Rue Frontenac - Le milieu de la danse à la défense de Margie Gillis






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L'échangeur Frontenac
Jeudi, 09 juin 2011 13:46

Icône de la danse, Margie Gillis est devenue depuis une semaine, et à son corps défendant, la figure de proue de la « lutte pour le maintien du financement public des arts » au Canada. Dans une lettre ouverte reproduite ici, le milieu de la danse réagit à l'attaque vicieuse subie par Margie Gillis sur les ondes d'une télé canadienne il y a huit jours.

Vague d’appui au financement public des arts

Montréal, 9 juin 2011

Depuis toujours une ardente défenseure des arts et de la culture, Margie Gillis a accepté l’invitation d’une chaîne canadienne de droite à débattre en direct, et en anglais, de la pertinence du financement public des arts au Canada. La danseuse et chorégraphe savait pertinemment qu’elle n’allait pas prêcher aux convertis, mais qu’il était d’autant plus important d’aller y défendre le point de vue des artistes.

C’était le 1er juin dernier. Dès son entrée en ondes, l’animatrice a fait preuve d’une agressivité et d’une impolitesse rares. Elle s’est appliquée à bousculer, voire à insulter son invitée, tenant sur la danse des propos méprisants et crachant du même souffle son venin subjectif sur le public amateur et les artistes.

La blogosphère s’est immédiatement emparée de la chose. Les médias sociaux ont abondamment dénoncé sur tous les tons tant la manière que le propos. La Fondation de danse Margie Gillis a été submergée de messages d’appui, d’appréciation, de solidarité de partout au pays, mais également d’aussi loin que d’Islande, d’Espagne et de Tasmanie. Les journaux ont souligné la démagogie et les sophismes dont l’animatrice avait truffé sa rhétorique…

Du jour au lendemain, Margie Gillis a acquis un autre statut iconique, beaucoup plus lourd à porter que celui associé à toutes les reconnaissances artistiques qu’on lui octroie depuis le début de sa fructueuse carrière. Subitement, elle est devenue l’incarnation du bien-fondé de cette lutte pour le maintien du financement public des arts au sein d’une société harmonieuse et équilibrée, pluraliste et riche de ses différences.

Si les vagues d’estime et d’appui qui lui parviennent de toutes parts – non seulement d’artistes et d’amateurs, mais également de citoyens peu au fait de son art qui dénoncent haut et fort les arguments et les méthodes employées lors de l’entrevue – lui font très chaud au cœur, Margie Gillis veut néanmoins s’assurer de garder la tête froide.

Cette histoire galvanise l’opinion publique parce que beaucoup s’y sont reconnus, tant dans le traitement qu’elle a subi que dans la dignité dont elle a fait preuve. Margie Gillis a agi comme un catalyseur pour l’expression d’une immense partie de la population qui est désormais à ses côtés. Mais il faut rester vigilant. Cette situation ne doit en aucun cas contribuer à publiciser ce réseau et son mépris des arts et de ceux qui les aiment.

Le Regroupement québécois de la danse et la Fondation de danse Margie Gillis s’unissent pour saluer sans réserve l’immense appui public qu’a suscité cette affaire. Ils refusent cependant d’être associés de quelque façon que ce soit à la mise en marché de ce réseau, véritable outil de propagande haineuse, et choisissent par conséquent de ne pas le nommer. Il a déjà eu bien suffisamment de publicité gratuite…

Lorraine Hébert 
Michel Raymond
directrice générale directeur général
Regroupement québécois de la danse La Fondation de danse Margie Gillis

 

Commentaires (9)

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Gillis, Péladeau et le réseau du soleil...
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Gillis, Péladeau et le réseau du soleil...

Il fut un temps où Pierre-Karl Péladeau se donnait un vernis culturel d'avant-garde en assumant la présidence de la prestigieuse compagnie de danse du chorégraphe Édouard Lock, La La La Human Steps. Il y a passé une dizaine d'années, jusqu'en 2006. Cela aurait dû être suffisant pour lui permettre de comprendre à quel point la majorité des compagnies artistiques, et celles de création contemporaine encore davantage, ne pourraient pas exister au Québec sans un important financement public. Ce n'est pas dire qu'elles sont financées à 100% par des fonds publics (contrairement d'ailleurs à un certain amphithéâtre destiné à enrichir le milliardaire Péladeau), mais que ce soutien public est une base et un levier essentiels.

Des années et quelques banquiers plus tard, Pierre-Karl Péladeau est derrière Sun News Network et donc derrière Krista Erickson, celle qui menait sur ses ondes, le 1er juin, une «entrevue» controversée avec la grande artiste de la danse Margie Gillis. Celle-ci consistait essentiellement à se moquer de l'artiste et à la clouer au pilori parce qu'elle bénéficie de financement public. L'affaire fait scandale et se hisse au rang des entrevues les plus arrogantes et marquées de l'aveuglement idéologique le plus grossier de l'histoire récente de la télévision canadienne.

Il ne s'agit pas de dire, comme le prétendent certains chroniqueurs, que seules les entrevues complaisantes de promotion avec des artistes ont leur place et qu'il n'est pas possible de questionner ceux-ci sur le financement public de l'art. Il s'agit ici de dénoncer une entrevue qui n'en était pas une, qui visait essentiellement à marteler le discours propagandiste de cette droite qui prétend défendre les contribuables et la «bonne utilisation» de leur argent en laissant croire que les vrais gagnants, les meilleurs de notre société, n'en ont pas besoin. Foutaise. Comme bénéficiaire de fonds publics, le maître de l'empire Québécor n'a pas de leçon à donner à personne.

L'affaire permet ainsi de rappeler que si Pierre-Karl Péladeau avait la moindre once d'intégrité et d'intérêt réel pour l'art, il s'éléverait publiquement pour dénoncer ce traitement fait à une grande artiste et ferait cesser de telles attaques. Après tout, que ferait-il s'il s'agissait d'Édouard Lock ou de Louise Lecavalier? Ceux-ci n'auraiet peut-être pas mis les pieds dans un tel gueppier mais suivant la logique de miss Erickson, ils se comparent à Margie Gillis.

Catherine Caron


C.Caron , juin 23, 2011
La droite...
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La droite et tous les incultes qui se targuent d`en faire partie. Suis pas étonné du tout. La droite et ces ti-jos connaissant de toutes les émissions stupides de la télévision privée...La droite et Legault et Deltell au Québec.. .Harper au Canada. Pas besoin d`en dire plus.... Quotient bien bas
Normand , juin 13, 2011
et les chars
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«La culture c'est l'âme d'un peuple» a dit un sage un jour. On ne se demande pas pourquoi le gouvernement subventione des usines de chars à coup de millions? Alors qu'un tas de gens se tuent en les conduisant. Les chars c'est pas ma tasse de thé comme disait l'autre et pourant je les subventionne malgré moi.
marie-paule villeneuve , juin 13, 2011
Bravo à Margie Gillis et à ceux qui l'appuient!
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Margré cette entrevue désolante Margie Gillis explique patiemment et de manière articulée l'importance des arts et les conditions de vie souvent difficiles des artistes.
L'appui des médias et de tous ceux qui réaffirment l'importance des arts est rassurant.
Les débats et la réflexion que font naître ce triste incident sensibilisent peut-être un plus large auditoire à la richesse "humaine" des arts et de la danse.
Un mal pour un bien?
Nicole Laudouar , juin 10, 2011
Merci À Margie Gillis et à ceux qui l'appuient!
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Désolant cette attitude méprisante pour les arts, mais bravo à Margie Gillis pour son calme et ses explications patientes et articulées.
Et si tout ça amène un débat sur l'importance des arts dans notre société alors c'est peut-être un mal pour un bien...
Nicole Laudouar , juin 10, 2011
Financement volontaire. , Ce commentaire a été désigné comme non-intéressant par les internautes. [Afficher]
...
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Cette entrevue est un bel exemple typique illustrant comment une attitude belliqueuse et caustique engendre un climat de séparation et d’exclusion... J’admire l’attitude de noblesse que Madame Gillis a gardée et les propos sensibles qu'elle a tenus tout au long de cet échange qui n’en était pas un...
Marie-Claude , juin 09, 2011
Appui sans condition pour Mme Gillis
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J'ai vu l'entrevue de cette chaîne ignoble de droite et je ne peux que manifester mon appui et ma compassion pour Mme Gillis qui a répondu avec une sagesse et démontrée son professionnalisme et son savoir vivre jusqu'à la toute fin contrairement à cette "enragée de conasse" d'animatrice. C'est la 3e fois que je regarde cette chaîne et à chaque fois, les commentateurs/animateurs sont provocateurs et "baveux dans leur approche! Délirant aussi quand on sait à qui cette chaîne appartient!
Michel Boulianne , juin 09, 2011
...
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Les cotes d'écoute de Sun sont d'environ 5 000 PAR HEURE, pour les "vedettes" comme celle qui a interviewé Gillis. C'est moins encore que les informerciaux à 4am sur V.

Mais cette dénonciation contre la chaine ne peut qu'avoir des effets bénéfiques pour ses "animateurs" Le mieux serait de les ignorer.
Augustin Meaulnes , juin 09, 2011

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