Rue Frontenac - Les vins de Niagara tiennent leurs promesses






Les vins de Niagara tiennent leurs promesses PDF Imprimer Envoyer
Détente - La bande des vins
Samedi, 04 juin 2011 09:02
Mise à jour le Samedi, 04 juin 2011 10:01

J’ai récemment eu la chance de passer trois journées à rencontrer des dizaines de vignerons et déguster au moins 250 vins de la magnifique région viticole de Niagara en compagnie d’une bande de fous furieux du vin qui, comme la Bande des vins, sévissent sur le Web.

L’événement a pour nom le Taste Camp North et regroupait une quarantaine de bloggeurs et chroniqueurs vins d’un peu partout dans l’Est de l’Amérique du Nord : Halifax, Québec, Ottawa, Toronto, Boston, New York, Indianapolis… Même Denver, au Colorado !

C’était la troisième édition du Taste Camp, une tradition initiée par Lenn Thompson du New York Cork Report, qui souhaitait convier des « wine geeks » de la côte Est à venir découvrir sa région viticole, Long Island.

Devant le succès de l’événement, on a récidivé l’année suivante avec la découverte de la région des Finger Lakes, à l’ouest de l’état de New York. C’est là que quelques confrères ontariens et l’ami Rémy Charest, de Québec, ont fait remarquer aux américains que de la vigne poussait aussi au nord.

Passage au nord

Ainsi naquit l’idée de passer au nord pour la troisième édition. Même si la dernière journée fut consacrée aux vins de Niagara du… côté américain de la rivière!

Si plusieurs américains ont été abasourdis de découvrir au Canada des vins d’une grande élégance, je suis convaincu que la plupart des Québécois le seraient tout autant. Avouons-le, nous ne connaissons chez nous rien aux vins d’Ontario, certains que nous sommes que notre grand pays de glace est bien trop froid pour produire de bons vins.

Et c’est une erreur.

Certains confrères ont conclu leur séjour en disant que la région était prometteuse. J’irais plus loin en disant que bien des promesses ont déjà été tenues.

On est évidemment loi des familles de vignerons depuis 15 générations que l’on rencontre souvent en Europe. Mais on trouve maintenant à Niagara des parcelles de vignes âgées de plus de 30 ans. Certains vignerons poussent l’audace jusqu’à inscrire la mention « vieilles vignes » sur leurs bouteilles.

Paul Bosc Jr, du Château de Charmes, nous a fait le portrait de la région. Photos Rue Frontenac

Tout est possible

Malgré son début de maturité, la région est encore marquée par cette folle effervescence d’une jeunesse refusant de se conformer à des règles trop strictes.

Par exemple, en France, quand on pense à la bourgogne, on parle de pinot noir et de chardonnay. À Bordeaux, de cabernet sauvignon ou franc et merlot.

À Niagara, tout est possible. J’y ai dégusté des viognier, riesling, gewurztraminer, auxerrois, sauvignon blanc, vidal, savagnin, pinot noir, cabernet sauvignon et franc, merlot, malbec, syrah, gamay, petit verdot. Ouf! Et j’en oublie…

Mais si vous voulez mon avis, les cépages les plus réussis sont le chardonnay et riesling en blanc, et pinot noir et cabernet franc en rouge. Quoique trop rares, j’y ai aussi dégusté quelques syrah de très bon augure.

Pureté et élégance

Outre les dizaines de discussions animées avec les vignerons et les fous de vin participant à cette aventure déjantée, ce qui m’a le plus agréablement surpris de Niagara, c’est cette signature des vins du coin, qui n’est pas celle à laquelle on s’attend tous des vins du Nouveau monde.

Beaucoup de vins empreints d’une grande pureté, de finesse et d’élégance. Peu de surextraction, de bombes d’alcool confiturées et trop boisées.

Bien sur, j’y ai bu des vins quelconques qui m’ont laissé de marbre. Mais en général, du très beau travail de nos voisins ontariens.

Et beaucoup de beaux vins hélas difficiles à trouver au Québec. La SAQ les mets peu en valeur, et il faut se rabattre sur les importateurs privés pour les dégoter. Mais le mieux selon moi, c’est de partir un week-end à Niagara. Jetez un coup d’œil aux chutes, oubliez la ville, sorte de Las Vegas pour les pauvres, et attaquez l’arrière-pays, ses vignes et le lac Ontario, bien plus jolis!

Je vous parlerai ici de mes coups de cœur d’une des deux principales régions viticoles de la péninsule, soit Niagara-on-the-Lake (NOTL), qui comprend quatre sous-appellation, St.David’s bench, Four Mile Creek, Niagara Lakeshore et Niagara River.

Je vous offrirai bientôt le tome deux de cette virée, qui aura pour thème l’autre région viticole de la péninsule, le Bench, ainsi que les vins du côté américain de la rivière.

Photo Rue Frontenac