Rue Frontenac - Un rapport qui tombe pile pour le ministre Arcand






Un rapport qui tombe pile pour le ministre Arcand PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Jean-Philippe Décarie
Jeudi, 10 mars 2011 12:35
Mise à jour le Jeudi, 10 mars 2011 12:43

Plusieurs ont été étonnés de la célérité avec laquelle le ministre du Développement durable Pierre Arcand s’est empressé de rendre public le rapport du BAPE sur l’avenir de l’exploitation des gaz de schiste au Québec. Il a fallu seulement huit jours au ministre pour prendre connaissance du rapport tant attendu et de décider de le faire connaître au grand public québécois.

Tous les observateurs qui suivent le laborieux et polémique dossier du développement des gaz de schiste au Québec attendaient la publication du rapport du BAPE au plus tôt pour la fin du mois de mars.

C’est que, comme de coutume, le ministre avait 60 jours pour prendre connaissance du contenu du rapport et pour analyser la faisabilité de la longue liste de ses nombreuses recommandations avant d’en dévoiler publiquement la teneur.

Vif comme l'éclair

Normalement, dans un dossier aussi complexe et aussi controversé que peut l’être celui des gaz de schiste, on se serait attendu à ce que le ministre Arcand étire au maximum sa réflexion, qu’il multiplie ses consultations internes et qu’il participe à un stage intensif de gestion de crise auprès du cabinet de relations publiques National avant de se mouiller.

Or le ministre Arcand a été vif comme l’éclair. Il a tout absorbé en l’espace d’une semaine et il a surpris tout le monde mardi matin en annonçant qu’il déposerait le rapport du BAPE le jour même, en fin d’après-midi.

C’est en prenant connaissance des grandes conclusions du rapport du BAPE que l’on comprend tout de suite pourquoi le ministre Arcand a été si prompt à réagir.

Le rapport du BAPE ne pouvait mieux tomber pour lui et pour le gouvernement Charest. Sans imposer un moratoire, comme beaucoup d’opposants au développement du gaz de schiste le souhaitaient, le BAPE suspend pour une période d’une à deux années le forage de nouveaux puits d’exploration.

Cette trêve donnera le temps nécessaire au ministère du Développement durable pour conduire une vaste étude environnementale stratégique qui devra déterminer avec précision les risques et les impacts de l’exploitation de ce type d’énergie pour l’environnement, notamment en ce qui concerne la contamination des eaux souterraines, le principal vecteur d’inquiétude des citoyens qui vivent à proximité des gisements potentiels de gaz de schiste.

Un quasi-moratoire

Ce quasi-moratoire permet donc au ministre Arcand de sauver la face du gouvernement Charest qui s’est toujours opposé – pour des raisons qui restent obscures quant à moi – à un vrai moratoire.

C’est bien beau d’affirmer haut et fort que le Québec n’a pas les moyens de se priver du développement d’une ressource naturelle qui pourrait lui permettre d’accroître son autonomie énergétique, c’en est une autre de voir son environnement de vie habituel être transformé radicalement par l’arrivée de prospecteurs de gaz de schiste qui conduisent des forages sans trop savoir les dégâts qu’ils font autour d’eux.

Si les gaz de schiste sont aussi essentiels qu’on le prétend, c’est la moindre des choses que l’on prenne le temps de bien évaluer les risques que représente leur exploitation. On en arrivera peut-être simplement à la conclusion que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Commentaires (7)

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Enfin une VRAIE étude scientifique du la fragmentation hydrolique
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Article publié il y a quelques jours.
À LIRE
http://www.pnas.org/content/early/2011/05/02/1100682108.full.pdf
Jean-Philippe , mai 10, 2011
vidéo a regarder
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smog , mars 31, 2011
Il faut continuer à se méfier...
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Il faut continuer à se méfier et garder l'oeil sur cette industrie. Il faut même insister sur le moratoire puisque s'il y une découverte que ce sera très lucratif, ils auront une valeur rattachée à leur découverte et ça va coûter cher aux contribuables québécois d'en empêcher l'extraction!

Allez voir aussi le dernier rapport publier par le NYT sur les eaux usées de ce processus:

http://www.nytimes.com/interactive/2011/02/27/us/natural-gas-map.html?ref=drillingdown
Nathalie , mars 13, 2011
coincidence ???
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coincidence l arrivé de BOUCHARD pour vendre l exploration des gaz,,,coincidence ,,, que la premiere déclaration a la voix dur et sur de BOUCHARD,sois un résumé du rapport du bape,,coincidence,,qu il déclare sa,,avant la sortie d un rapport CONFIDENTIEL,,,et le ministre ARCAND qui nous assure que BOUCHARD a pas pris connaisance du rapport qui étais CONFIDENTIEL,,,ma confiance envers se gouvernement baisse encore plus,,,
surge , mars 11, 2011
Acceptabilité sociale mon c...!
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La gang libérale est incapable de réfléchir intelligemment. Il se passe exactement la même chose que lorsque le représentant de la compagnie gazière était dans ma cuisine en novembre dernier, on m'impose des expériences sans me demander mon avis parce qu'ils en on rien à cirer des citoyens. Des mensonges et des stratégies pour essayer de nous endormir, de la poudre aux yeux. Arcand est vite monté sur scène parce que sa gang a besoin de temps pour voir comment elle va nous magouiller cette fois-ci étant donné qu'elle nous connaît un peu mieux mais, pas encore tout à fait... Ils ont toutes les informations sur les conséquences de ces puits. Ils apprendront rien de nouveau avec leurs expériences parce que rien de nouveau n'est amené dans au plan technologique. Cessons de rêver bonyenne! Je me demande bien ce qu'il faudrait qu'on leur dise pour qu'ils comprennnent qu'à St Denis sur Richelieu (ni ailleurs),l'acceptabilité sociale veut dire NON au puits. J'ai la vive impression qu'on veut me faire avaler de force quelque chose que je vomi en même temps!
lutteuse herbacée , mars 11, 2011
Le BAPE n'empêche pas de forer
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Foutaise. Pas d'agence de relations publiques dans cette histoire? Ce n'est QUE ÇA! Car pas plus tard qu'hier on entendait à LCN que la phase d'exploration de ces foutus gaz ... est celle qui pollue le PLUS! Juste à dire "c'est de l'exploration" et tout est becqué bobo

Des culs libéraux vous lichiers tout l'été? Eh bien forez maintenant!

D'autre part il faut se demander pourquoi faire une étude sur ces forages alors qu'en 10 ans, nos voisins sont passés de catastrophe en catastrophe, avec AUCUNE VOLONTÉ POLITIQUE d'arrêter? Il y a comme une odeur de poisson pourri dans l'air

Qu'on se le dise. Nous n'avons pas besoin d'un moratoire. Le Québec a besoin d'interdire de telles pratiques, assorti de poursuites judiciaires contre ceux et celles qui les ont encouragées en vendant le sous-sol des Québécois à rabais.
http://www.facebook.com/pages/Les-cogitations-de-S-Logan
S. Logan , mars 10, 2011
...
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Le quebec peut sen passer. Cest Charest qui ne peut pas.

Jaimerais bien savoir pourquoi il en a tant de besoin alors que peraonne ne bemeficie de tout ca.

Cest comme etrange de dire ca quand les droits sont donnes trouvez pas.

Moi jai toujours ete contre on na pas le materiel pour faire ca proprement
Alexandre , mars 10, 2011

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