Rue Frontenac - Un plan de sauvetage profitable pour Washington






Un plan de sauvetage profitable pour Washington PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Michel Van de Walle
Mardi, 24 mai 2011 16:54

droite comme gauche, on a svrement critiqu l'administration Bush, puis celle d'Obama, pour avoir allong des centaines de milliards de fonds publics pour sauver certaines institutions financires et l'industrie automobile amricaine lors de la crise de 2008-2009.

Mais deux ans plus tard, il faut tre obtus ou aveugle pour ne pas constater que ces programmes ont permis d'viter un dsastre. de plus, les pertes pour les contribuables annonces au dpart pourraient se rvler finalement tre des gains.

Dernire en date, la compagnie Chrysler annonce qu'elle a rembours l'essentiel de sa dette aux gouvernements des tats-Unis, du Canada et de l'Ontario. Elle vient de remettre 5,1G$ au gouvernement amricain tandis que 1,6G$ ont t retourns Ottawa et Toronto. Dans les deux cas, Chrysler a aussi pay des intrts sur les prts qui lui avaient t faits par les gouvernements. Aux tats-Unis, depuis deux ans, Washington a obtenu 1,5G$US de Chrysler en intrts et frais divers, dont 865M$US lors de l'opration survenue ce mardi.

Ces remboursements surviennent environ six ans avant le dlai qui avait t convenu avec les deux pays pour remettre les sommes empruntes. Chrysler a pu procder plus rapidement parce que, redevenue rentable, elle tait en mesure de trouver maintenant preneur pour ses titres de dette sur le march.

Comme Chrysler, General Motors a rembours une grande partie de sa dette Washington, sans compter que le gouvernement amricain possde encore des millions d'actions des deux gants de l'automobile. Photo d'archives Reuters

Sur les 12,5G$US que Washington s'tait engag accorder Chrysler pour assurer sa survie la fin de 2008, il reste une somme d'environ 1,9G$ recevoir. Le Trsor amricain, qui conserve une participation de 6,6% en actions ordinaires de Chrylser, ne s'attend toutefois pas rcuprer tout le solde restant. La compagnie prvoit procder ventuellement une mission publique d'actions mais le prix sera probablement insuffisant pour permettre au gouvernement de tout rcuprer.

Nanmoins, au rythme o vont les choses, les pertes nettes pour le gouvernement amricain dcoulant du programme TARP (pour Troubled Asset Relief Program) seront infiniment plus minces que ce que plusieurs craignaient l'origine.

Du ct de l'industrie automobile, l'autre gant qui avait obtenu de l'aide pour viter une faillite certaine, General Motors, a galement rembours une partie de ce qui lui avait t consenti en 2008. la suite d'une mission d'actions et du rachat d'actions privilgies, le gouvernement amricain a rcupr 23,1G$ sur les 49,5G$ qui avaient t consentis GM. Washington dtient encore plus de 500 millions d'actions de l'entreprise qui, un peu plus de 30$US pice actuellement, valent quelque 15G$US.

Du profit avec les banques

S'il reste encore de l'argent rcuprer du ct des deux constructeurs automobiles, du ct des banques, le gouvernement amricain a commenc faire des profits. En effet, selon les plus rcentes donnes du Dpartement du Trsor, le volet du TARP destin aux banques a cot 245G$. Or, la semaine dernire, le gouvernement amricain avait rcupr 252G$ sous forme de capital, dividendes, intrts et autres frais. C'est 7G$ de plus que ce qui avait t consenti. Selon le Trsor, la portion bancaire du TARP devrait produire des gains qui totaliseront ultimement 20G$.

videmment, tout n'est pas parfait. Le sauvetage de l'assureur AIG - qui avait utilise de manire dmente l'effet de levier et les produits drivs dans les annes 2000 - de mme que des prteurs hypothcaires Fannie Mae et Freddie Mac cotera plusieurs dizaines de milliards au gouvernement amricain. Malgr cela, la plus rcente analyse de la facture finale de tous ces programmes d'aide, incluant les interventions de la Rserve fdrale, laisse croire que toute l'opration se solderait par un gain terme approchant les 24G$.

Et on ne parle pas ici des centaines de milliers d'emplois qui ont t prservs, du fait que la crise financire n'a pas dbouch sur une autre Grande dpression, comme dans les annes 30. Juste dans le secteur automobile, on estime que la survie de GM et Chrysler a permis de sauver environ un million d'emplois.

En 2008, lorsque l'administration Bush avait annonc ces divers programmes de sauvetage, la droite criait dans ses chaumires qu'il fallait laisser le march se discipliner tout seul et les canards boiteux mourir. gauche, plusieurs soutenaient qu'il n'appartenait pas au peuple de venir la rescousse de Wall Street. En fait, les deux se rejoignaient aux extrmes.

Dans les deux cas, ces refus taient guids par des principes relevant de l'idologie. Par chance, le ralisme et le pragmatisme tant de l'administration Bush que de celle d'Obama ont permis d'viter que des croyances ne conduisent une catastrophe.

Commentaires (5)

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Vous devriez toujours publier les commentaires que vous recevez, mme ceux qui sont en contradiction avec votre texte avec preuve l'appui !
Jean , mai 26, 2011
D'accord avec vous jusqu' un certains point mais....
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Je suis d'accord avec vous lorsque vous prsentez la question des entreprises automobiles. En fait les gouvernements ont utiliss les techniques propres au Keynesianisme. Une idologies honnie par les nolibraux la Bush. Ceci nous a effectivement vit une dpression comme le Keynsianisme a permi de sortir de la grande dpression grce au New-Deal de Roussevelt. Cette fois-ci la faon de faire a t originale et a rappporte des fruits. Les principaux fruits ont surtout t d'empcher un chomage massif aux USA. Mais tant mieux s'il y a eu des "profits" en plus. Je souligne d'ailleurs que si mon souvenir est bon c'est sous la prsidence d'Obama que a s'est fait.

Quant au sauvetage du secteur financier c'est moins vident. OK Il semble que le gouvernement aura rcupr son argent et un peu plus mais le gouvernement n'est une entreprise. L'intervention du gouvernement US a sauv la donne des spculateurs sans doute, elle a peut-tre aid maintenir une stabilit relative du systme financier. Mais qu'en est-il des propritaires de maisons qui ont t pousss la faillite par des stratgies douteuses d'entreprise financires ? qu'en est-il des personnes qui ont investit pour leur retraite et qui ont perdu une bonne partie de leur argent dans tout cel? Leur argent s'est envol et on tarde toujours civiliser ce secteur. On aurait surement pu appliquer des techniques qui auraient protges les petits investisseurs plutt que les Goldman-Sachs de ce monde. Ceux-ci d'ailleurs se sont empresss de revenir au "business as usual" donc spculer l'aide de l'argent des petits pargnants qui n'ont d'autres vritables choix que de voir leur argent se retrouver la bourse: donc entre les mains de spculateurs qu'on toujours pas civilis.
Jacques Patenaude , mai 26, 2011
Moi aussi!
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"Mais deux ans plus tard, il faut tre obtus ou aveugle pour ne pas constater que ces programmes ont permis d'viter un dsastre. "
Peut-tre..
coute, moi aussi je prendrais un petit milliard pour investir alors que tout est son plus bas niveau, pour attendre que a remonte. Croyez moi, dans deux ans vous allez voir que ce n'tait pas une erreur!
Il faut se poser des questions sur ce fameux "capitalisme", qui est la base du "rve amricain". a s'applique seulement quand c'est leur avantage?
On parle de milliers d'employs qui auraient perdus leurs emplois.. Est-ce que le monde est au courant des conditions de travail qu'ont ces travailleurs?? Un gars qui passe le balai chez GM est mieux pay qu'un mdecin de famille au Qubec...
On parle aussi de compagnies qui dpensent des milliards de dollars chaque anne en "lobbyisme".. Pour pouvoir mieux polluer la plante avec leur gros SUV.. (ah oui, j'avais oubli la Chevrolet Volt...)
Ridicule..
Mario , mai 25, 2011
Wow
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O en est rendu le dficit des USA? Je voudrais vous rappeler que ce qui compte, c'est le bottom line, que des politiciens essaie de camoufler la vrit sous le tapis, non seulement c'est normal, c'est leur job. Si ces plans de sauvetage tait si profitable, o sont les profits? Tant qu'a faire, pourquoi pas les multiplier!
Deric Caron , mai 24, 2011
Impressionnant !
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Je n'aurais jamais cru que cela deviendrait rentable un jour pour le gouvernement amricain, Il reste que les gens continuent ne pas pouvoir se payer des maisons et les villes en arrachent parce qu'elles n'ont plus assez de rentre de taxes cause de toutes ces maisons vides.
YR , mai 24, 2011

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