Rue Frontenac - Luxe calme et volupté à bord du Bota Bota






Luxe calme et volupté à bord du Bota Bota PDF Imprimer Envoyer
Détente - Plaisirs et passions
Écrit par Claudia Larochelle   
Lundi, 23 mai 2011 19:22
Mise à jour le Lundi, 23 mai 2011 19:52

Ne cherchez pas Will Saunders, le docteur John Morgan ou le capitaine Jim Kennedy III à bord du Bota Bota, vieux navire amarré au Vieux-Port de Montréal, à l’extrémité de la rue McGill. Rien à voir avec le célèbre « Love Boat » de la série télé américaine du même nom dans lequel tout le monde cherchait l’amour… Pourtant, même si le bateau converti en spa ne bouge pas d’un iota et que le design ne rappelle pas les années 1980, la croisière s’amuse tout de même, en faisant flotter d’allégresse ceux qui montent à bord.

Il n’y a pas de soirée du capitaine, pas de robe de bal ou de nœud papillon dans ces lieux où tout le monde circule en peignoirs de bain blanc, décoiffés, démaquillés, etc.

Puisque ce navire construit en 1951 pour assurer la liaison entre Sorel et Berthier ne quitte pas le quai, le mal de mer n’existe pas. L’expérience de détente et de plénitude atteint son apogée, comme le souhaitaient les propriétaires; les sœurs Nathalie et Geneviève Émond, dont la famille est aussi propriétaire du célèbre Balnéa de Bromont, souvent considéré comme le nec plus ultra des spas par les adeptes et connaisseurs de ce genre de trip. Même soucis de propreté – impeccable – et d’intimité. Dans ces lieux humides où gougounes et maillots de bain sont à l’honneur, c’est essentiel. Les dédaigneux n’y verront que du feu.

Sauna et vue sur le Vieux-Montréal à bord du Bota Bota.  Photo courtoisie

Là où les sœurs – qui n’étaient pas nées quand le traversier a été reconverti en centre d’art flottant durant l’Expo 67 – ont innové, c’est en en faisant le premier spa scandinave au monde à être installé sur un bateau aussi imposant. D’une longueur de 171 pieds, le Bota Bota permet à ses plaisanciers de profiter d’un « circuit d’eaux » réparti sur cinq ponts.

Chaud-froid-détente…

Après un passage dans la cale pour entreposer nos effets personnels et enfiler le nécessaire de bain, c’est sur le pont principal que l’expérience commence, là où des soins payants d’esthétisme et de massothérapie se donnent.

Pour vous donner une idée, c’est 90$ pour un massage californien de 60 minutes. Jumelé à un soin, l’accès aux bains vous coûtera 35$ plutôt que 45$ pour une expérience de trois heures et moins à bord ou 45$ plutôt que 55$ en restant plus de trois heures. Personnellement, après trois heures de chaud-froid-détente-chaud-froid-détente-chaud-froid-détente, c’est assez ! Puisque c’est toujours agréable d’y lire durant des heures ou de partager une bouteille de vin blanc en bonne compagnie au comptoir gourmand, vous pourriez peut-être avoir envie d’éterniser le tout entre les bains (sauna, vapeur, eau chaude ou froide).

Surtout en flânant sur le pont soleil, le plus en hauteur et mon préféré, parce que la vue est incroyable avec le silo numéro 5 et l’enseigne Farine Five Rose d’un côté et de l’autre, le Saint-Laurent comme on le voit rarement, du moins avec des yeux aussi détendus… On en oublie presque son horrible couleur et sa pollution. Avec un peu de chance, les petits comiques qui s’amusent à faire du bruit avec leurs bateaux à moteur auront accosté. Sinon, restez zen ou reprenez du blanc.

Sur le pont promenade, profiter du bain à remous est un pur délice puisqu’on y a une vue sublime sur le Vieux-Montréal et les gratte-ciels du centre-ville. L’idéal est d’arriver vers 17 heures, question de voir le soleil se coucher. L’hiver, l’effet ensorcelant doit être décuplé. Pas étonnant que les sœurs Émond aient inauguré les lieux en décembre dernier, presque deux ans après l’acquisition du vieux navire devenu une œuvre impressionnante signée Sid Lee Architecture, qui n’a pas évacué complètement les formes et les textures du monde naval, bien au contraire. L’escalier en forme de proue permet d’ailleurs de passer d’un étage à l’autre et d’explorer les espaces épurés de cette structure d’acier et de verre.

Élégance et sainte paix

L’odeur des lieux transporte au septième ciel (ça ne sent pas l’eau de Javel !), les espaces intérieurs ne sont pas trop éclairés, le personnel n’est pas condescendant et la clientèle – surtout des couples dans la trentaine – parle à voix très basse. Rien à voir avec certains endroits dans les Laurentides où la drague grossière prend le dessus sur la relaxation.

Pour deux personnes, le montant total de cette escapade de trois heures – le circuit d’eaux uniquement – a coûté 142,78$ taxes incluses. Ce montant comprenait aussi un petit lunch (sandwiches/thé) et l’achat d’eau de source embouteillée. Léger détail anecdotique : mis à part ce coût total, un joli bikini a été acheté sur place… Malheureusement, respirer par le nez en répétant des Namaste devant le silo numéro 5 ne rend pas raisonnable.

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