Rue Frontenac - Ah ! Si j’étais nommé évêque...






Ah ! Si j’étais nommé évêque... PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Jean-Philippe Décarie
Vendredi, 25 février 2011 15:36
Mise à jour le Vendredi, 25 février 2011 15:45

L’annonce de la nomination d’un nouvel évêque à Québec a suscité cette semaine un enthousiasme débordant. Tous les commentateurs et analystes de la vie religieuse ont accueilli la nomination de Mgr Gérald Cyprien Lacroix au titre d’archevêque de Québec comme un véritable bain de jouvence pour l’Église québécoise.

Il faut dire qu’à 53 ans, Gérald Cyprien Lacroix fait office de jeunot dans la hiérarchie ecclésiastique. À titre indicatif, rappelons que le pape Benoît XVI a été investi de ses pouvoirs suprêmes à l’âge de 78 ans. Il en aura 84 prochainement.

Mgr Lacroix, qui a été choisi pour succéder au cardinal Marc Ouellet – qui a quitté le Québec pour occuper un poste-clé dans la haute hiérarchie du Vatican – est donc considéré comme un élément de renouveau, capable d’insuffler un vent de changement dans le discours de l’Église. À titre d’archevêque de Québec, il devient d’office le primat de l’Église canadienne.

Si je vous parle de Mgr Lacroix, c’est que le jour même de sa nomination, un de mes collègues de Rue Frontenac – tout juste un peu plus âgé que notre nouvel archevêque – était vert de colère parce qu’un jeune journaliste venait de lui demander, à la blague, quand est-ce qu’il allait prendre sa retraite.
À quel moment de la vie devient-on trop vieux pour occuper, de façon utile et profitable pour soi et pour les autres, une fonction ? Y a-t-il un âge où il faut absolument tirer sa révérence ?

De plus en plus vieux

À 53 ans, Mgr Lacroix est donc perçu comme un vecteur de changement et comme un individu qui incarne bien son époque en raison de son jeune âge. Il a même une belle et longue « carrière » devant lui.

On peut bien sûr relativiser. Le nouvel archevêque de Québec est jeune parce qu’il siège au cénacle des évêques, dont l’âge moyen tourne autour des 80 ans. Mais cette réalité s’observera aussi de plus en plus dans la société civile.

On le sait, pour des raisons démographiques que l’on connaît tous, le Québec souffrira au cours des trente prochaines années de graves pénuries de main-d’œuvre. Et pour faire face à ces pénuries, beaucoup de Québécois seront appelés à prolonger leur vie active de plusieurs années.

Ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose parce que beaucoup de régimes de pension ne seront pas en mesure d’absorber le départ à la retraite presque simultané de centaines de milliers de baby-boomers.

Avec l’espérance de vie qui ne fait que se prolonger, la retraite à 60 ans deviendra un luxe si on considère que le retraité a encore devant lui quelque 30 années ou plus de vie.

Il faut donc s’y faire, des jeunes de 53 ans, il y en aura encore beaucoup et on parlera même bientôt des jeunes de 60 ans. Pas besoin d’être plus fin que le pape pour voir ça venir.

Commentaires (2)

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Heureux retraité actif
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J'ai pris ma retraite forcée à 61 ans. Je l'ai fait pour prendre soin de ma femme qui est décédée six mois plus tard. Je suis retourné au travail de façon sporadique. Si c'était à refaire, je le ferais différemment.
Quand on a la santé pourquoi ne pas prendre une semi retraite? Ce qui permet une foule de choses utiles pour soi et la collectivité. Bien des choses sont à repenser et c'est aux organismes comme Espaces 50+ de s'y intéresser.
Beaucoup de préjugés doivent disparaître et c'est à nous d'y voir.
GILLES TITTLEY , mai 31, 2011
Moi Inc.
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Je suis désolé M. Décarie. Mais lorsque je déciderai de vraiment prendre ma retraite, je vais d'abord m'assurer que je possède les épargnes personnelles suffisantes pour ce faire, je ne compterai surtout pas sur les gouvernements et je ne travaillerai certainement pas jusqu'à 75 ans ! Par contre, je respecte ceux et celles qui veulent rester plus longtemps sur le marché du travail.
Dencour , février 28, 2011

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