Rue Frontenac - EXCLUSIF – La SAQ a pris les moyens pour réduire de moitié les vols à l’étalage






EXCLUSIF – La SAQ a pris les moyens pour réduire de moitié les vols à l’étalage PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Entreprises
Écrit par Valérie Dufour   
Dimanche, 12 juin 2011 23:30
Mise à jour le Lundi, 13 juin 2011 00:32

Le vol à l'étalage coûte cher aux commerçants québécois. C'est pourquoi la Société des alcools du Québec (SAQ) a investi au cours de la dernière année pour enrayer ce type de petite criminalité dans ses quelque 400 succursales. Un investissement qui a réussi car ils ont pincé deux fois plus de voleurs.

Selon des données obtenues en vertu de la Loi d'accès à l'information, les agents de sécurité de la SAQ ont réussi à coincer 476 voleurs sur le fait en 2010-2011, une hausse de 107 % par rapport à l'année financière précédente où 230 personnes s'étaient fait coincer bouteille à la main.

Au total, les mauvais clients arrêtés avaient tenté de s'approprier pour quelque 28 336,90 $ en produits alcoolisés. Le montant des vols s'était établi à 16 876,05 $ en 2009-2010.

«Nous avons pris des mesures pro-actives notamment en donnant plus de formation au personnel en magasin. (…) On insiste notamment sur l'importance de saluer et d'entrer en contact visuel avec chaque client lorsqu'il entre en magasin. L'idée est d'accueillir notre client pour qu'il sache qu'il existe et qu'on l'a vu entrer», explique la porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard.

Agents et clés

Si, pour des raisons stratégiques, elle refuse d'élaborer sur les techniques utilisées ou sur le type de surveillance mise en place, Mme Bouchard admet cependant que la SAQ fait appel à des agents de sécurité durant certaines périodes de pointe comme la période du temps des Fêtes pour surveiller davantage la clientèle.

Pour le reste, les bouteilles plus onéreuses sont souvent placées dans des coffrets sous clés ou bien elles portent une bague de sécurité.

Près de 480 clients malhonnêtes se sont faits pincer pour avoir tenté de dérober des bouteilles. Photo Rogerio Barbosa

Le Conseil québécois du commerce de détail évalue à près de 900 millions de dollars les pertes économiques annuelles de ce secteur. «Les pertes subies sont attribuables à 37% aux vols et fraudes effectués par les employés et à 35% aux vols à l'étalage», précise l'organisme.

Pour ce délit seulement, cela représente des pertes de 315 millions de dollars pour les marchands québécois.

À la SAQ, le vol à l'étalage représente donc beaucoup d'argent, car ceux qui se font prendre sur le fait ne représentent qu'un infime pourcentage du lot. «Le taux de vol à l'étalage est d'environ 1,6% du chiffre d'affaires de nos succursales. C'est beaucoup plus bas que ce que l'on voit dans le reste du commerce de détail, mais cela se compare avec celui des autres commissions des liqueurs», signale Linda Bouchard.

En 2010-2011, la société d'État a affiché des ventes consolidées de 2,6 milliards de dollars. Ce chiffre comprend les revenus tirés des ventes dans les supermarchés et auprès des agences affiliées.

Les vols à l'étalage sont inscrits sous la rubrique pertes globales et elles oscillent entre 3 et 4 millions à chaque année, une rubrique qui regroupe les larcins, mais aussi les coûts liés aux bris de bouteilles et aux bouteilles défectueuses.

Nouvelle ruse

Rue Frontenac a par ailleurs appris que des clients rusés utilisaient une autre technique pour avoir droit à des produits gratuits ou à faibles coûts. Ces gens se tiennent au fait des fluctuations de prix des produits et ciblent ceux qui sont incorrectement affichés pour se prévaloir des mesures prévues dans la politique d'exactitude des prix.

En 2010-2011, la SAQ n'a enregistré que deux bouteilles, comparativement à 54 en 2009-2010, volées par un employé qui a dû démissionner.

La Loi sur la protection du consommateur permet à la SAQ de ne pas afficher le prix sur toutes ses bouteilles, car elle utilise un lecteur optique pour scanner ses produits. «En contrepartie, (ces marchands) doivent apposer sur les tablettes une étiquette contenant la description et le prix de chaque produit ainsi qu'afficher et respecter la politique d'exactitude des prix prévue à la réglementation», signale l'Office de la protection du consommateur.

Et cette politique oblige la SAQ à dédommager un client qui subit une erreur de prix sur une bouteille de la façon suivante: «Si le prix enregistré à la caisse est plus élevé que le prix annoncé dans la circulaire ou affiché sur les tablettes en magasin, le commerçant doit vous remettre le produit gratuitement si le prix annoncé est de 10 $ ou moins. Dans le cas d'un produit annoncé à plus de 10 $, le commerçant doit d'abord corriger le prix de l'article pour le ramener au prix annoncé et vous consentir un rabais de 10 $ sur le prix corrigé», précise l'organisme gouvernemental.

Moins de vols d'employés

Pour l'année 2009-2010, la SAQ a ainsi versé un montant de 61 380,06 $ en indemnités à la clientèle en vertu de la politique d'exactitude des prix. Ce montant s'est élevé à 60 625,79 $ pour le dernier exercice financier. La SAQ n'a pu confirmer si certains clients profitaient systématiquement de cette politique pour bénéficier de rabais.

Enfin, les données obtenues par Rue Frontenac révèlent que la SAQ a pratiquement réussi à enrayer les vols au sein de ses troupes au cours des deux dernières années. En 2009-2010, la société d'État s'était fait subtiliser 54 bouteilles d'une valeur de 5601,15 $, des vols qui avaient mené au congédiement de deux employés. En 2010-2011, on n'a enregistré que deux bouteilles volées dont la valeur n'a pas été déterminée et ce larcin a conduit un employé à démissionner.

Commentaires (5)

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@stéphane

Vous dites "je trouves ridicule le fait de vouloir économiser 28 336,90 $, chaque succursales devra embaucher 3 agents de sécurité a plus de 20 000 par année chacun pour combler les 63 heures d'ouverture." Vous en parlerez à l'employée qui s'est fait sauvagement battre il y a quelques mois. Demandez-lui si elle est d'accord avec cette mesure. Fermer les yeux c,est la méthode des lâches ou des voleurs. Lequel êtes-vous?

luc , juin 13, 2011
pour sauver quelques 28 336,90 $
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je trouves ridicule le fait de vouloir économiser 28 336,90 $, chaque succursales devra embaucher 3 agents de sécurité a plus de 20 000 par année chacun pour combler les 63 heures d'ouverture.

a ce prix la, vaut mieux simplement fermer les yeux

en plus des couts engendré par le système de justice(service de police, avocats de la couronne et souvent aide juridique.)
stephane , juin 13, 2011
Exactitude des prix, ça va dans les 2 sens
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La politique d'exactitude des prix est valable dans les 2 sens. Trop souvent avant cette loi le consommateur était perdant. La SAQ n'a aucune raison de se plaindre pour cela, c'est minable de sa part.

Après tout, la SAQ aurait volé (empoché illégalement) 60 625,79 $ aux dépends des clients sans cette loi.
Denis , juin 13, 2011
commentaire
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Perdre son nom et sa réputation pour 30$ de boisson. Bâtard que les gens sont stupides!
Ce n'est pas de la nourriture pour faire manger ses enfants, là.

Belle société de cinglés.
sylvain , juin 13, 2011
Politique d'exactitude des prix
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Pour ce qui est de la politique sur l'affichage des prix, vous parlez comme si c'est le consommateur qui essaie d'en profiter..
Bien sûr, il y surement certains "bs professionnels" qui passent leur temps à chercher les erreurs d'affichage, mais je n'aurai pas pitié pour un commerce comme la SAQ qui n'est pas capable de s'occuper de son affichage.

Cette loi existe pour protéger les consommateurs, et c'est frustrant de se faire regarder comme un crosseur les rares fois qu'on essaie de la faire appliquer.

Ça coute beaucoup moins en main d'oeuvre lorsqu'on n'étiquette pas tous nos produits individuellement, les gros commerces de détail peuvent utiliser une partie de cette économie pour s'assurer que leur affichage correspond aux bons prix.
Mario , juin 13, 2011

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