Rue Frontenac - La Crète, un petit côté rebelle bien typique






La Crète, un petit côté rebelle bien typique PDF Imprimer Envoyer
Détente - Carnets de voyages
Écrit par Jean-Maurice Duddin   
Samedi, 24 juillet 2010 15:39
Mise à jour le Samedi, 24 juillet 2010 19:36

ELAFONISI, Grèce – De la terrasse, on sent le vent chaud de la Libye souffler sur la côte. Le versant sud de l’île grecque de Crète est adossé aux montagnes, imbriqué de longues vallées, soufflé par le vent du Sud qui vient d’Afrique, de l’autre côté de la mer libyenne, à 350 kilomètres de là.

L’été, il peut faire jusqu’à 50 degrés Celcius au bord de la mer, du côté sud de la Crète, la plus grande des 9000 îles de l’archipel hellénique.

Contrairement à plusieurs îles grecques, la Crète ne dépend pas que du tourisme pour fonctionner, ce qui lui ajoute un intérêt supplémentaire. On y sent d’ailleurs le côté un peu rebelle des Grecs. Ils y sont plus indépendants. Ils y sont très fiers d’être de la Crète. Le sentiment d’appartenance à leur île est évident. Et fort.

«Ici, tout le monde à un fusil à la maison», relève Yannis, un gaillard encore droit comme un chêne, à 62 ans, comme pour montrer que les Crétois sont à part. La possession d’armes à feu est en effet interdite par la Loi en Grèce.

«Regardez tous les panneaux routiers, ils servent de cible», précise-t-il, pour prouver ses dires. Il n’y a pas que les panneaux routiers qui reçoivent des balles. Ce petit côté rebelle des Crétois, on le remarque un peu partout. Même sur les caméras radars sur les routes. Elles ont été installées il y a deux ans en Crête. Elles n’étaient pas les bienvenues. Les Crétois l’ont démontré. Si elles n’ont pas été tout simplement rendues inopérantes par des projectiles, elles ont été «réalignées» vers la mer, les avions, la forêt, plutôt que la route. Ça fait partie de leur personnalité, de leur côté un peu rebelle.

Ça explique aussi pourquoi la Grèce présente le plus haut taux de mortalité sur la route d’Europe. Encore là, les Grecs ne se formalisent pas, ou peu, des interdits. Le port du casque est obligatoire à moto. Pourtant, que ce soit dans les rues d’Athènes, sur l’autoroute, sur les routes en lacets, nombreux sont les motocyclistes les cheveux au vent!

Du côté sud de la Crète, il peut faire très chaud sur le bord de la mer en été. Photo RueFrontenac

«Certains jours, les policiers arrêtent tout le monde et distribuent les contraventions. Le lendemain? Ils ne font rien!» déplore aujourd’hui Yannis. Il a perdu un fils dans un accident de la route il y a deux ans.

« Les jeunes n’apprennent pas. Et pourtant, les amendes sont salées. Ça ne change rien. Allez au palais de justice, vous allez les voir. Les jeunes attendent à la queue leu leu. Ils seront condamnés à de lourdes amendes, mais continueront à rouler sans casque.» Ce côté rebelle fait partie de la personnalité des Grecs, de leur côté intrépide. Ça les rend aussi philosophes face à l’adversité. Et résilients.

Concernant la crise financière qui étouffe le pays, Nelly, la soixantaine bien avancée, dira qu’il faudra bien changer les choses. «Mais en Grèce, on a les salaires moyens les plus bas d’Europe, les taxes les moins hautes, et la plus grosse dette. C’est l’avenir de nos jeunes qui est en péril.»

Temps de vivre

Cette prise de conscience n’altère en rien le sérieux des Crétois quand vient le temps de prendre le temps de vivre. Ici, difficile de refuser l’hospitalité d’un petit boire. Et on aime bien manger. C’est comme si la vie insulaire protégeait du rythme effréné du continent.

Dans la ville d’Heraklion, en Crète, les dédales des rues commerçantes, avec des fontaines anciennes, regorgent de vie, de jour comme de soir. Au centre des places publiques entourées de bons restaurants, de terrasses, de casse-croûte et de boutiques fourmille une vie agréable.

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Même chose à Rythmeno, encore plus typique parce que moins peuplé. Les dédales des ruelles piétonnières étroites sont encore envahis, vers 22 heures. Les résidents, autant que les touristes, se dirigent en flânant à travers les rues animées vers leur restaurant préféré. Vous ferez des découvertes qui valent le détour. La bouffe est excellente. On est loin des restaurants grecs des grandes chaînes. On se rapproche plus de la cuisine de Milos, le fameux restaurant grec de l’avenue du Parc. Et les prix, en Crète, sont fort raisonnables. Et pas besoin de se presser à table. Pour les Grecs, à midi comme le soir, on prend son temps.

Et quand on est en vacances en Grèce, et dans les îles grecques, prendre son temps, c’est ce qu’on veut faire tout le temps.

Comme l’île est grande, on peut prévoir un séjour d’une semaine en Crète. Même plus. Y louer une auto est un atout. Par la route, on pourra longer la mer, filer à travers les terres dans les montagnes arides pour se faire surprendre par des moutons ou encore par une vue spectaculaire sur la mer.

• RueFrontenac.com a réalisé ce voyage à l’invitation de Vacances Transat.

Commentaires (2)

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Paradis de la moto
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J'y suis allé il y a plusieurs années, mais côté nord. J'y suis arrivé par bateau, depuis le Pirée, jusqu'à Iraklion. De là, j'avais pris l'autocar, traversant des montagnes aux pics vertigineux. À chaque virage en lacet, le conducteur faisait des signes de croix. On m'a expliqué ensuite qu'il arrivait souvent que les véhicules qui tombaient dans les précipices étaient laissés là. Trop inaccessibles pour les ramener sur la route. Rendu à Aghios Nicolaos, plages magnifiques. J'ai loué une moto et c'est, je vous jure, le paradis pour circuler sur deux roues. Attention toutefois aux nombreux camions qui filent à bonne vitesse. Il fait si chaud en août et au début de septembre que vous devrez vous arrêter sur le bord de la mer pour une saucette apaisante. Il y a aussi le long de la route des sites de fouilles archéologiques laissés à l'abandon depuis l'interruption des recherches au début des années 1900, par exemple Gournia. Des moutons, ânons et autres y paissent tranquillement. J'ai trouvé les Crétois très chaleureux. Ils vous offriront volontiers ouzo, bira ou du psomi (morceaux de pain) en guise de bienvenue. La Crète? J'y retournerais demain matin! Allez-y!
René-Pierre Beaudry , août 01, 2010
coté sud
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J'ai voyagé le long du littoral sud et ce fut pour moit un dépaysement total - c'est pas un Disneyland! Malgré qu'ils sont tous armés (je ne le savais pas!), ce sont des gens très accueillants. Faut le faire en moto, on voit beaucoup plus qu'en auto.
Louis Bertrand , juillet 25, 2010

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