Rue Frontenac - Ça ne paie pas de mines






Ça ne paie pas de mines PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Jean-Philippe Décarie
Jeudi, 03 mars 2011 11:12
Mise à jour le Jeudi, 03 mars 2011 17:37

Ce n’est peut-être pas la répétition de la ruée vers l’or du Klondike de 1896, mais l’attrait et la valeur sans cesse grandissante du métal précieux et la demande toujours plus forte des produits de ressources naturelles ont, depuis dix ans, redonné vie au secteur minier partout au Québec.

Une résurrection qui tarde toutefois à rapporter quelque dividende que ce soit à nous les Québécois, qui sommes pourtant les propriétaires de ces richesses naturelles.

Les activités d’exploration et d’extraction minières sont en pleine expansion partout sur le territoire du Québec.

L’an dernier, les sociétés minières ont investi 2,5 milliards dans leurs installations québécoises. On prévoit que ces dépenses atteindront 2,9 milliards cette année.

Les travaux d’exploration en vue de découvrir de nouveaux gisements ont pour leur part généré des investissements de 483 millions, en 2010. Ces dépenses vont franchir le cap des 500 M$ en 2011.

Si c’est le secteur aurifère qui accapare plus de 50 % de tous les nouveaux investissements, les compagnies minières s’activent aussi à procéder à l’extraction de fer, de nickel ou de lithium de notre sous-sol.

Ma collègue Jessica Nadeau, qui rentre tout juste d’un reportage en Abitibi, a été sidérée de constater le nombre de projets de mines à ciel ouvert qui sont en activité ou en développement.

« C’est pas pour rien que des gens de Val-d’Or m’ont dit que la région serait bientôt équipée du plus gros 18 trous au monde », m’a-t-elle dit.

La manne minière

Les résidants de Malartic peuvent en témoigner puisqu’ils doivent apprendre à cohabiter avec la nouvelle mine d’or Osisko, qui à été creusée en plein cœur de la ville.

À Malartic, la population cohabite avec la mine. Photo Annik MH de Carufel

Cette extravagance minière n’est pas reposante pour tout le monde. La mine a dû cesser ses opérations de nuit parce qu’elle était incapable de respecter les normes relatives au bruit.

Elle menace aujourd’hui de fermer ses installations si on ne révise pas à la hausse le niveau de bruit qu’elle peut émettre durant ses opérations nocturnes.

C’est quand même 1000 travailleurs qui s’activent sur le chantier de Malartic, et qui occupent des emplois bien rémunérés. On devra trouver une façon d’accommoder Osisko pour ne pas mettre en péril la manne qu’elle génère pour la collectivité environnante.

Et c’est là le problème de l’industrie minière québécoise. Elle génère des emplois et de l’activité économique en régions qui permettent au Québec de mieux occuper son vaste territoire.

La semaine dernière, la société aurifère Goldcorp a annoncé le lancement des travaux de sa mine d’or Éléonore à la baie James, à 500 kilomètres au nord de Matagami. Plus de 1000 travailleurs vont participer à la construction de la mine et 800 autres travailleurs vont ensuite l’exploiter.

À quand les redevances ?

Il s’agit d’emplois qui sont bienvenus pour des populations qui ont beaucoup souffert de la crise forestière. Mais là s’arrêtent les contributions des sociétés minières. Tout l’argent qu’elles tirent de l’exploitation de notre sous-sol, elles le gardent pour elles-mêmes et en retournent peu ou pas du tout à nous, les propriétaires du sous-sol québécois.

Théoriquement, de 2002 à 2008, les sociétés minières devaient verser 12 % de leurs profits à Québec. Mais en vertu des nombreuses mesures fiscales dont elles peuvent profiter, elles n’ont versé que 1,5 %, en moyenne.

Québec a haussé à 16 % le taux  de redevances que les minières devront payer à partir de 2012. Mais, selon les spécialistes du secteur, elles n’auront à payer que 6 % au maximum, lorsqu’elles auront profité de tous les crédits fiscaux qui leur sont octroyés.

Jusqu’à l’an dernier, le Québec a été, durant des années, désigné – par les grosses sociétés minières – comme le meilleur endroit pour exploiter une mine dans le monde. C’est ici qu’elles pouvaient faire le plus d’argent avec notre or, notre argent ou notre cuivre. C’est Maurice Duplessis qui doit bien dormir dans sa tombe.

Commentaires (2)

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injuste
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Désolé pour vous M.Décarie, mais les impôts et taxes des sociétées minières et leurs travailleurs apportent bien plus à l'économie que bien d'autres activitées subventionnées, comme l'agiculture, la culture tous court,et autres subvention aux emplois de la finance et technologiques de certains quartier de montréal...
claude , mars 05, 2011
Vous avez mon amitié...
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... mais comment monsieur Décarie, puis-je le concrétiser. J'habite à l'extérieur de Montréal, c'est la première fois aujourd'hui que je lis votre journal, ce n'est pas par manque d'intérêt, mais plutôt à cause ma situation géographique. Je suis un sympathisant à votre cause, alors je voudrais contribuer. Je veux affirmer et assumer mon amitié pour la gang du Journal, surtout après la triste nouvelle du règlement de votre litige. Voilà, malheureusement lorsque je vais à l'onglet qui me permettrait de contribuer financièrement à votre cause. Rien ne se passe. Alors comment est-ce que je procède?

Syndicalement, Yves Gauthier
Yves Gauthier , mars 04, 2011

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