Rue Frontenac - Molson Coors — Un gros joueur vient brasser le monde des microbrasseries






Molson Coors — Un gros joueur vient brasser le monde des microbrasseries PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Alimentation
Écrit par David Patry-Cloutier   
Lundi, 30 mai 2011 11:53
Mise à jour le Mardi, 31 mai 2011 02:01

La forte croissance des microbrasseries au Canada pousse la multinationale Molson Coors à se lancer dans la production de bières « artisanales et de spécialité », a annoncé la compagnie lundi matin.

« Les bières artisanales et de spécialité représentent le segment qui croît le plus rapidement au sein de l'industrie canadienne de la bière », a indiqué le géant de l'industrie brassicole pour justifier la création d'une nouvelle division « indépendante », La Compagnie de bières de spécialité Six Pintes.

« Nous sommes sur le point d'assister à une renaissance du marché de la bière au Canada. Les amateurs de bière de partout au pays explorent de nouveaux territoires exaltants quant aux bières artisanales et de spécialité », affirme Ian Freedman, qui aura la responsabilité de La Compagnie de bières de spécialité Six Pintes.

Selon lui, Six Pintes « est là pour mener cette renaissance en ayant pour seule mission d'attirer de nouveaux amateurs et de susciter une passion pour la bière ».

Le géant Molson Coors se lance dans la production de bière artisanale et de spécialité.

La nouvelle entreprise agira indépendamment de sa maison-mère quant aux prix, aux produits, la distribution et la promotion. Un peu comme un producteur indépendant, la philosophie de la nouvelle entité sera axée sur un « véritable attachement au produit ». Six Pintes aura un modèle d'affaires qui lui est propre, avec des employés différents.

« On pense que la stratégie de mise en marché pour les bières de spécialité demande un modèle d'opération différente que les marques à grand volume », indique la porte-parole de Molson Coors, Marie-Hélène Lagacé, soulignant que Six Pintes n'a pas encore son propre responsable des relations publiques.

Stratégie à long terme

L'initiative de Molson Coors s'inscrit dans la poursuite d'une stratégie à long terme de l'entreprise qui a acquis en 2005 la plus grosse microbrasserie ontarienne, Creemore Springs Brewing Company. En 2009, elle a aussi acheté la vancouvéroise Granville Island Brewing Company.

Ces deux entreprises seront regroupées sous Six Pintes. Dans un premier temps, la priorité de la nouvelle entité sera d'élargir la distribution des bières de Creemore et de Granville dans de nouveaux marchés au Canada. « Granville est seulement disponible dans l'Ouest », explique Marie-Hélène Lagacé. Les consommateurs québécois pourraient donc profiter bientôt d'une nouvelle marque sur les tablettes.

Pour assurer sa croissance, Six Pintes pourrait acquérir d'autres microbrasseries canadiennes. Elle aura aussi le mandat de développer de nouveaux produits originaux.

L'entreprise pourrait aussi signer des ententes d'importation avec des brasseurs outremer. « C'est un peu ce qu'on fait avec la Heineken, qui est distribuée par Molson Coors ici », indique la porte-parole.

Les microbrasseurs pas inquiets

À l'Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), on ne se montre pas inquiet de l'arrivée d'un gros joueur dans leur marché de niche. Le vice-président, Frédérick Tremblay, dit attendre de voir ce que fera Molson Coors avant de juger.

Demain matin, pour les microbrasseurs au Québec, ça ne change rien, affirme celui qui est également président de la Microbrasserie Charlevoix. On va continuer à avancer, on va continuer à faire des bières de qualité qui répondent aux attentes du public ».

Selon l'AMBQ, il existe environ 80 microbrasseries au Québec, engendrant quelque 700 emplois directs.

Molson Coors a finalement indiqué que le choix du nom Six Pintes constitue une référence historique au salaire des soldats britanniques, qui avaient droit à six pintes de bière par jour de travail à la fin des années 1700.

Commentaires (4)

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Déjà vu et Marketing 101...
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Il y a 5 ans, Labatt avait fait un geste semblable pour percer ce même marché de la bière de spécialité. Flop total, la St-Urbain n'a fait que passer, et peu de gens s'en rappellent.
J'anticipe, sans stresser pour mes brasseurs préférés, un peu la même chose du côté de Molson. C'est difficile pour une aussi grosse compagnie de se repositionner dans la tête d'une clientèle avertie. Au final, c'est le produit qui va parler, beaucoup plus que le prix...
Snakie , mai 31, 2011
Tout ça n'est que de la frime
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Les grosses brasseries sont experts dans l'art de produire des bières insipides. Chassez le naturel et il revient au galop. Constamment, les grosses brasseries annoncent des produits nouveaux qui sont constamment minables. Les "ice", les "dry"...

Certes, leurs bières sont bon marché. Encore que, comme plusieurs des actionnaires ou détenteurs de licences de marques soient à l'extérieur du Québec, c'est loin d'être sûr que le consommateur d'ici y trouve son compte. Si tu n'achètes pas de ton voisin, comment veux-tu qu'il puisse acheter chez toi?

Privilégions les bières de vraies microbrasseries. Protégeons notre économie tout en flattant nos papilles gustatives!
Citadin , mai 31, 2011
Regardons le positif
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Je vois beaucoup de positif dans cette décision de Molson d'aller dans les bières artisanales. D'abord, cela fera baisser surement les prix de ces bières, ce qui est une bonne chose pour le consommateur (mais pas pour les petits producteurs qui devront ajuster leur prix).
Molson vendra certes, ses bières artisanales pas aussi peu cher que la EXPORT, mais surement moins cher que les autres bières haut de gamme et artisanales. Puis, les consommateurs qui achètent des bières artisanales savent faire la différence entre des bières cheap et haut de gamme.
Les grosses multinationales savent s'adopter au marché. N'oublier pas que c'est le consommateur au bout du compte qui établit les règles du jeu.
laurenthou , mai 30, 2011
Pas capable...
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Pas capable de se retenir. Ce segment de marche existe depuis des decennies mais maintenant que celui-ci est en hausse les grosses multi-nationales avec leurs gros sabots veulent l'envahir. Les buveurs se sont enfin lasses du produit de masse vendu a coup de poupounes sans grande saveur d'une marque a l'autre pour eduquer leur palais.

Combien de petites entreprises vont souffir avec la venu de ces gros elephants dans leur cour, le temps d'une elimination pour laisses le champs libre aux grosses multinationales qui dans un effort de standardisation et de controle de cout rameneront la produit a ce qu'elles font de mieux; de l'eau alcoalisee.

Ne tuons pas le marche et continuons d'encourager les petits producteurs et le produit original.
Monsieur Sylvain , mai 30, 2011

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