Rue Frontenac - En vélo sur le duvet de la Park Loop






En vélo sur le duvet de la Park Loop PDF Imprimer Envoyer
Détente - Carnets de voyages
Écrit par Alain Bisson   
Lundi, 23 mai 2011 10:35
Mise à jour le Lundi, 23 mai 2011 17:58

MT DESERT ISLAND, MAINE – La Park Loop, dans le parc national Acadia, près de Bar Harbor, dans le Maine, est la plus belle route cyclable sur laquelle j’ai roulé dans l’est de l’Amérique. Rien de moins. C’était particulièrement le cas pendant le long week-end de la Journée nationale des patriotes, alors que l’île sortait tout juste de l’hibernation et que la horde de touristes n’avait pas encore déferlé.

Imaginez une boucle d’une cinquantaine de kilomètres, à deux voies à sens unique pour l’essentiel, où la vitesse maximale permise n’est que de 40 kilomètres/heure, qui serpente à travers une forêt côtière, suit scrupuleusement le bord de falaises surplombant l’Atlantique, contourne de petites baies désertes et culmine avec l’ascension en lacets de la plus haute montagne de la côte est des Amériques.

Ajoutez à ce portrait du bitume en duvet et vous avez la Park Loop.

La Loop est située sur la très montagneuse Mount Desert Island (MDI), une île de 280 kilomètres carrés accessible depuis la côte du Maine grâce à un court pont, à la hauteur d’Ellsworth. Il s’agit, après Long Island, de la deuxième plus grosse île de la côte est américaine.

Les Rockefeller

Bar Harbor est le plus connu des villages de MDI. C’est le centre touristique, ce qui lui confère les inconvénients et les avantages d’un tel statut. C’est là, entre autres, que vous aurez le bonheur, si nécessaire comme ce le fut pour moi, de trouver le Bar Harbor Bicycle Shop, une boutique tenue par les frères Joe et Al Minutolo, deux mécanos hors pair passionnés de vélo.

Le Mount Desert Island cycliste, c’est aussi les 70 kilomètres des Carriage Roads, un des legs de la richissime famille Rockefeller au Parc national Acadia. Une bonne partie de MDI appartenait aux Rockefeller et l’essentiel des 35 000 acres du parc a été constitué avec des terrains qu’ils ont cédés à l’État.

Inquiet de l’invasion de la voiture dans son lieu de villégiature estival préféré – un visionnaire même si sa famille a fait fortune dans le pétrole ? – John D. Rockefeller Jr. y a fait construire des chemins en poussière de roche seulement accessibles à l’époque aux calèches et aux chevaux. Le réseau, toujours interdit aux véhicules, fait maintenant la joie des cyclistes et des marcheurs.

Sur la Park Loop, il faut rouler piano pour jouir pleinement du spectacle des vagues qui se fracassent sur les rochers. Photo Rue Frontenac

Les Carriage Roads quadrillent la section centrale du parc national et ont été conçus afin d’offrir un éventail des caractéristiques naturelles de MDI, notamment avec des incursions en bord de mer ou en bordure de petits lacs intérieurs.

Pour les mordus de la route, la Park Loop reste toutefois le plat de résistance de MDI. Le circuit modérément escarpé part du Visitor Center de Hulls Cove. La route suit d’abord le flanc d’une colline et offre de magnifiques points de vue sur la baie de Bar Harbor. On entre dans le vif du sujet quelques kilomètres plus loin avec le début des deux voies à sens unique. La Loop plonge au milieu d’une forêt, puis longe à l’ouest des palissades prisées des adeptes d’escalade. Le nom du site dit tout : Precipice.

On passe ensuite à la guérite du parc – on peut y payer son droit d’accès ou l’avoir fait à Hulls Cove – puis on arrive au bord de la mer à la hauteur de la magnifique Sand Beach. La diminutive plage est encastrée entre les falaises et la température de l’eau y dépasse rarement un frigorifique 13 degrés, même au plus chaud de l’été. Brrrr !

Le clou du spectacle

Les quelques kilomètres suivants, en passant par Otter Point, Otter Cove et Little Hunters Beach, proposent les points de vue atlantiques les plus saisissants. La route suit avec dévotion le bord de la mer en sautant de falaise en falaise. Roulez piano pour jouir pleinement du spectacle des vagues qui se fracassent sur les rochers.

Après coup, la route reprend vers le nord, avec une section en devers et en montée douce où le Jordan Pond et le Eagle Lake, en bas à gauche, sont vos compagnons de route.

Vous n’êtes alors qu’à quelques encablures de devoir prendre une décision : retourner vers votre point de départ ou prendre à droite la montée de cinq kilomètres vers le sommet du mont Cadillac, là où le soleil émergeant à l’est frappe en premier les États-Unis, les matins sans nuages.

C’est son altitude – 465 mètres –, sa proximité de la côte et sa longitude orientale qui donnent cet infime privilège au mont Cadillac.

La montée n’est ni très longue ni très difficile, mais il faut tout de même aimer grimper. Ou alors avoir vraiment envie d’admirer l’incomparable panorama au sommet. Par temps clair, on peut admirer le chapelet d’îles qui percent l’océan à cet endroit de la côte, et même un petit bout de la Nouvelle-Écosse à l’est, ou le sommet du Maine, le mont Katahdin, au nord, qui sont tous deux à plus de 160 kilomètres.

Au cœur de l’été, la circulation automobile peut être assez dense sur le chemin d’accès du mont Cadillac, il faut donc redoubler de prudence dans la descente. Considérant qu’un vélo est beaucoup plus agile qu’une voiture dans les virages serrés, c’est difficile de se retenir…

Le MDI offre également plusieurs autres itinéraires cyclistes intéressants, dont la Sargent Drive et la route 3 jusqu’à Seal Harbor, d’où on peut accéder à la Park Loop par l’entrée Stanley Brook.

Le tour de la Quiet side de l’île, du côté de Somesville, Pretty Marsh, Seal Cove, Tremont, Bass Harbor et Southwest Harbor, est aussi très agréable.

Attention cependant à la chaussée, qui n'est pas d'une qualité égale partout et notez que certaines routes n'ont pas d'accotement.



 

Aussi sur Rue Frontenac - Nouvelles