Rue Frontenac - L’Oktoberfest célèbre ses 200 ans à Munich






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Détente - Carnets de voyages
Écrit par Jean-Paul Sylvain   
Lundi, 18 octobre 2010 11:23
Mise à jour le Lundi, 18 octobre 2010 23:30

MUNICH -  L’Oktoberfest, qui s’écrit avec un K en Allemagne, s’autoproclame avec raison le plus grand festival de la bière du monde. Et le plus drôle, le plus flyé. Et cette année, l’événement célèbrait son 200e anniversaire, ayant vu le jour un 17 octobre 1810, à l’occasion du mariage du prince Ludwig à Therese, princesse du royaume de Saxe. Une raison de plus pour fêter!

Mais les temps ont changé. Le festival a plutôt lieu en septembre, afin de profiter du beau temps et des centaines de cafés-terrasses où les gens se prélassent. Après 16 jours de festivités, il se clôt lors du premier super week-end d’octobre, dans le grand champ de foire, la Theresienwiese, ou champ de Thérèse, que les Allemands nomment aussi die Wiese, ou en bavarois, die Wiesn, ce qui signifie «la pelouse».

En réalité, il s’agit d’une immense place où s’entassent et s’entremêlent plus de 6,3 millions de personnes durant les festivités, un record d’affluence cette année qui dépasse de près d’un demi-million celle de l’année dernière.

C’est complètement fou! Des décors à la Cecil B. DeMille: des armoiries de toutes les couleurs, des ballons gigantesques, parfois de plus d’une centaine de pieds de hauteur.

Vous vous souvenez du Vieux Munich, à Montréal. Il y en a des dizaines à Munich même, tous plus pétaradants les uns que les autres, tous plus gros, plus décorés, plus lumineux, remplis de jeunes et de moins jeunes venus des pays environnants, et même d’Asie et d’Amérique, pour participer à cette gigantesque foire.

L'Oktoberfest a enregistré un record d'affluence, cette année.  Photo d'archives

Jamais je n’ai vu autant de gens chanter, s’égosiller, autant de jolies demoiselles et de dames arborant le costume national bavarois, la taille serrée dans un corsage digne du XIXe siècle, les seins à demi découverts, à en crever les yeux de n’importe quel loustic qui en croise des milliers, des petits, des moyens, des gros.

Les gens chantent, dansent, trinquent avec tous ceux qui les entourent et qu’ils n’ont souvent jamais vus de leur vie.

Les festivaliers arrivent par grappes, et les bocks (chopes) de Munich se choquent et s’entrecroisent. Chaque chope de bière contient un litre, et plusieurs festivaliers ne se gênent pas pour en vider deux ou trois de suite. Les filles aussi. Santé! Chin chin! Praise! Ein prosit!

Viva Italia!

On m’a expliqué que le groupe le plus nombreux, ce sont les Italiens. Ils accourent à chaque année après à peine deux heures de route. Et Dieu et le diable savent bien que deux heures de route, à 140 à l’heure, ça représente à peine 90 minutes de la frontière! Et on leur rend hommage un peu partout dans des boîtes.

– Pourquoi tant d’Italiens?

– Ils aiment la fête et la bière! Comme nous!

À 16 ans, les Allemands ont le droit de boire de l’eau... ou de la bière. Mais pas le droit de conduire une voiture avant d’atteindre 18 ans. Bizarre!

Il y a des dizaines de boutiques de souvenirs, des étals de toutes sortes, des souvenirs mangeables (!) en forme de coeur, des poupées de tout genre. Munich est un grand carrefour international.

Et pour l’Oktoberfest, ils viennent de partout. Tous ces petits commerces disparaissent au lendemain de la foire pour mieux revenir l’année suivante. Il y a aussi la grande roue, les manèges qui nous rappellent plus le parc Belmont que La Ronde. Et dans certains établissements, comme au célèbre Zum Stiftl, qui nous recevait, il faut réserver sa place un an d’avance tellement l’endroit est couru.

Les gens dansent – même sur les tables de bois –, sautillent, lèvent leur verre. Pourtant, malgré les foules, les centaines de milliers de fêtards, on n’a déploré que 65 incidents en tout. De la p’tite bière! Le super gros village qu’est Munich compte 1 190 000 habitants.

D’ailleurs, il y a peu de villes de deux millions d’habitants en Allemagne. Hormis Berlin, qui en compte 3 395 000. Surprenant!

«L’Allemagne est une cascade de gros villages», me glisse Martin. Et Munich, une métropole d’un million et plus d’habitants.

On y tourne

Munich est aussi le royaume de la bicyclette. Il y a en a des milliers qui circulent partout: dans les superbes parcs, sur les larges trottoirs.

Les cinéastes y tournent souvent. Les grandes stars aussi.

Orson Welles y a tourné, tout comme Alfred Hitchcock et Billy Wilder.

Également Gina Lollobrigida, grande photographe à ses heures (Mia Italia), Liz Taylor et la regrettée Romy Schneider (Sissi). Une visite au Bavaria Film Studios vous convaincra.

München 2018

Vous avez deviné, il s’agit de Munich 2018.

Si ses habitants se remémorent, la gorge serrée, les tristes événements de la prise d’otages lors des Jeux olympiques d’été, en 1972, la ville veut maintenant devenir la première au monde à accueillir à la fois les Jeux d’été et les Jeux d’hiver.

«En tout cas, l’hiver, il y a plus de neige ici qu’à Vancouver», affirme un observateur.

Il suffit de gravir la tour BMW pour voir l’ancien village olympique à ses pieds. Les établissements existent encore. Le village aussi.

La Dream City s’étale sous nos yeux. Au fond, 70 kilomètres plus loin, se profilent de montagnes.

– Lesquelles?

– Les Alpes, voyons!

Quelle architecture! Tout est pensé, en relief. Il y a eu la période rococo, puis la Renaissance, puis la période moderne. Et bien d’autres qui les ont précédées. Et des châteaux et des palaces, et des parcs envoûtants et des grands boulevards. Vraiment une belle ville. De sorte que Müchen, Munich si vous préférez, veut se porter candidate pour les Jeux d’hiver de 2018.

Son dossier est impressionnant, mais la lutte sera corsée. Les continents autres que l’Europe et l’Amérique ont la cote. La municipalité française d’Annecy est dans la course, tout comme la ville sud-coréenne Pyeongchang. La décision sera prise le 6 juillet 2011 à Durban, en Afrique du Sud.

Munich se dit confiante, mais elle sait que l’Asie a présentement la cote. Mais si on veut diminuer les coûts astronomiques des Jeux olympiques, elle compte déjà sur des installations de premier plan.

 

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