Rue Frontenac - Un redressement significatif à la Caisse de dépôt






Un redressement significatif à la Caisse de dépôt PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Jean-Philippe Décarie
Jeudi, 24 février 2011 17:46
Mise à jour le Jeudi, 24 février 2011 19:15

Le dévoilement, jeudi matin, des résultats financiers de la Caisse de dépôt a été à mes yeux un événement heureux. Rien de moins.

L'équipe de Michael Sabia a réalisé sans conteste un travail impeccable et exemplaire en enregistrant une performance globale qui la classe parmi les gestionnaires de portefeuille les plus performants au Canada en 2010.

Mais elle a surtout réussi à poser le premier jalon du long processus de restauration de la crédibilité de l'institution auprès du public québécois.

Et ça c'était le vrai défi que s'était donné Michael Sabia lorsqu'il a accepté de prendre la direction de la Caisse de dépôt en mars 2009.

Michael Sabia a réussi le sauvetage d'un paquebot en détresse. Photo Oliviier Jean

L'ex-président de BCE prenait alors le gouvernail d'un navire qui semblait filer tout droit vers le naufrage.

La Caisse venait d'enregistrer la pire performance financière de son histoire en réalisant un rendement de -25% qui creusait un trou de 40 milliards de dollars dans le bas de laine des Québécois.

La Caisse était prise jusqu'au cou dans le papier commercial, les produits financiers structurés, les prêts mezzanines..., des actifs toxiques qui risquaient de générer des pertes additionnelles.

Sa crédibilité avait pris un sérieux coup dans la communauté financière et avait été ramenée à sous-zéro auprès du grand public québécois qui n'en revenait tout simplement pas que leur institution-phare ait fait preuve de tant de laxisme avec l'argent de leur retraite.

La nomination même de Sabia avait été vertement critiquée par à peu près tous les commentateurs à l'époque.

Le Parti québécois criait à la trahison, accusant Jean Charest d'avoir procédé à une nomination partisane en confiant à un ennemi du Québec et à un gestionnaire incompétent les rênes de ce qui devrait être le moteur du développement économique québécois.

Fondations solides

En 2009, Michael Sabia n'a impressionné personne. La Caisse n'a pas été en mesure de profiter pleinement de la reprise fulgurante des marchés boursiers. L'institution a produit un rendement de 10% mais de quatre points inférieur à son indice de référence.

Il faut dire que les gestionnaires de la Caisse avaient été passablement occupés en 2009 à mettre de l'ordre dans leurs portefeuilles et à réduire leur exposition au risque.

L'an dernier, Sabia avait expliqué que ses gestionnaires avaient dû procéder à mille transactions pour réussir à sortir d'un seul produit financier synthétique. Beaucoup d'énergie de mobilisée pour peu de résultats au bout du compte.

En 2010, la Caisse et ses gestionnaires sont revenus à leur métier. Celui de professionnels de l'investissement efficaces, performants et... plus prudents.

En conférence de presse jeudi, Michael Sabia a exposé le plan de match qui a guidé la dernière année et qui a été scrupuleusement suivi : simplicité, rigueur, prudence et bien servir le client.

Un plan de match qui a permis à la Caisse de revenir dans le peloton de tête des meilleurs gestionnaires institutionnels au pays.

« On a posé des fondations solides à partir desquelles on peut rebâtir », a résumé le PDG de la Caisse.

En réduisant de 50% son exposition au risque, la Caisse a quand même réussi à bien performer.

Cette politique d'investissement devrait permettre de poursuivre le redressement significatif qui a été déjà réalisé mais devrait aussi prémunir la Caisse de se faire ramasser comme ce fut le cas en 2008 si jamais une forte correction s'abattait sur les marchés.

Ce qui a fait mal en 2008 ce n'est pas tellement que la Caisse a beaucoup perdu - tous les gros investisseurs y ont goûté - mais qu'elle perde beaucoup plus que la moyenne, soit 25% contre 18% pour ses concurrents.

À cet égard, Michael Sabia a fait son job et il l'a bien fait.

À lire aussi: Bonne performance de la Caisse de dépôt en 2010

Commentaires (3)

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Récupérer 50 milliards en deux ans, trop beau pour être vrai!
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C’est du grand art, celui de jeter de la poudre aux yeux aux citoyens crédules… Plus le mensonge est gros, plus les Québécois le crois, c’est du même ordre que les promesses de réductions d’impôts de 1 milliard de dollars par année pendant 5 ans.

On nous annonce sans rire que le déficit de plus de 40 milliards de dollars aurait été comblé…
Pour accumuler les 150 milliards de la Caisse de dépôt, il a fallu à nos pères et grands pères de 50 à 60 ans de dures labeurs alors même que les administrateurs étaient réputés parmi les meilleurs équipes de gestion au monde.

A l’arrivé de Charest dans la Caisse de dépôt, tout s’est mis à déraper, Charest à modifié les règles du jeux et impliqué des placements à très hauts risques qui ont entraînés des pertes de près du tiers de nos actifs, plus de 40 milliards de dollars.

Je suis d’avis qu’on assiste présentement à un détournement de fonds et à un appauvrissement volontaire de la population par la vente d’actifs au bénéfice des amis du privé, comme toutes les autres magouilles l’ont déjà démontrées, commandites, nominations des juges, enveloppes brunes, accommodements raisonnables, etc….

Je crois tout à fait impossible de renflouer des pertes de 50 milliards en un si court temps sans impliquer des manœuvres comptables dans un jeu de chiffres et de liquidations suspectes d’actifs.

Je ne suis pas le seul à le penser : Mme Sophie Cousineau de Cyberpresse déclare : « …Dans les cas des infrastructures et des dettes immobilières, les revirements de situation sont d'une amplitude exceptionnelle, pour ne pas dire suspecte,…. Sophie Cousineau, La presse Canadienne. »

J’invite tous les citoyens à se méfier au plus haut degré de ces gens d’une autre culture qui veulent nous imposer leur domination.

Beaucoup d’entre nous se sont fait avoir par de beaux parleurs à la Jones, Lacroix, Fairmount et autres.

Je trouve suffisamment suspect ces déclarations de bénéfices pour vous inviter à vous méfier de ces gens, peu importe le titre, qui ont, non seulement nos intérêts à cœur, mais aussi notre capital et nos actifs.

Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ce ne l’est pas.

Trop de choses nous sont cachées pour que ces déclarations soient crédibles.

Québécois, agissez, le réveil sera plus douloureux que les quelques millions de pertes des Norbourg et Compagnie.

Une récupération de 50 milliards de pertes en seulement deux ou trois ans ne peut en aucun cas être crédible sans une transparence totale des placements en cours. Ça correspond à une récupération de 34% de profit sur le capital alors que les taux d’intérêts, les rendements généraux de placements et l’économie sont au plus bas.

Je pense qu’on nous prend pour des imbéciles et il serait temps qu’on se réveille tous ensemble.

Pour la suite de ce texte, voir http://saglacweb.blogspot.com/...-etre.html

Merci d'être là.



Jean-Pierre Plourde.

Jean-Pierre Plourde , février 28, 2011
quand ça va bien, quand ça va mal
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Les gestionnaires de fonds sont tous les mêmes: quand ça va bien, c'est grâce à moi, mais quand ça va mal, c'est de la faute du marché.

Un an de bonne performance ne veut rien dire, quand il aura réussi à battre les indices pendant plus de 10 ans on s'en reparlera...
sam , février 25, 2011
Commentaire
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Je suis désolé de péter la balounne de la caisse mes j'avais des actions qui avaient plantées durant la crise et je n'ai pas bougé mes actions. Donc, avec la remonté du marché, j'ai fait 30% sans rien faire. Le marché est remonté un peu, c'est donc normal que la caisse augmente son efficacité. Les gestionnaires ne sont pas nécessairement des Dieu pour cette hausse.
Sylvain , février 24, 2011

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