathurst, Moncton, St-John’s et au Cap Breton. Mais d’un autre côté, est-il souhaitable d’ériger en système le développement de joueurs Suisses, Tchèques, Finlandais, Russes, Slovaques ou Suédois ?

Pendant qu’on voit le Canadien jeter son dévolu sur des hockeyeurs comme le défenseur suisse Raphael Diaz, âgé de 25 ans, nos hommes de hockey qui occupent les plus importants échelons de la structure de développement québécoise démissionnent à chaque année sur quelques dizaines de Québécois ou Canadiens âgés de 16 ou 17 ans pour miser sur des Européens.

Ce sont donc ces joueurs étrangers qui bénéficient d’un encadrement exceptionnel et du savoir-faire des meilleurs entraîneurs québécois pour parfaire leurs habiletés. Le contraire est pourtant tout à fait impensable. Quand avez-vous entendu parler d’un jeune de Saint-Eustache ou Drummondville qui aurait été admis ou invité au sein d’un programme de développement suédois ou finlandais ?

Bref, les observations de Christian sont extrêmement pertinentes. Et elles démontrent qu’il faudra certainement gratter plus que la surface à ce fameux Sommet du hockey pour redonner son lustre et son aplomb à la structure québécoise. Il y a de sérieuses questions à se poser et de grands coups de barre à donner.

Commentaires (4)

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Nos joueurs Quebecois
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Il faut absolument faire quelques choses pour nos jeunes joueurs juniors qui proviennent de chez nous.....Il faut trouver pourquoi on a l'impression qu'on boude la LHJMQ, car un jour cette ligue qui a produit d'excellent joueurs de hockey par le passe n'arrive pas ou presque a faire choisir ses joueurs plutôt que d'autres venant de la East Coast, la ligue Americaine et même de l'Europe....

Simil le faut, formont un comite qui se pencherait sur la question....On doit trouver avant que la LHJMQ disparaisse a jamais.

Louiise , juin 11, 2011
Anglos racistes
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Pour avoir vécue à Calgary longtemp, je sais que les anglophonnes deteste les quebecois.Sans faire de politique, le Canada et le Quebec sont deux pays differens.
Serge Cote , juin 10, 2011
Et les Américains
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Et que dites-vous du fait que l'an prochain, on passe de 12 à 14 le nombre de rondes au repêchage et qu'il y a obligation de repêcher deux joueurs américains ? On se plaint que nos joueurs se sauvent aux USA, mais on se venge en repêchant deux joueurs des USA. Logique ? Et combien ça coûtera aux organisation pour faire du 'scouting' de l'autre côté de la frontière ? Si on de la place pour deux USA, pourquoi ne pas ajouter deux québécois ?
Réal-Jean Couture , juin 09, 2011
Statistiques douteuses
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Lors de la fomation des équipes de la LHJMQ, il y a un quota de joueurs étrangers au sein d'une seule équipe, qui à ma connaissance est de 3. Par conséquent, la stratégie lors du repêchage est logique en soi. Les équipes tentent d'aller repêcher les meilleurs joueurs à l'extérieur du Québec, pour qu'ils puissent faire parti de leur équipe. Par la suite, les joueurs québécois sont invités au camp sans passer par le repêchage. Il est ridicule de croire aussi qu'un joueur repêché au deuxième tour a plus de chances d'être sélectionné au sein de l'équipe, qu'un joueur ayant été repêché au septième tour. La préparation individuelle estivale est très importante et tout ce joue sur la patinoire.

Quant aux Québécois qui évoluent à l'extérieur du Québec, il y en a plusieurs qui se font inviter en France, en Suisse, en Allemagne et aux États-Unis, mais personne n'en parle, car il s'agit d'une réalisation à l'extérieur du Québec et ceci n'est pas accepté au sein de notre société, le succès à l'étranger. Pourquoi nous n'entendons aucun commentaire à ce sujet? Parce que les gens préfèrent s'appitoyer plutôt que de ce féliciter.
Francis Langlois , juin 09, 2011

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