PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Michel Van de Walle
Vendredi, 03 juin 2011 13:53

Dcidment, les choses ne tournent vraiment pas rond aux tats-Unis. Et ce qui est plus inquitant, c'est qu'il ne reste plus de cartouches aux autorits politiques et montaires pour redresser la situation.

Les donnes sur le chmage publies ce vendredi sont trs dcevantes. Seulement 54 000 nouveaux postes ont t crs au mois de mai. L'augmentation du nombre de personnes la recherche d'un emploi a fait en sorte que le taux de chmage est remont une nouvelle fois, passant de 9,0% 9,1%.

Il s'agit d'un net recul par rapport la cration de 232 000 emplois en avril et de 194 000 en mars. Des analystes attribuent la chute du mois de mai des facteurs temporaires, tels les problmes d'approvisionnement en pices en provenance du Japon de mme que l'augmentation des prix de l'essence. Dans les deux cas, ces difficults devraient se rsorber au cours des prochains mois.

Nanmoins, on s'entend gnralement dans les cercles d'conomistes l'effet qu'il faut que l'conomie amricaine cre 300 000 emplois net par mois pour que l'on voit le taux de chmage flchir. Or, deux ans aprs la fin thorique de la crise financire et de la rcession, on est trs loin du compte. Il y a toujours 13,9 millions de chmeurs officiels aux tats-Unis, sans compter des millions d'autres dcourags qui ne se cherchent mme plus d'emplois.

Secteur immobilier mal en point

Les donnes sur le chmage viennent s'ajouter la publication, en dbut de semaine, d'une nouvelle chute des prix dans le secteur immobilier. L'indice Case-Shiller, qui recense les prix des maisons dans 20 villes amricaines, montrait qu'ils avaient chut de 4,2% au premier trimestre de 2011, aprs un recul de 3,6% au quatrime trimestre de 2010.

Les prix des maisons, qui avaient rebondi aprs le creux touch en avril 2009, sont en train de s'effondrer de nouveau. Un double-dip, comme disent les Amricains.

Selon les conomistes de Capital Economics, l'effondrement du prix des maisons aux tats-Unis est pire que celui qui avait t constat lors de la Grande dpression. Par rapport au sommet atteint en 2006, le prix des maisons recens par l'indice a chut de 33%. Or, pendant la crise des annes 30, le recul avait t de 31%.

Selon Capital Economics, les prix n'ont pas fini de reculer. Il y aurait encore des centaines de milliers de maisons sur le point d'tre reprises par les banques. Ces dernires attendent avant de les mettre sur le march car elles ne veulent pas contribuer acclrer la perte de valeur.

Ce qui devrait constituer les deux lments moteurs pour assurer la reprise aux tats-Unis sont en panne sche. Mme si elles engrangent d'importants profits, les compagnies amricaines n'investissent pas pour crer des emplois. Et sans emplois, ou devant la crainte de le perdre, des millions d'Amricains ne peuvent plus payer leur maison, ni s'en acheter une nouvelle, malgr les faibles taux d'intrt.

La Rserve fdrale et le gouvernement nont plus de cartouches

Justement, la Rserve fdrale amricaine ne peut gure faire plus que ce qu'elle a fait jusqu' prsent. Son taux directeur est proche de zro depuis deux ans et les taux moyen et long terme n'ont jamais t aussi bas. Elle a men deux campagnes d'achats massifs de titres de dette (en d'autres termes, elle a imprim de l'argent) sans russir vraiment faire redmarrer l'conomie. Elle est au bout de ses rserves de cartouches.

L'administration Obama l'est aussi. Elle a inject des milliards de dollars dans des dpenses d'infrastructures aux cours des deux dernires annes, en plus du programme de sauvetage des institutions financires et de l'industrie automobile. Elle ne peut gure faire plus alors que la dette publique atteint les 14 320 milliards de dollars, soit presque l'quivalent du produit intrieur brut annuel de 14 700 milliards.

La dette publique atteint maintenant le plafond autoris par le Congrs et la chicane est prise entre Dmocrates et Rpublicains propos de son relvement. Les premiers veulent l'augmenter alors que les seconds exigent plutt son maintien et rclament des coupes dans les dpenses. Ce cul-de-sac politique a d'ailleurs conduit l'agence de cotation Moody's lancer un avertissement aux politiciens cette semaine, leur demandant de rgler le problme sans quoi les tats-Unis pourraient se trouver techniquement en dfaut de faire face leurs obligations. Il y a quelques semaines, l'autre grande agence de notation, Standard & Poor's, avait plac sous surveillance avec un biais ngatif la cote AAA attribue aux obligations amricaines.

Avec encore une anne et demie courir avant les prochaines lections prsidentielles, tout porte croire que la paralysie politique et financire Washington contribuera la paralysie de l'conomie. Avec des millions de chmeurs et des millions de maisons qui ne valent mme plus ce qui reste d'hypothque payer, il n'est pas sr, loin de l, que le pire de la crise soit pass.

Commentaires (5)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires
@s. blanger
0
Je vois pas trop ce qu'il y a de difficile a comprendre. Les USA ont eu un dficit de 1 900 milliards en 2009, et tout ce qu'ils ont russi a faire avec cette somme colossale c'est remettre sur la bourse GM? Ridicule, 1 900 milliards c'est plus que le PIB du Canada. L'autre point, que vous oubliez, c'est que jamais les USA vont rembourser une seule cenne du principal de cette dette, dans 10 ans, ils vont encore payer les intrts sur la dette qu'ils ont contract pour verser l'argent a GM et Chrysler. Un peu comme jamais le Qubec va rembourser sa dette sur Hydro-Qubec, aprs quelque dcennie, c'est comme si ont l'avais achet a rptition. La population en gnral a vraiment de la misre a comprendre a le principe des intrts sur la dette...
Deric Caron , juin 12, 2011
A Deric Caron
0
Je trouve vos ides bien confuses... Entka, l'action du gouvernement amricain de donner un coup de pouce aux gants de l'auto a finalement t un bon geste. Chrysler et GM ont recommenc faire des profits et remboursent leurs prts avec clrit. Pis aprs vous allez me dire que les gouvernements n'ont aucun rle jouer ? Come on !
S.Blanger , juin 06, 2011
@s. blanger
0
Elle est coine parce qu'elle est trop endett ta bte. C'est ce que les gens oublie, les USA n'avais pas l'argent pour nationaliser temporairement ces entreprises, il n'a pas plus l'argent aujourd'hui. Je sais que c'est une perte de temps expliquer a aux socialistes, mais le gouvernement ne peut s'endetter ternellement pour gonfler artificiellement une conomie... C'est ce que vous voyez aujourd'hui, c'est pas que la bte est affaiblie, bien au contraire, jamais les gouvernements n'ont fait autant de dpenses de leur histoire, c'est que mathmatiquement, tu ne peux t'endetter ternellement si cet endettement ne gnre pas plus de profit que l'endettement qu'il a cre PLUS intrt. C'est ce qui rend ridicule tout ces textes qu'on a eu sur le "succs" de ces nationalisation temporaire. a seras toujours l'erreur de base de ceux qui prne l'interventionnisme de l'tat, vous pouvez pas juste lancer l'argent par les fentres comme Obama pis esprer crer de la richesse, tout ce que vous allez faire, c'est crer une bulle.
Deric Caron , juin 04, 2011
Gouvernement affailbli.
0
Quoiqu'on en dise les gouvernements ont un rle de premier plan assumer dans l'conomie. Aux USA les rpublicains de tous acabits ont rpt ad vitam aeternam qu'il fallait moins de gouvernement, moins de taxes... Government is the problem(R. Reagan).

Bref on a affaiblit tant et tant la bte, que maintenant, comme vous l'avez dit, elle est coince et sans marge de manoeuvre. L'aventure "no-librale" continue et laisse un got amer aux amricains. Sauront-ils s'en sortir ?
S.Blanger , juin 04, 2011
Bien voyons
0
Voil quelque semaine tu nous vantais les nationalisations "temporaire", dis moi pas qu'il y a du sable dans l'engrenage! Ils ont juste a temporairement nationaliser d'autre entreprise, non? C'est profitable, en tout cas, a l'est pour quelqu'un...
Deric Caron , juin 03, 2011

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy