Rue Frontenac - Christine Lagarde en avance pour succéder à DSK






Christine Lagarde en avance pour succéder à DSK PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Michel Van de Walle
Jeudi, 19 mai 2011 16:29

La course à la direction du Fonds monétaire international est officiellement ouverte, maintenant que Dominique Strauss-Kahn a formellement remis sa démission la nuit dernière.

Même si les pays émergents, principalement la Chine, ont élevé la voix pour réclamer que ce soit maintenant leur tour, les probabilités que ce soit quelqu'un qui ne provient pas d'Europe sont plutôt minces. Actuellement, la favorite est Christine Lagarde, la ministre des Finances de la France.

Les pays émergents ont bien sûr raison de demander que ce soit leur tour. Depuis sa création en 1944, le Fonds monétaire international a toujours été dirigé par un Européen. Car à l'époque, Américains et Européens s'étaient tacitement entendus pour se partager les rôles dans les institutions financières supra-nationales. Les États-Unis auraient le contrôle de la Banque Mondiale, créée à la même époque, tandis que les Européens auraient la direction du FMI.

Dans les circonstances actuelles, il serait étonnant que cela change.

Vétos américain et européen

D'une part, Américains et Européens ont un droit de veto implicite sur le choix de la haute direction du FMI. Pour élire son président, il faut 85% des voix des quelque 187 pays membres. Or, ces voix sont pondérées par la contribution de chaque pays au Fonds. Les États-Unis ont injecté plus de 25% des sommes accumulées au sein du FMI, ce qui leur donne un droit de veto de facto. Sans leur accord, aucune chance qu'un autre candidat soit élu.

Quant aux Européens, dans la mesure où ils font front commun, ils disposent également d'un nombre de voix largement suffisant pour également s'opposer à toute candidature qui leur déplairait.

La chancelière allemande, Angela Merkell, même si elle convient que les pays émergents peuvent prétendre qu'une certaine rotation soit de mise, estime toutefois que le moment n'est pas approprié. Actuellement, les plus gros problèmes financiers, c'est en Europe qu'on les trouve. La Grèce est sur le point de faire faillite tandis que l'Irlande et le Portugal ont eu besoin de l'aide financière des autres pays européens et du FMI pour éviter de sombrer. L'Espagne est aussi en danger.

Pas question, dans ce contexte, de laisser la direction du FMI à un non-européen. Même si l'un des candidats chinois potentiel, Zhu Min, est un conseiller spécial depuis plusieurs années de Dominique Strauss-Kahn.

Les paris sont ouverts

Dans les journaux européens et américains, la candidature de Christine Lagarde apparait la plus probable. Celle-ci, qui n'a pas la langue dans sa poche et est très compétente, pourrait aisément combler le poste laissé par Strauss-Kahn. Elle a réussi à sortir son pays, la France, de la récession et, bien sûr, est parfaitement au courant des problèmes budgétaires de ses voisins européens. Et elle est considérée comme quelqu'un qui a la poigne ferme, ce qui est une nécessité dans le contexte précaire actuel.

Il y a bien sûr d'autres candidats potentiels, comme l'ex-ministre des Finances turc, Kemal Dervis. Certains évoquent même le nom du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

Si vous voulez vous amuser, vous pouvez toujours aller sur le site de paris du britannique William Hill, signale le Globe & Mail. On y voit les noms des candidats les plus probables pour le poste de grand patron du FMI, accompagné des probabilités que les parieurs leur accordent. C'est Christine Lagarde qui arrive bonne première, suivie de Kemal Dervis.

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