Rue Frontenac - Stéphane Matteau choisit les États-Unis, Hockey-Québec le punit






Stéphane Matteau choisit les États-Unis, Hockey-Québec le punit PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Martin Leclerc
Dimanche, 13 juin 2010 12:11

Stéfan Matteau Junior est un attaquant de puissance comme toutes les équipes juniors en rêvent. À 16 ans, il fait déjà 6 pi 1 po et pèse 201 lb. Il est robuste, il montre de belles habiletés et son tir des poignets, dit-on, est nettement au-dessus de la moyenne. Il semble destiné à suivre les traces de son père Stéphane, un ex-pilier des Olympiques de Hull qui a disputé 848 matchs dans la LNH et qui a remporté la coupe Stanley dans l’uniforme des Rangers de New York.

Mais Stéfan Matteau Junior ne suivra pas les traces de son père. Pas tout à fait, en tous cas, puisque la famille Matteau a décidé de tourner le dos à la LHJMQ pour confier fiston au programme de développement national américain des moins de 17 ans.

Cette décision familiale tout à fait légitime a causé des remous jusque dans les officines de Hockey-Québec. En guise de représailles, HQ a tout simplement décidé de rayer le paternel de sa liste d’entraîneurs de haut niveau!

Ça fait maintenant cinq ou six ans que je compile des statistiques et que je rédige des dossiers sur l’inquiétant déclin du hockey québécois. Le nombre de hockeyeurs du Québec évoluant dans la LNH a chuté de moitié au cours des dix dernières années, et de moins en moins de joueurs de chez nous sont sélectionnés au repêchage chaque année. Les Québécois sont par ailleurs presque totalement absents lorsque vient le temps de composer les diverses équipes nationales.

Pour redresser la situation, des recruteurs de la LNH ont suggéré ces dernières années que le Québec modernise son approche et mette sur pied un programme de développement semblable à celui de Hockey USA. Le programme de développement américain regroupe les meilleurs joueurs de moins de 17 ans du pays au sein d’une même équipe permanente qui s’entraîne et qui étudie à Ann Arbor, au Michigan. Ils forment du même coup l’équipe nationale américaine des moins de 17 ans.

Stéphane Matteau a disputé 13 saisons dans la LNH dont cinq à San Jose. Photo d'archives

La saison suivante, les mêmes joueurs se retrouvent encore à Ann Arbor, cette fois dans le programme des moins de 18 ans. Et ils forment à nouveau l’équipe nationale américaine dans cette catégorie d’âge.

Les résultats sont clairs et nets. Le nombre de joueurs américains sélectionnés en première ronde dans la LNH n’a pas cessé de croître depuis dix ans. Et les États-Unis ont remporté le plus récent Défi mondial des moins de 17 ans, tenu à Timmins (Ontario), de même que le plus récent championnat du monde des moins de 18 ans, présenté à Minsk, au Belarus. Les Américains ont par ailleurs remporté le championnat du monde de hockey junior en janvier dernier, à Saskatoon. Ça fait trois en trois.

Stéfan Matteau Junior est Américain. Il est né à Chicago en 1994 quand son père portait les couleurs des Blackhawks.

«Nous avons par la suite vécu à New York, à Saint Louis, à San Jose ainsi qu’en Floride. À l’exception de ses années pee-wee et bantam (qu’il a vécues à Blainville), il a disputé tout son hockey mineur aux États-Unis. Avec ses amis, il a grandi en rêvant de porter les couleurs d’une université comme Michigan», explique son père.

Une découverte

L’an dernier, quand le temps est venu de gravir les échelons du midget AAA, les Matteau ont décidé de confier leur fils au collège Notre Dame, en Saskatchewan. L’équipe de cette école secondaire, les Hounds, a formé des joueurs comme Vincent Lecavalier et Brad Richards dans le passé.

«Je ne savais même pas que ce programme existait. Je l’ai découvert en lisant le livre de Luc Gélinas (excellent journaliste de RDS) qui relate le parcours de plusieurs hockeyeurs du Québec», raconte Stéphane Matteau.

«Quand j’ai lu sur cette école, j’ai tout de suite su que c’était ce qu’il fallait à mon fils pour se développer comme hockeyeur mais aussi pour vivre une expérience différente et gagner en maturité.»

En raison de sa double nationalité (canadienne et américaine), Stéfan Matteau Junior a été repéré par les dirigeants du programme américain de développement. Ceux-ci l’ont invité à un camp de sélection de trois jours et ils lui ont offert un contrat de deux ans à peu près impossible à refuser.

«Sur un budget total de 8 millions de dollars, Hockey USA consacre 2,7 millions à ses équipes de développement des moins de 17 ans et des moins de 18 ans. C’est incroyable. Ils sont installés directement en face de l’Université Michigan, et les études y sont bien encadrées.

«Les jeunes de l’équipe des moins de 17 ans disputent de 50 à 60 matchs par saison, et environ 28 de ces matchs les confrontent à des équipes de la USHL (la ligue junior américaine) dont les joueurs sont tous plus vieux qu’eux. Les joueurs de la USHL ont entre 17 et 20 ans. Les joueurs du programme des moins de 17 ans perdent donc la plupart de ces matchs, mais ce n’est pas grave. C’est prévu ainsi. Après chaque rencontre, les entraîneurs soulèvent les points à améliorer pour faire mieux la prochaine fois, malgré le fait que l’adversaire soit constamment plus gros et plus fort physiquement.

«Ça correspond exactement à ma philosophie. Il ne faut pas trop mettre l’accent sur la victoire. Ce qui compte, c’est le développement des jeunes. Et tout l’accent du programme américain est mis sur les performances lors des compétitions internationales. Ça m’a convaincu que c’était préférable d’envoyer mon fils là-bas plutôt que dans la LHJMQ, que je considère par ailleurs aussi comme un excellent programme», explique Stéphane Matteau.

Sanctions insensées

Comment le blâmer d’avoir fait ce choix? Quel parent normalement constitué aurait pu refuser d’envisager une telle occasion pour son enfant?

Il semble que ce ne soit pas l’avis de Hockey-Canada et de Hockey-Québec, qui ont décidé de se lancer dans une chasse aux sorcières et de punir le père pour avoir choisi le camp américain.

Depuis qu’il vit à Blainville, Stéphane Matteau s’implique dans le hockey mineur afin d’enseigner le hockey. Il le fait au même titre que Donald Audette, Éric Desjardins, Patrick Poulin ou Patrick Labrecque, qui tentent tous de partager leur expérience vécue à titre de hockeyeur de haut niveau.

Cette saison, Matteau dirigeait l’équipe québécoise des moins de 14 ans avec Donald Audette. «Et la Fédération était très contente de nos résultats», dit-il.

À la suite de ces succès, Matteau a donc décidé de poser sa candidature pour faire partie de l’équipe d’entraîneurs de l’équipe québécoise des moins de 16 ans qui prendra part au prochain championnat canadien.

«Des gens de Hockey-Québec m’ont dit qu’ils avaient reçu une consigne de Hockey-Canada et qu’ils voyaient mal comment je pouvais être choisi pour diriger une équipe québécoise si je décidais d’envoyer mon fils aux États-Unis. Je leur ai dit qu’ils étaient complètement dans le champ. Et qu’ils se privaient des services d’un bon entraîneur possédant une belle expérience», relate Stéphane Matteau.

«Mon fils n’est même pas un Québécois qui déserte le Québec. C’est un Américain qui a simplement décidé de retourner jouer chez lui», rappelle-t-il.

Le hockey québécois est en déclin. Tout le monde le voit. Et pour régler les guéguerres internes ou mener des combats idéologiques absurdes, la Fédération québécoise exécute les règlements de comptes commandés par Hockey-Canada. Règlements de compte qui, soit dit en passant, privent nos jeunes hockeyeurs d’un entraîneur compétent.

C’est désolant.

Commentaires (14)

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Pourquoi ne pas bénéficier d'une telle expérience
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Mon fils a eu le privilège de recevoir les enseignements de M. Matteau (l'an dernier) et de Daniel Maroi (deux dernières années). Bien que mon fils ne se destine pas à la LNH, il a profiter de l'expérience de ces deux ex-joueur de la LNH. Ça été très bénifique au point de vue de sa préparation pour son entrainement et ses parties. Il a aussi beaucoup appris au point des techniques et d'apprécier le plaisir de s'entrainer pour un sport, quel qu'il soit. Je crois que beaucoup de nos jeunes pourraient bénéficier des gens tel qu'eux.
J-F Renaud , octobre 11, 2010
Libre de choisir pour ses enfants
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S'il fallait qu'on applique cette politique dans le merveilleux monde de l'enseignement public au Québec, à savoir interdire aux profs d'enseigner si ceux-ci envoient leur enfant à l'école privée, nous serions privés de la majorité des enseignants qualifiés et chevronnés.
Paulo , juin 15, 2010
je dois donner raison a M. matteau
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étant été president de hockey mineur et aussi ayant évoluer dans le développement au niveau AA et midget espoir et midget AAA oui il est vrai que les joueurs du Québec sont moins en moins regarder notre structure est loins d'etre grande ouverte au développement nos joueurs rentre dans une Entenoire pour en sortir que quel'que peut vers la LNH et ce n'est pas parce'que le québec n'a pas les bassins pour développer mais bien parce'que la structure de développement de hockey quebec et le cahier de charge du développement n'a pas eu grand renouveau depuis des années et aussi n'est pas respecter de tous les associations
1. le niveau AA qui est du développement est dans les mains de président qui eux minimise les heures de glace a leur équipe plutot que le mettre aussi dans le développement.
2.le niveau BB et CC devrais être afilié au AA et non au association le début du développement commence par c'est deux catégorie.
la structure AA devrais etre gérer par les régions et non par les associations de hockey mineur et par des gens qui ce connaise en hockey.
justement des gens comme stéphane matteau , donald Audette, patrick poulin , Eric desjardins,
Patrice Brisebois et bien d'autre,

pas parce'que ceux que je vient de nommée ont jouer dans la lnh mais parce'que ils ont tous passée par les rangs mineur majeur et pro qui de mieux pour le développement des joueurs au Québec.

Bonne soirée
Pierre Gingras , juin 14, 2010
Stéphane Matteau un ami du hockey mineur de Blainville
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Bonjour à tous, je pense que le sens du reportage de Monsieur Leclerc est mal compris de certaines personnes, notre association de hockey mineur de Blainville a toujours fait confiance à Stéphane , il a d'ailleurs été le coach cette dernière saison de sa fille dans notre association.
Tous les anciens joueurs de la NHL ou d'autres ligues sont les bienvenus dans notre belle association de plus de 1300 joueurs et joueuses.
Stéphane est un ami du hockey Blainvillois et le restera toujours pour tout ce qu'il fait pour nos enfants, au même titre que ses anciens camarades de la NHL, je suis fier comme président de pouvoir compter sur ce beau monde, si hockey Québec fait de l'ombre à Monsieur Matteau pour se vanger , et bien qu'il vive avec leur décision , pour nous à Blainville Monsieur Matteau , notre porte sera toujours ouverte
Merci et bon été
Philippe Magnenat, président A.H.M.Blainville , juin 14, 2010
Ligue diluée
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Y'en a-t-il ici qui sont allé voir un match midget AAA récemment, ce n'est plus ce que c'était...
L'autre point, c'est que la LHJMQ semble oublié qu'ils sont supposer être une ligue de développement. À 16 ans dans le circuit, le fils de M. Mateau n'aurait pas eu la chance de se développer comme il le fera l'an prochain. Et en plus, la LHJMQ est incapable de diplômer des cégepiens, arrêtez de vous laisser tromper par leurs statistiques biaisées.. La porte de secours pour nos hockeyeurs moindrement intelligent est malheureusement les États-Unis, où il est possible de jouer et d'avoir accès à une salle de classe avec un prof en avant! :O .. Porter les couleurs de Michigan State University, ça c'est un beau rêve...
J-G Lamoureux , juin 14, 2010
Pas juste à hockey Canada et hockey Québec
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smilies/sad.gifle problème de lynchage d'instructeurs est aussi très courant même dans les associations de hockey mineur. Quand ton association est mené par des personnes qui ne pensent qu'a eux et à se remplir les poches et qui en plus ne connaissent rien au hockey, la venue d'un instructeur apprécié des parents leur font bien trop peur. Imaginé un peu un gars comme Matteau venir leur dire qu'ils sont dans l'erreur et qu'effectivement il a raison, alors pour ne pas avoir l'air de dirigeants ignorant qui croient connaître le hockey, on aime bien mieux se défaire de ses personnes compétentes à la première occasion que d'avoir l'air ridicule avec ses décisions passées. Parlez en à l'association du hockey mineur de Pointe-aux-Trembles!!!
Le coach , juin 14, 2010
@robin lebel
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@robin lebel
bien que votre histoire semble intéressante, il est tout simplement impossible qu'une organisation de hockey mineur vous empêches d'être instructeur des gardiens d'une équipe sous prétexte que les autres équipes n'ont pas d'entraîneurs à cette position. si c,est bel et bien le cas, nommez l'organisation svp.
Merci
Marc , juin 14, 2010
la solution
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tout le monde qui gravitent dans le milieu du hochey junior savent quel est le problème, IL Y A 6 CLUBS DE TROPS DANS LA LHJMQ,le bassin de joueurs de haut niveau n'est pas suffisant pour fournir les clubs de la lhjmq, donc le produit est dilué, il y a 120 joueurs qui n,ont pas d'affaire à évoluer dans ce circuit, avec 12 équipes le produits seraient meilleurs et les recruteurs, seraient plus enclin à venir voir pour découvrir des jeunes.
rogatien dubois , juin 14, 2010
Du pareil au même
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Cette histoire me rappelle comment le hockey mineur agit et se comporte. Voilà quelques années afin d’aider l'équipe de mon garçon je me suis impliqué à titre d'instructeur de gardien de but. Mon fils est ailier droit. Ma façon de faire était simple, j'étais le seul a les entrainé(2), a leurs parlés, leurs écrire, même leurs faire des discours entre les périodes, ce n'était qu'après la période des fêtes que je prenais en charge la brigade défensive. Un ami a moi quand a lui se chargeait des avant pendant que l'instructeur chapeautait le tout, la recette était gagnante, les championnats ont suivi durant deux ans. À la troisième année suite a des plaintes de parent qui prétendait notre équipe paquetée, notre repêchage pipé et j'en passe, nous fûmes tout simplement séparé, j'en fusse quitte pour me voir tassé parce que les autres équipes et le hockey mineur local ne pouvaient fournir aux autres des instructeurs de gardien de but. Il y a maintenant quelques bénévoles qui sautent sur la patinoire et tire des rondelles et s'amuse à faire des séquences de pratique aux enfants sans trop de conviction. C'est ce qu'on appelle nivelé par le bas tout comme l'histoire que vous rapportez ce matin. Au lieu de s'ajuster en gardant une recette gagnante avec des gens compétents on les retire parce qu'il déroge du moule en place. Personnellement si je peux me permettre un commentaire sur le développement, c'est en très bas âge que tout se joue. Novice, Atome et Pee-Wee. C'est là que l'argent, le temps et les efforts devraient être mis. Au contraire de ça présentement on regroupe l'élite à partir du midget AAA, on investi dans du midget dit, ESPOIR, on place des enfants de 14 ans dans des programmes de printemps...Bref, on ne fait que du rattrapage pour se faire une paye. (École de hockey, camp de formation) Ce n’est pas que c'est mauvais, c'est que c'est trop tard tout simplement. C'est quand une enfant est ti-cul qu'il écoute et accepte d'apprendre à 100%. Autre chose, quand il vieillit un peu, les gens dits d'élite de hockey, voit les $$ des parents avant de voir l'enfant. Et les parents eux, se voit déjà agent de joueur.
Robin Lebel , juin 14, 2010
La politique et le sport.
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Encore une fois Hockey Québec fait dur. Continuez de vous privez de l'expertise d'un gagnant de la coupe Stanley... A voir les résultats que nous avons depuis quelques années, vous n'avez pas les moyens de prendre de telles décisions.
Mdupuis , juin 14, 2010
Insensé
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Décision de HC et de HQ totalement insensée. Réaction puérile. Ce que Matteau père a décidé ne les concernent en rien.
gaga , juin 14, 2010
Vierge offensée , Ce commentaire a été désigné comme non-intéressant par les internautes. [Afficher]
C'est pas Hockey Québec mais Hockey Politique
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Comment peut-on faire une chose,les gens de notre fédération font du sport pour les jeunes supposément. J'espère que le monsieur est capable d'évaluer un programme d'hockey et de déterminer quels options sont les meilleures pour un joueur qui par pur hasard est son fils. Avec les derniers résultats et ou on se diriges, surprennez-vous pas que le nombre de Québecois diminue dans la grosse ligues. Pire on tappes sur la tête de quelqu'un qui donne de son vécu à d'autres au Québec, et par ce que son garçon de nationalité américaine choisit son pays d'origine, on le limoge pour des raisons niaiseuses. Qui a pas dis qu'Hockey Québec voulait éliminer la violence dans son hockey, et bien ceci n'est pas être pas violent physiquement, mais intellectuellement ça l'est. En passent y a-t-il quelqu'un qui pourrait appeler la ministre Courchesne et en lui faire part de cette violence.
Sean Gilbert , juin 13, 2010
Alors on fait quoi ?
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Le dernier clou cercueil ? Le problème est que nous ne faisons pas assez d'enfants tout simplement. Alors c'est sûr un jour ça nous rattrape. On voulait nous exterminer et cela n'a pas réussi, mais on réduit d'années en années notre poids démographique.
Cerbere , juin 13, 2010

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