Rue Frontenac - Les Héritiers — Déménagement salutaire






Les Héritiers — Déménagement salutaire PDF Imprimer Envoyer
Détente - Plaisirs de la table
Jeudi, 10 mars 2011 14:50

Un boulimique de la restauration, Marc-André Paradis ? Il assure que non, mais il en sera à son huitième resto en dix ans, d’ici à quelques semaines, cette fois dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

« Pourquoi un nouveau resto ? Parce que j’y crois et que j’adore mon métier », répond-il simplement.
Nous avons rencontré Marc-André dans le septième établissement de son cheptel. Tous sont encore en activité. C’est là, au restaurant Les Héritiers, qu’un aréopage de joyeux drilles de Rue Frontenac s’est réuni autour de la table-bar, après la fermeture de l’édition de la semaine dernière de notre hebdomadaire papier.

L’idée de faire de notre visite impromptue la prochaine chronique Trotte-menus s’est imposée d’elle-même.

Les Héritiers a pignon sur rue avenue du Mont-Royal depuis octobre dernier. Le proprio du local précédent, rue de Lanaudière, a refusé de renouveler le bail et a donné trois mois à M. Paradis et ses associés, Olivier Soucy et Frédéric Leblond, pour vider les lieux. « C’était la panique », raconte le restaurateur.

Mais l’angoisse fut de courte durée puisqu’il a dégoté le local actuel au bout de deux jours, à l’angle de la rue Chabot, en face du Parc des Compagnons de Saint-Laurent. « J’aurais pu décider de fermer, mais tous les employés du resto auraient perdu leur job. Je ne voulais pas ça », a soutenu M. Paradis.

Marc-André Paradis, attablé au bar de son restaurant Les Héritiers. Photo Alain Décarie

Entre vous et moi, le lock-outé-journaliste du Journal de Montréal que je suis a pris ce commentaire du restaurateur comme une petite douceur…

Les Héritiers est le fruit de l’habile rénovation d’un local qui abritait auparavant un bric-à-brac de bébelles chinoises. La façade et une bonne portion du mur oriental sont toutes de larges fenêtres habillées, ce qui donne de jour une lumière époustouflante, particulièrement le lendemain d’une blanche tempête de neige.

L’intérieur est à la fois dépouillé et chaleureux. Le jeu de la mosaïque de grands miroirs superposés est inspiré et les appliques de métal embossées du plafond – que Marc-André a découvertes en s’attaquant au faux-plafond à la hache – font bel effet.

Bon, je passe tout de suite côté bouffe avant de me faire reprocher une nouvelle fois par le chef de pupitre Patrick Gauthier de m’attarder trop longuement au contenant et pas assez au contenu.
Ah pis tiens, il était là, lui, et il a répondu à mon courriel de requête pour des commentaires. Alors vas-y, mon Pat :

Belle entrée en matière

« J’ai adoré le décor, l’idée du bar face-à-face (mais pas la machine à espresso au bout). J’ai aimé l’amabilité du service, même s’ils étaient manifestement débordés. Côté bouffe : le potage d’aubergine, wow ! Une surprise. Belle texture, bon goût, belle entrée en matière. Ensuite, gravlax (saumon) semi-cuit. Trop salé, d’abord. Puis, pourquoi saisir un gravlax ?  Ça n’ajoute rien et enlève la texture.

C’est comme faire cuire un saumon fumé. Repas principal : terre et mer. Échine de porc et crevettes, servies façon indonésienne. Bon plat, belle variation d’un classique.
« En bref, en cherchant à sortir des sentiers battus, on va parfois trop loin (le gravlax), parfois  on vise dans le mille (le terre et mer). J’ai dit. »

C’est bien amené, n’est-ce pas ? Je ne peux pas commenter davantage le menu parce que j’ai mangé la même chose que Pat, sauf pour l’entrée, une cassolette d’escargots avec champignons, Sir Laurier et croûton grillé. Succulent.

Le vin ? Vous êtes le sommelier en chef puisque Les Héritiers est un « apportez votre élixir ». Si la cave ne vous convient pas, vous saurez à qui vous en prendre…

Selon Marc-André Paradis, le déménagement des Héritiers n’a eu que du bon. Les affaires roulent bien, très bien même, dit-il, notamment grâce à l’incessante migration des piétons sur l’avenue du Mont-Royal.

Le fait d’avoir doublé le nombre de places – 60 plutôt que 32 – ne nuit pas non plus.
À essayer, et très certainement pour y revenir, si vous voulez mon avis.

Grande foire aux vins de Québec

Avis aux amateurs de vins de la capitale nationale, et à ceux d’ailleurs qui ont envie d’un séjour viticole à Québec, vous aurez un week-end chargé !

Afin que l’un ne porte pas ombrage à l’autre, le Salon international des vins et spiritueux de Québec a lieu tous les deux ans, en alternance avec celui de Montréal. Il se tient du 11 au 13 mars, au Centre des congrès de Québec.

Et l’événement a presque autant d’ambition que celui de la métropole avec ses 75 exposants, 125 vignerons invités et 1500 produits à déguster.

Une belle occasion, certes, de goûter à des tonnes de produits vendus en SAQ, mais aussi et surtout de sortir des sentiers battus et de découvrir ce que l’on n’aurait pas tendance, de prime à bord, à s’offrir, en importation privée par exemple.

Pour tous les détails, vous pouvez consulter le site Web de l’événement.

Commentaires (1)

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L'ancien propriétaire des Héritiers avait raison!
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Marc-andré Paradis a eu bien de la chance que son ancien proprio sur DeLanaudière le force a réfléchir un peu et à réévaluer sa situation, plutôt que de s'endormir sur ses lauriers.
Grâce aux efforts d'Olivier Soucy et Frédéric Leblond, le chiffre d'affaires sur DeLanaudière avait presque doublé.
Faute de place, les cuisiniers travaillaient parfois dans la cour et les poubelles s'accumulaient. Il y avait beaucoup de nuisances sonores et olfactives pour plusieurs voisins tout proches, dans un secteur zoné résidentiel.
Le déménagement était nécessaire et il a vraiment été salutaire pour tout le monde.

L'ancien propriétaire
sourire , avril 01, 2011

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