Rue Frontenac - Exclusif - IGA lancera une carte de crédit






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Affaires - Alimentation
Écrit par Marie-Eve Fournier   
Mercredi, 22 septembre 2010 18:54
Mise à jour le Jeudi, 23 septembre 2010 00:14

Comme un nombre grandissant de détaillants, IGA aura son nom et son logo imprimés sur une carte de crédit, a appris Rue Frontenac. La nouvelle carte MasterCard, émise par BMO, doit être disponible à compter du 14 octobre.

IGA ne devient pas une banque (contrairement à Walmart et Loblaw, par exemple) car l’émetteur de la carte est la Banque de Montréal. Le concept se rapproche davantage de celui qu’utilise Pharmaprix, qui a lancé récemment une carte MasterCard en association avec la banque MBNA, ou Rona, associée à Visa et Desjardins.

Quels avantages y a-t-il pour une chaîne de supermarchés à avoir son nom sur carte de crédit? Question de fidélisation? Pas vraiment. «C’est un outil financier pour réduire les coûts associés au crédit», répond Guy Terroux, vice-président, marketing d’IGA, en entrevue. Les émetteurs sont très imaginatifs pour sortir de nouvelles cartes avec de hauts taux (pour les commerces). […] Ces hausses substantielles sont répercutées dans nos magasins.»

Il faut savoir qu’une carte qui offre toutes sortes de points et de primes à son détenteur coûte plus cher aux détaillants en frais de transaction qu’une carte standard. Souvent, les commerçants augmentent leurs prix pour compenser ces frais qui amputent leurs profits. La prolifération de ce type de cartes avait tellement mis le feu aux poudres des détaillants canadiens, il y a deux ans, qu’un vaste mouvement (regroupant 250 000 commerces) baptisé «stop sticking it to us» («cessez de nous coller des frais» en français) avait été mis sur pied pour les combattre. Depuis que le mouvement a créé son site Internet, le 3 septembre 2008, les grandes compagnies de cartes de crédit auraient soutiré 9,2 milliards de dollars aux Canadiens «en frais d’utilisation cachés», y dénonce-t-on.

En s’associant avec la BMO et MasterCard, IGA espère donc réduire ses coûts relatifs à l’acceptation des cartes de crédit. Photo d'archives Chantal Poirier

Ce mouvement d’insatisfaction, entre autres, avait amené l’industrie des cartes de crédit à être scrutée à la loupe par trois organisations (Le Bureau de la concurrence, le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie et le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce).

En s’associant avec la BMO et MasterCard, IGA espère donc réduire ses coûts relatifs à l’acceptation des cartes de crédit. M. Terroux n’a pas été en mesure de préciser dans quelle proportion les clients paient leurs achats avec ce type d’argent en plastique. «Ça augmente de plus en plus», indique-t-il cependant.

Par ailleurs, les cartes de crédit sont un peu moins utilisées dans les supermarchés du Québec que dans ceux des autres provinces.

«S’ils gagnent 1,5 %, pour eux, ça représente un montant énorme!», fait valoir Jasmin Bergeron, professeur de marketing à l’ESG de l’UQAM et spécialisé dans le marketing des services financiers et dans la fidélisation de la clientèle.

En outre, lGA aura désormais accès à une base de données plus complète sur ses clients, ce qui lui permettra d’ajuster ses promotions en conséquence. «Quand vous remplissez une demande de carte de crédit, vous donnez toutes sortes d’informations (âge, revenu, sexe, hypothèque). Ce sont des renseignements très utiles pour les détaillants», rappelle l’universitaire.

Par exemple, si IGA réalise que les sacs de croustilles sont majoritairement achetés par des hommes, il pourrait faire une promotion en magasin sur laquelle on voit un homme, illustre M. Bergeron. Chaque fois qu’une carte est glissée dans un terminal, sachez qu’on enregistre vos achats et qu’on utilise les données en les croisant avec d’autres…

Plus tard au Québec qu’ailleurs au pays

Il y a deux semaines, Sobeys (qui exploite la bannière IGA au Québec) avait annoncé le lancement d’une carte de crédit MasterCard BMO dans toutes les provinces du Canada, sauf le Québec.

Pourquoi le détaillant n’a-t-il pas procédé à un lancement unique et simultané pour l’ensemble du pays? «Ça nous a pris un peu plus de temps pour adapter le produit au Québec. Ici, on a voulu lui donner un petit «oumpf» de plus. Il a fallu quelques semaines de plus pour bien ficeler l’offre», explique M. Terroux.

La nouvelle carte en question (sans frais annuels) donnera droit à des milles de récompense Air Miles, programme auquel est associée IGA depuis 1992. Les détenteurs de la carte obtiendront des milles plus rapidement, et divers partenaires leur donneront droit à des offres exclusives.

Déjà, une «large proportion» des clients d’IGA possèdent une carte Air Miles. «Ce sont nos meilleurs clients. Ils achètent plus que la moyenne», précise le responsable du marketing. La nouvelle carte de crédit ne devrait pas fidéliser davantage les consommateurs, croit M. Terroux. «Des points pour des points, ça ne fidélise pas. C’est une vision à court terme. Un programme de fidélité, ça ne règle pas les problèmes. Le magasin doit être impeccable.»

Le lancement de la carte de crédit IGA arrive alors que Metro vient tout juste de lancer son propre programme de fidélisation, Metro & Moi, dans l’ensemble du Québec. C’est une pure coïncidence, selon IGA, étant donné que le détaillant travaille sur le projet depuis «longtemps».

M. Terroux affirme qu’IGA ne s’est pas fixé d’objectif en ce qui concerne le nombre de cartes qui pourraient être en circulation dans un an. «Je n’ai pas de plafond. Plus il y en a, mieux c’est!»

 

Commentaires (9)

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Le problème n'est pas la carte.
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Cela fait 10 ans que j'ai une carte de crédit, que j'utilise de plus en plus pour éviter les frais qu'occasionnés par l'utilisation d'Interac, et je n'ai jamais payé un seul sou d'intérêt. Mon secret? Je vis selon mes moyens, j'épargne ce que je peux et j'assume mes responsabilités de consommatrice. Il n'y a pas d'autre façon d'utiliser le crédit intelligemment, mais encore faut-il être capable d'un minimum d'autodiscipline et cesser de rejeter la faute sur la Société de consommation : nous en faisons tous partie qu'on le veuille ou non!
M_Montreal , décembre 09, 2010
Le crédit pour éviter les frais de transaction bancaires
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Payer par carte de crédit n'est qu'une manière d'éviter de payer les frais de plus en plus coûteux liés à l'utilisation d'une carte débit et qui, à mon avis, représente de l'argent jeté par la fenêtre. Je comprends que les banques nous les imposent, mais si je peux les éviter, pourquoi pas? De plus, lorsqu'on s'en sert avec logique, je ne comprends pas pourquoi le crédit est nocif. J'ai 20 ans, et je comprends très bien la notion d'acheter seulement si j'ai l'argent. Je fais partie de la classe moyenne et je ne possède pas de voiture neuve, car je suis consciente que je n'ai pas les moyens de faire des paiements de 400$ par mois en plus de mes autres obligations.
Elisa , octobre 16, 2010
La pauvreté augmente
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Quant on est rendu au point où on achète de la bouffe à crédit. Cela veut dire que l'écart entre les riches et les pauvres s'accroît.
Daniel Gingras , septembre 25, 2010
aucun crédit mais des points
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Nous ne pouvons nous permettre de prendre une carte de crédit;je m'arrange au milieu du mois d'aller à la banque alimentaire car si je veux bien m'alimenter pour ne pas tomber malade ,je ne peux faire autrement ;tout a augmenté,je suis déclarée invalide depuis mon accident,mais la C.S.S.T refuse de me verser mes indeminités,alors il faut trouver des trucs pour survivre,et puis je me dis que si des personnes donnent à la banque alimentaire c'est pour permettre aux personnes handicapées et les gens sans job de pouvoir se nourrir;nous avons notre carte air milles et celà suffit;nous devons devenir solidaire de plus en plus et ne pas seulement se fier aux cartes de crédit;devenir un peu moins individualiste pourrait faire changer bien des choses et une société davantage ancrée vers le socialisme;il est anormal que dans un pays comme le canada ,des personnes ne mangent pas à leur faim tous les jours,mais aussi bien manger ,pas du fast food,du slow food devrait être permis à tout le monde ,pas seulement les gens fortunés;comment voulez vous vous en sortir si vous commencez avec des cartes de crédit pour bouffer,pendant la dernière guerre mondiale ,on donnait des tickets..on devrait en donner à certaines personnes ,remplacer notre frigidaire aux frigidaires des ministres,des patrons ,remplacer ma commande aussi
Béatrice , septembre 24, 2010
rentrée=sortie
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Une carte de crédit n'est qu'une façon de payer. L'important, c'est que la quantité d'argent qui sort de sa poche, peu importe la manière, égale la quantité qui rentre, peu importe la source.
Sam , septembre 23, 2010
Bonne idée!!
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Pour ce qui est de moi, ja paye TOUTES mes transactions effectuées dans le mois par ma carte de crédit qui me procure des points. A la fin du mois, lorsque l'état de compte arrive, je paye le compte et j,ai recu pleins de points. Il faut juste savoir budgeter et s'organiser. Je me paye pleins de petits extras dans une année avec mes points... Alors pourquoi pas IGA aussi!!!
Milou , septembre 23, 2010
Les points
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Si les gens paie à la fin du mois, aucun problème à faire l'épicerie sur la carte. Surtout avec les programmes de récompense qui vient avec de nombreuses cartes.

le problème, c'est quand les gens n'ont pas l'intelligence financière de payé le solde complet à la fin du mois.
wake up , septembre 23, 2010
maudit crédit
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Quand c'est rendu que tu fais ta "commande" au crédit, c'est certain que tu as des difficultés financière!!
Andrée , septembre 23, 2010
L'Epicerie a crédit !!
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Bonne idée pour IGA, mais ce geste nous démontre que de plus en plus de gens achètent leurs denrées périssables a crédit. Pas fort......Pas fort......
Furibond , septembre 23, 2010

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