Rue Frontenac - Quel Michael Sabia verrons-vous ?






Quel Michael Sabia verrons-vous ? PDF Imprimer Envoyer
La chronique de Jean-Philippe Décarie
Lundi, 16 mars 2009 18:05
Mise à jour le Jeudi, 23 avril 2009 20:19

La nomination-surprise de Michael Sabia comme nouveau PDG de la Caisse de dépôt a créé vendredi une véritable onde de choc dans les médias québécois, un mini-tsunami qui a continué de faire des remous tout au long du week-end. Comment l'ex-PDG déchu de BCE – celui qui a été incapable durant six ans de donner une véritable direction au conglomérat des télécommunications – a-t-il pu hériter d'un poste jugé aussi stratégique que celui de président de la Caisse, ne cesse-t-on d'entendre depuis vendredi.

 
 

Comment le conseil d'administration de la Caisse – tout aussi disfonctionnel soit-il... – a-t-il pu avaliser pareille décision?

Comment Robert Tessier, le tout nouveau président du conseil de la Caisse, en est-il arrivé à décider aussi rapidement de donner les rênes de la Caisse à Michael Sabia alors que tout le monde a en mémoire les dernières années cahotiques durant lesquelles il a présidé le destin que n'a jamais réussi à réaliser BCE.

Enfin, dernière mais persistante critique qu'on ne cesse d'entendre depuis vendredi, pourquoi avoir choisi d'accorder à un anglophone le poste d'ultime responsable de la plus prestigieuse institution financière québécoise?

Des griefs solides et valables. Sur la seule observation de l'actualité économique des dernières années, Michael Sabia n'a pas livré ce que les actionnaires de BCE espéraient le plus légitimement au monde, soit une valorisation minimale (même pas optimale...) de leur investissement dans cette entreprise. Si Michael Sabia n'a pas livré de rendement durant six ans chez BCE, il ne sera pas plus capable d'en produire à la Caisse...

Le vrai Sabia

Malgré tout, je dois toutefois avouer que j'ai été agréablement surpris lorsque j'ai entendu, vendredi midi, à la radio que Michael Sabia avait été retenu comme prochain PDG de la Caisse. Voilà enfin un gestionnaire qui malgré la fortune instantanée qu'il vient de réaliser, n'hésite pas à aller se mouiller en occupant l'un des postes du monde financier québécois et canadien les plus analysés et critiqués qui soient.

On le sait, Michael Sabia, qui avait déjà acquis une fortune personnelle respectable durant ses années à la haute direction du Canadien National, a bénéficié d'un parachute platine en quittant BCE dans le fameux processus de vente à Teachers. C'est plus de 50 millions $ qu'il a récoltés pour services rendus. Comme la majorité de ses semblables, Sabia aurait pu vivre le reste de ses jours confortablement planqué – mis à part une participation discrète à quelques conseils d'administration – à gérer sa fortune entre deux rondes de golf.

Il a plutôt choisi de servir le bien public – de redonner à la collectivité comme le disent les bien-nantis qui partent à la retraite en acceptant un poste de président d'honneur d'une collecte quelconque – en allant au front pour accepter la pire job qui existe présentement sur le marché au Canada.

Michael Sabia n'a pas «performé» comme il aurait pu et dû durant ses six ans à la tête de BCE. À sa décharge, il en a eu plein les bras durant ses premières années lorsqu'il a dû successivement réaliser une série de transactions complexes, telles que la vente de Téléglobe, de Bell Canada International, de CGI, de BCE Emergis et la réorganisation de Bell Globemedia. Pendant ce temps, ses concurrents Telus, Rogers et Vidéotron développaient activement leurs services et réalisaient leur virage-clientèle.

Enfin, il faut se souvenir du Sabia de l'époque du CN lorsque Paul Tellier et lui ont pris en main une société de la Couronne qui perdait 1 milliard $ par année pour la transformer cinq ans plus tard en société ouverte qui réalisait des profits de 500 M$ avec 43% d'effectifs en moins. Le même Sabia qui durant ses années au gouvernement fédéral a été responsable de la mise en place de la TPS, une autre «patente» qui s'est avérée drôlement payante par la suite. C'est celui qu'on souhaite voir renaître à la Caisse de dépôt.

Commentaires (3)

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Sabia, une bébédiction pour le bas de laine québécois????
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M. Décarie, ne "déraillez" parce que ce moonsieur a été bon au CN. En prenant la tête de notre bas de laine, il va venir nous "déchausser". Lisez plutôt ce que vous dit M. Bédard ci-haut
jacinthe , mars 22, 2009
Le vrai Sabia
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Vous avez de belles espérances. UN candidat qui fait un peu plus l'unanimité aurait sans doute les coudées plus franches à la Caisse. Pour moi le Sabia d'une autre époque, c'est du passé. J'ai bien aimé la comparaison du blogueur Fabien Major avec les étoiles de hockey qui acceptent leur dernier contrat en carrière...
http://www.majorblog.net/2009/...ranquille/
paul , mars 17, 2009
Vraiment ?
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Bon ! Intéressant de lire un commentaire qui jette un éclairage différent et qui brise la belle unanimité sur une cause déjà entendue par le jury populaire, les experts, les journalistes et autres observateurs.
Bon ! Il a performé au CN, et il faudrait s'en souvenir.
Bon ! Sabia a contre-performé chez BCE, mais il a de bonnes excuses, selon le nouveau blogueur.
Est moins clair le lien qu'on nous suggère d'établir entre la grande fortune de Sabia et la qualité de son choix de venir « servir le public » à la CDD plutôt que de se retirer sur ses terres pour faire fructifier son propre fric. Dont il se soucie sans doute pas mal plus que de celui des contribuables québécois, même s'il a amplement les moyens d'en perdre un peu.
Je ne vois pas en quoi ce choix est garant de quoi que ce soit, surtout quand le nouveau blogueur évoque cette prime de 50 millions à la contre-performance sans la remettre en question ne serait qu'une seconde. Et on évite de parler du processus de sélection par copinage plutôt que par examen approfondi des candidatures.
Souhaitons-nous bonne chance...
Jean-Pierre Bédard , mars 17, 2009

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