Rue Frontenac - Privatisation complète du marché Saint-Jacques: le marché Claude Plouffe en furie contre la Ville






Privatisation complète du marché Saint-Jacques: le marché Claude Plouffe en furie contre la Ville PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Alimentation
Écrit par Marie-Eve Fournier   
Jeudi, 19 août 2010 17:17
Mise à jour le Jeudi, 19 août 2010 18:36

Avec la privatisation totale du marché Saint-Jacques, l’acériculteur Claude Plouffe et son associé Mario Dufresne, qui y vendaient des fruits et légumes depuis 28 ans, ne peuvent plus avoir accès au terrain pour y faire des affaires. Et ils sont furieux contre la Ville qui «ne met pas ses culottes».

Déménagés dans un local cinq fois plus petit à proximité, ils se préparent à intenter cet automne des recours devant les tribunaux pour obtenir une compensation financière. Ils profitent de l’été pour comparer les chiffres de vente. «Dans le gros de la saison, de l’autre côté de la rue, il y avait deux fois plus de monde grâce à l’ambiance que ça crée de magasiner dehors», a relaté Mario Dufresne au cours d’un entretien avec Rue Frontenac dans son entrepôt.

De 35 employés, l’entreprise est passée à 15 cette année. En outre, la relocalisation a occasionné des frais de 100 000$.

Heureusement, rapporte le marchand, «plusieurs personnes n’ont pas digéré notre expulsion». Cela lui a permis de conserver une bonne partie de sa clientèle qui boycotte le petit marchand de fruits qui s’est installé «sur son ancien terrain».

Après 28 ans au marché Saint-Jacques, Claude Plouffe et son associé Mario Dufresne ont dû déménager de l’autre côté de la rue pour continuer de vendre leurs fruits et légumes en raison de la privatisation de l’endroit. Photo d'archives Chantal Poirier

Mais ça ne suffit pas à apaiser sa frustration. «J’avais confiance en la Ville. J’avais un bail jusqu’en 2022… je me sentais protégé», confie Mario Dufresne, qui s’est rendu au conseil municipal pour faire valoir son point de vue. Une démarche qui n’a rien donné, jure-t-il.

Du côté de la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal (CGMPM), le PDG Marc Angers explique que c’est son organisation qui a signé le bail avec la Ville jusqu’en 2022, entente qui lui permet de sous-louer l’espace à des producteurs maraîchers ou des marchands de fleurs. Ces ententes étaient renouvelées chaque année, généralement avec les mêmes personnes que l’année précédente.

Parce que la situation était devenue «ingérable» et qu’il aurait fallu entreprendre une coûteuse guerre juridique, il a décidé de laisser tomber le terrain.

Hausse de loyer «irresponsable»

Mario Dufresne raconte que Rosdev lui a proposé de louer un espace à l’intérieur, ce qui lui aurait aussi donné accès à l’extérieur pendant l’été. Mais le loyer exigé était quatre fois plus élevé qu’auparavant. «J’aurais fait du bénévolat», calcule-t-il.

Sur le site internet de son commerce, qui se trouve encore à l’adresse marchestjacques.com, on peut lire dans la section «historique» que Rosdev «augmente de façon drastique, irraisonnable, voire même irresponsable, le prix des loyers – à un taux que même la SAQ refuse de louer!».

À la Ville, on affirme ne pas pouvoir «s’immiscer dans ce processus de renouvellement de bail car il s’agissait d’une négociation de gré à gré entre la Corporation et le commerçant».

«Par ailleurs, nous ne pouvons pas offrir de l’aide financière ou autre au commerçant Plouffe car cela n’est pas le rôle de la Ville; si le commerçant Plouffe estime qu’il a subi un traitement injuste de la part de la Corporation (avec qui il détenait un lien contractuel), c'est auprès d'elle qu'il doit s'en plaindre», a conclu le porte-parole Gonzalo Nunez, dans un courriel.

L’ex-marché Claude Plouffe, aujourd’hui devenu la Fruiterie du petit Saint-Jacques, partageait l’espace extérieur du marché Saint-Jacques avec un marchand de plantes et de fleurs. Dans le temps des fêtes, on y vendait des sapins.

À l’heure actuelle, un autre marchand de fruits et légumes occupe une partie de l’espace qui était occupé par Claude Plouffe, et ce, de façon «un peu illégale», selon la CGMPM.

Rosdev n’a pas rappelé Rue Frontenac pour expliquer sa position.

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EXCLUSIF – La Ville renie ses engagements envers le Marché public Saint-Jacques

 

Commentaires (3)

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Milieu sauvage
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Quant un bail arrive a échéance, soit dans un centre commercial ou autre emplacement pour le commerce, c'est souvent une partie de bras-de-fer qui s'entame et si le commercant n'a pas la capacité d'une multinationale, il se fait souvent exploiter ou expulser, dans bien des cas, c'est très rapide et très sauvage.

Avocat du diable , juin 18, 2011
ROSDEV et son proprio
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Vous loulez en savoir plus sur ROSDEV? Ce blog en parle abondamment, c'est un joueur important dans les magouilles entre Outremont, le Plateau-Mille End et les ultra-orthodoxes Hassidims.

http://accommodementsoutremont.blogspot.com/
lacjf , août 23, 2010
Bonne chance !
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Pour connaître tant l'homme que sa réputation, je vous souhaite bonne chance dans votre combat contre un Michael Rosenberg que même ses semblables qualifient de rapace qui ne laisse personne vivre.
De par les "p'tits zamis" politiciens qu'il a dans sa petite poche, je serais curieux de voir les soumissions pour les locaux, et bâtiments, loués par les gouvernements, surtout fédéral.
Cet homme n'a que 2 lois, l'argent et le dédain qu'il a pour toutce qui est humain, sauf lui.
GaMa , août 20, 2010

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