Rue Frontenac - Des vins qui racontent les terroirs du Niagara






Des vins qui racontent les terroirs du Niagara PDF Imprimer Envoyer
Détente - La bande des vins
Samedi, 25 juin 2011 09:21
Mise à jour le Samedi, 25 juin 2011 10:34

VINELAND – Je vous ai récemment parlé des vins de Niagara, et d’un week-end complètement déjanté auquel j’ai eu la chance de participer en compagnie d’une quarantaine de bloggeurs passionnés de vin pour découvrir ces vins de chez nous, le Taste Camp.

Cette première partie du reportage était consacrée à la première des deux régions viticoles de la péninsule de Niagara, soit les environs du village de Niagara-on-the-Lake (NOTL), sur la pointe entourée par le lac Ontario et la mythique rivière.

L’autre région, dont je vous parle dans ce deuxième tome, c’est celle que les locaux appellent le Bench.

Il s’agit d’une pente pas très haute, faisant face au nord, longeant le lac Ontario entre les villes de Sainte-Catharines et Hamilton.

Une bonne partie des domaines ont planté leurs vignes sur cette pente bien drainée, aux types de sols très variable, qui traverse notamment les villages de Beamsville, Jordan et Vineland. Les cépages y réussissant le mieux selon moi sont ceux de régions fraîches : chardonnay, riesling, pinot noir, cabernet franc. Quoiqu’on y trouve de belles surprises au-delà de ces quatre vedettes.

Si quelques domaines de NOTL m’ont séduit, j’ai eu en général une nette préférence pour les vins du Bench, plus fins, plus frais, aux saveurs plus pures. Comme si ces vins nous racontaient plus que les autres le terroir d’où ils proviennent.

Coups de cœur

Attachez donc vos tuques, c’est une déferlante de coups de cœur qui suit. Évidemment, ces vins ne sont hélas pas tous disponibles chez nous et je crois que le meilleur moyen d’apprécier les vins de Niagara, c’est d’aller y passer un week end. Mais je préciserai ceux qui sont trouvables au Québec.

Autre suggestion, le restaurant DNA dans le Vieux-Montréal offre une superbe sélection de vins canadiens, dont plusieurs de ceux dont je parle ici et qui ne sont pas faciles à trouver.

Les vins du domaine Vineland dorment dans ces barriques. Photo Rue Frontenac

Thirty Bench Wine Makers

Les trois cuvées de riesling que j’ai dégustées se démarquent des nombreux vins issus de ce cépage bus au Taste Camp. Le Triangle 2009, son nez pétrolé, sa matière croquante de pomme verte, son acidité, et pourtant, un petit côté doucereux.

Le Steel Post 2009 affiche une intense minéralité, un goût de rhubarbe. Le Wood Post 2009 est, comme le premier, pétrolé au nez, mais en bouche, voit s’ajouter au croquant de la pomme un petit côté épicé vivifiant.

De superbes vins, bons maintenant mais dont l’acidité mordante laisse présager un grand potentiel de garde. À 30$ la bouteille, chaque gorgée vaut chaque dollar dépensé.

J’ai aussi eu la chance de me taper une verticale de cabernet franc, 2005 à 2008, de la même maison. Tous superbes, peu empreints de ce goût de poivron vert très prononcé qui m’agace parfois en ce cépage surtout présent en Loire. Du fruit noir, une belle rondeur, des épices, un degré de fraîcheur variant selon les années. 2007 est mon favori.

Clos Jordanne

L’ambitieux projet du géant Vincor de créer en Ontario un domaine produisant des vins haut de gamme de chardonnay et pinot noir, cultivés et vinifiés selon la tradition bourguignonne, résulte en des vins parmi les plus élégants produits – en agriculture biologique – au Canada.Même si les blancs sont à mon avis – contestable selon vos goûts évidemment – trop boisés.

Le Montréalais Thomas Bachelder a cédé les rennes de la propriété de Jordan au jeune Français Sébastien Jacquey pour se consacrer à un autre projet.

Les pinots de la maison sont toujours irréprochables. Le 2007, année solaire, de la parcelle Talon Ridge, affiche un agréable nez de petits fruits rouges et de sous-bois. La bouche est élégante, puissante, épicée.

Le Claystone Terrace 2008 est plus croquant, plus frais, sur les petits fruits des champs acidulés. Plusieurs vins du Clos Jordanne sont à l’occasion disponibles en SAQ.

Tawse Winery

Une des visites les plus intéressantes du Taste Camp fut celle de cet imposant domaine dont les installations ont sûrement été érigées à grands frais. Le chais, par exemple, est bâti en forme d’escalier afin que le vin, entre chaque étape de sa production soit transféré d’une cuve à l’autre ou vers les barriques par gravité, sans utilisation de quelque système de pompage que ce soit.

Le proprio, Paul Pender, nous a entraînés dans une marche à travers les vignes pour nous entretenir des bienfaits de l’agriculture biodynamique. Certaines de ses cuvées en possèdent maintenant la certification.

Question de nous faire comprendre la variété des sols de son domaine, il nous a ensuite fait déguster à l’aveugle ses deux meilleures cuvées de chardonnay 2010, Robyn’s Block et Quarry Road. Le premier est marqué par des parfums d’ananas confit, de noix de coco et de beurre, à la matière onctueuse et ample. L’autre, plus minéral, épicé, aux saveurs de noisettes.

Presque tous les vins de Tawse sont irréprochables. Les meilleurs chardonnay goûtés à mon avis, de grands pinots et, à des niveaux plus abordables, des riesling et gewurztraminer très équilibrés, sans lourdeur causée par les sucres résiduels.

Quelques produits disponibles ici. Mes coups de cœur du lot, chardonnay Robyn’s Block 2008 et pinot noir 2007 pour la cave. Et le riesling 2002 pour tous les jours.

Paul Pender nous a entraînés dans une marche à travers les vignes. Photo Rue Frontenac