Rue Frontenac - Blues du week-end






Blues du week-end
Little Walter, parrain de l’harmonica «électrique» PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Mercredi, 13 octobre 2010 08:52

Si des harmonicistes comme Guy Bélanger, Carl Tremblay et Jim Zeller ont développé des styles identifiés au rock et au blues, ils le doivent en grande partie à leur talent, mais aussi à des précurseurs comme Little Walter qui ont élevé l’harmonica de simple jouet au rang d’instrument privilégié pour la musique contemporaine.

Little Walter – Marion Walter Jacobs – est né en 1930 à Marksville (près d’Alexandria) à La Nouvelle-Orléans.

L’harmonica a été inventé bien avant, son ancêtre du moins, qu’on appelait le sheng, il y a trois mille ans en Chine. L’instrument à vent à anche libre, qui fait vibrer l’air par un soufflet, a été transporté dans les bagages d’explorateurs allemands qui l’ont refaçonné vers 1820.

Un jeune facteur d’instruments, Matthias Hohner, l’a développé et commercialisé jusqu’en Amérique. La marque Hohner est encore aujourd’hui un gage de qualité.

Le jeune Little Walter a mis la main sur son premier harmonica à l’âge de 12 ans. Sa contribution a été essentielle à l’évolution de cet instrument qui a détrôné l’accordéon et le violon dans les bands.

Walter n’a pas été le premier bluesman à utiliser l’électrification pour l’harmonica, mais il a porté la technique de l’amplification à la perfection. De plus, son showmanship faisait de lui une bête de scène, ajoutant au spectacle en portant le micro d’une main et l’harmonica de l’autre à sa bouche dans une valse de mouvements frénétiques.

Le micro qu’il utilise porte le nom de «biscuit» dans le jargon des musiciens de l’époque. Il tient bien dans la paume de la main. Son harmonica de prédilection est le diatonique (le plus populaire), mais il joue également du chromatique (à tirette).

Little Walter est capable de souffler et d’aspirer avec la même force, ce qui lui confère un meilleur contrôle pour naviguer entre les notes, plutôt que de les pousser dans une octave plus haute ou plus basse.

Little Walter a été un musicien de premier plan et un visionnaire de l’électrification de l’harmonica.

Il a eu plusieurs professeurs, mais c’est le jeu de Sonny Boy Williamson (John Lee) qui l’a le plus inspiré. Quand Walter arrive à Chicago, dans les années 1940, il s’installe dans le ghetto du South Side, pépinière prolifique de bluesmen novateurs.

C’est là qu’il rencontre Muddy Waters avec qui il s’associe de 1947 à 1952. Les succès, sur disque comme sur scène, se multiplient et Little Walter exécute des solos d’harmonica qui volent la vedette aux autres musiciens. Le son est puissant, il enterre presque la guitare.

Sa voix rauque et voilée attire de plus en plus d’adeptes. Voulant voler de ses propres ailes, il quitte Muddy pour former son propre groupe, The Aces.

Sa chanson Juke, enregistrée pendant cette transition professionnelle, atteint le premier rang du palmarès des top 40 du Rhythmn & Blues. Les tournées sont lucratives et Walter se retrouve même en Europe, où il est accueilli comme un dieu de la «musique à bouche».

Sale caractère

Little Walter avait un son caractéristique électrifiant.

Mais Little Walter a mauvais caractère. Il est arrogant, violent et belliqueux. La vanité s’est installée chez lui: il est bon et il le sait. Quand il prend un verre, il devient irascible.

Ses musiciens le délaissent un par un. Ses lubies prennent le dessus. Il s’achète une rutilante Lincoln Zephyr et, en pleine canicule, enlève les quatre portes pour une meilleure ventilation. Évidemment, la police l’arrête.

Les bagarres sont quotidiennes, si bien qu’il arbore ecchymoses et cicatrices en permanence. Il est mort en 1968, à la suite d’une rixe dans une ruelle, près d’un bar où il donnait un rare spectacle.

Sa chanson Juke aura quand même passé l’épreuve du temps. Elle a été inscrite comme grand classique du blues au Blues Hall of Fame en 1986 et son nom est entré tardivement dans le Grand livre des artistes estimables du Rock and Roll of Fame en 2008.

Little Walter aura marqué le paysage du blues par son apport musical de l’harmonica. Il a réinventé le petit instrument qui était une curiosité bruyante pour les uns, un jouet sonore destiné aux Noirs et aux illettrés pour les autres. Le péjoratif joueur «de musique à bouche» est devenu, grâce à Little Walter, un harmoniciste ayant sa place dans les plus grands bands.

Et il y a eu des émules. Carey Bell, Kim Wilson, Jean-Jacques Milteau, George «Mojo» Buford, George «Wild Child» Butler, James Cotton, Harmonica Slim, Brownie McGhee, Charlie Musselwhite, Rod Piazza, Junior Wells et, évidemment, les deux «Sonny Boy» Williamson (John Lee et Rice Miller). Une liste à vous couper le souffle.

Ceux qui ne manquent pas d’air sont les patrons du Journal de Montréal qui ont mis en lock-out leurs 253 professionnels de l’information, il y a plus de 20 mois. Des patrons qui jouent du ruine-babines à une table de négociations qui ressemble de plus en plus à un tribunal de l’Inquisition qui voudrait imposer des mises à pied pour plaire au pape de la convergence.

©françoisrobert

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:10
 
Jack de Keyzer, Gentleman bluesman PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par François Robert   
Lundi, 04 octobre 2010 23:18

Jack de Keyzer est une énigme. Il est né en Angleterre (Londres), vit maintenant à Whitby (près d’Oshawa), en Ontario, a son propre band depuis 1985 et enregistre sur le label qu’il a fondé, Blue Star Records. Il a aussi donné des cours de guitare l’an dernier au fils du premier ministre Stephen Harper, Ben. Il est surtout connu comme bluesman et a fait le tour de presque tous les festivals de blues au Québec et au Canada. Il est de passage à l’Astral le mercredi 13 octobre.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:13
 
Crossroads: la nouvelle adresse de Guy Bélanger PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par François Robert   
Lundi, 27 septembre 2010 21:40

L’harmoniciste Guy Bélanger joue professionnellement depuis 33 ans. L’humaniste Guy Bélanger existe depuis tout aussi longtemps et son plus récent album, Crossroads, est à la croisée des chemins des sentiments qu’il insuffle à sa musique. Du blues inspiré par son harmonica qui sort des sentiers battus. Comme l’entrevue téléphonique qu’il a accordée à Rue Frontenac, entre Québec et Montréal, sur l’autoroute 20.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:14
 
Honeyboy Edwards, héraut et héros de 95 ans PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par François Robert   
Lundi, 20 septembre 2010 21:25

Honeyboy Edwards et son ami Pinetop Perkins sont les deux plus vieux bluesmen du Delta encore vivants et actifs. David Honeyboy Edwards est né à Shaw, au Mississippi, en 1915. Pinetop Perkins est son aîné, à 97 ans. Ils sont les rares survivants d’une époque transitoire et fragile de l’histoire des Noirs aux États-Unis qui ont connu la géhenne post-esclavagiste. Malgré tout, Honeyboy Edwards donne encore quelque 100 spectacles par an. Histoire d’un bluesman authentique.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:13
 
Les bobines de blues de Martin Scorsese PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par François Robert   
Lundi, 13 septembre 2010 20:15

Martin Scorsese n’a pas besoin de présentation. C’est un merveilleux cinéaste, un réalisateur, un scénariste et un producteur mondialement connu et applaudi. Mais c’est aussi – peu de gens le savent – un bluesman qui a transcendé l’écoute de la musique afro-américaine par la recherche intuitive de son âme en quête d’une identité spirituelle et de l’affirmation de la négritude.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:14
 
Little Milton, négligé des circuits mineurs PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Lundi, 06 septembre 2010 20:20

Little Milton a longtemps roulé sa bosse à travers les bars et les petites salles de spectacle du Delta auprès d’un public noir, avant de capter l’attention d’un plus large auditoire. Vedette du «Chitlin’ circuit», ce circuit de la ceinture sud des États-Unis (Chitlin’, dérivé de chitterlings pour intestins, qui désignait le circuit des endroits pauvres où l’on mangeait des tripes de cochon bouillies), Milton a mérité le respect de ses fans mais n’est parvenu à jouer dans les grandes salles de concert qu’en fin de carrière.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:14
 
Aretha Franklin: du Respect pour la soul PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Mardi, 31 août 2010 22:43

Aretha Franklin, née Aretha Louise Franklin à Memphis, au Tennessee, en 1942, tire son style musical d’autant de sources que l’Amérique a pu connaître au fil des ans à travers la négritude. Une négritude qui n’a pas toujours donné le goût de chanter. Ce qui ne l’a pas empêchée d’obtenir le titre de «The Queen of Soul».

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:15
 
Le blues dirigeable de Led Zeppelin PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Lundi, 23 août 2010 20:59

Comment Led Zeppelin peut-il atterrir dans cette chronique? Tout simplement parce que le célèbre groupe phare du rock’n’roll est aussi un band qui a fait ses classes en blues. Avant son envolée en 1968, Led Zeppelin connaissait déjà les grands classiques de ses prédécesseurs comme Willie Dixon, Howlin’ Wolf, Sonny Boy Williamson et Memphis Minnie.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:15
 
Roomful of Blues : 43 ans et 48 musiciens plus tard PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par François Robert   
Mardi, 17 août 2010 16:32

Roomful of Blues, c’est le band de jumping blues par excellence. Le petit orchestre est né en 1967 à Westerly, au Rhode Island. Duke Robillard et Al Copley en sont les membres fondateurs. Depuis, 48 musiciens ont fait leurs classes avec le groupe mythique qui continue de faire swinguer son public partout dans le monde.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:12
 
Pinetop Perkins, pianiste attitré du boogie-woogie PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Jeudi, 12 août 2010 21:32

Pinetop Perkins est tellement jeune – il a seulement 97 ans – qu’il vient de sortir un énième album avec son vieux pote Willie «Big Eyes» Smith (étiquette Telarc) et qu’il est encore encensé par les critiques pour ses moindres faits et gestes comme s’il s’agissait d’une jeune recrue en train de mettre le feu dans un barrelhouse d’autrefois.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:16
 
Un 13e FestiBlues au parc Ahuntsic PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Blues du week-end
Écrit par François Robert   
Lundi, 02 août 2010 18:18

Le FestiBlues de Montréal, c’est le dernier grand party sur l’île qui marque la fin de la saison estivale des spectacles en plein air qu’il ne faut pas manquer. La 13e édition se déroule du 11 au 15 août (mercredi à dimanche), encore une fois au parc Ahuntsic, dans le nord de la ville. Et il y a plusieurs raisons pour assister à ce petit festival devenu grand.

Mise à jour le Jeudi, 02 juin 2011 00:17
 
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