Rue Frontenac - Le gros dossier de Christian Paradis






Le gros dossier de Christian Paradis PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Michel Van de Walle
Mercredi, 18 mai 2011 16:54

En échangeant sa limousine de ministre des Ressources naturelles pour celle de l’Industrie, le député conservateur québécois Christian Paradis vient du coup d’hériter d’un gros dossier : celui de l’avenir des Bourses de Toronto et de Montréal.

On le sait, le Groupe TMX, qui est propriétaire des places boursières, est actuellement convoité par deux groupes. D’abord, la Bourse de Londres a déposé une offre formelle pour en prendre le contrôle il y a quelques semaines. Puis, récemment, un consortium de fonds de pension et de banques canadiennes, Maple Acquisition, a annoncé son intention de faire une contre-offre.

Dans le premier cas, celui de l’achat par la Bourse de Londres, l’offre doit passer le test de l’« avantage net » de la Loi sur Investissement Canada, dont M. Paradis est maintenant responsable. La Bourse de Londres a présenté formellement sa demande en pleine campagne électorale. Il reste encore plusieurs étapes à franchir et il faudra maintenant savoir si elle tentera de surenchérir sur l’offre de Maple Acquisition.

Si c’est le cas, le projet suivra son cours devant Investissement Canada et ultimement, comme dans l’affaire Potash Corp., le ministre Paradis aura à trancher : la proposition de Londres est-elle oui ou non bénéfique pour l’économie et le secteur financier canadien ?

En devenant ministre de l’Industrie, Christian Paradis hérite de l’épineux dossier de l’avenir des Bourses de Toronto et de Montréal.  Photo d’archives Rue Frontenac

Mais même si Londres n’essayait pas de surclasser l’offre du consortium canadien, ce dernier devra aussi passer un test, celui du Bureau de la concurrence. L’offre de Maple Acquisition prévoit la fusion avec le Groupe TMX du Groupe Alpha et du service de compensation CDS.

« Solution canadienne »

Même si dans les milieux financiers, on voit d’un bon oeil la « solution canadienne » proposée par Maple Acquisition, plusieurs sourcillent cependant devant l’intégration de Groupe Alpha. Ce dernier, qui est un système alternatif de transactions boursières appartenant aux six grandes banques, notamment, est devenu depuis sa création en 2008 un concurrent sérieux de la Bourse de Toronto. Il lui a ravi environ 20 % du volume des transactions, en misant sur une réduction des frais. Plusieurs estiment que l’intégration d’Alpha aura pour effet de réduire considérablement la compétition au pays. En contrôlant 90 % du volume des transactions, Maple Acquisition pourrait ne pas être tellement tenté de couper dans la carte tarifaire.

Le Bureau de la concurrence aura à examiner ces aspects du projet d’acquisition de Maple qui risquent de faire problème. On verra bien quelles conclusions il tirera et s’il autorisera ou non le regroupement. Le Bureau est un organisme indépendant mais, néanmoins, il est sous la responsabilité du ministre de l’Industrie. Christian Paradis aura à répondre politiquement de ses décisions.

Un mot en terminant sur un autre député québécois. Denis Lebel monte lui aussi en grade en obtenant le poste de ministre des Transports tout en conservant la responsabilité du développement régional au Québec. C’est une bonne nouvelle car c’est à lui qu’échoit dorénavant le dossier de la reconstruction du pont Champlain. On peut espérer que la combinaison de ses deux responsabilités lui donnera les pouvoirs requis pour faire en sorte que les travaux s’amorcent avant la prochaine élection...

Commentaires (1)

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Quelles réductions?
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L'arrivée d'Alpha et autres plateformes alternatives n'a pas baissé d'un cent le coût de mes transactions boursières. Par contre, il est maintenant plus difficile de savoir quels sont les vrais chiffres de cotation pour l'offre et la demande pour un titre, chaque plateforme ayant son propre système de cotes.

Seules les banques et grosses institutions financières apprécient les plateformes alternatives. Les petits investisseurs en sont les dindons de la farce.
hardyd1 , mai 19, 2011

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