Rue Frontenac - Matrox — La dispute est terminée!






Matrox — La dispute est terminée! PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Justice
Écrit par Alain Bisson   
Lundi, 27 juin 2011 14:32
Mise à jour le Lundi, 27 juin 2011 14:46

C’est fait ! Branislav Matic et Lorne Trottier, les deux propriétaires multimillionnaires de la société montréalaise Matrox, ont finalement réglé à l’amiable leur acrimonieuse chicane d’actionnaires qui traînait depuis 2003, a appris Rue Frontenac.

La Cour supérieure n’a pas forcé la vente aux enchères du contrôle complet de la société comme l’a demandé M. Matic au tribunal avec une requête déposée en 2009. L’homme d’affaires soutenait alors que lui et M. Trottier étaient irréconciliables et que la seule façon de sauver Matrox de la paralysie était de forcer la vente au plus offrant des parts de l’un ou de l’autre.

L’entente intervenue entre les deux hommes est frappée d’un haut degré de confidentialité. Elle a été sanctionnée par la juge Chantal Corriveau, jeudi dernier. Ce n’est pas écrit noir sur blanc dans les ordonnances de la juge, mais Rue Frontenac a eu la confirmation que les deux associés restent en poste et qu’ils continueront d’assumer la codirection de Matrox.

Le règlement est constitué de deux ordonnances distinctes qui ne font qu’effleurer le contenu de l’entente. On y apprend que MM Matic et Trottier ont convenu d’une procédure précise encadrant la consultation des courriels au sein de la société – un sujet sensible qui a mis le feu aux poudres en 2003 –, qu’ils ont réglé leur dispute au sujet de la méthode de calcul des dividendes annuels qu’ils tirent de Matrox et qu’ils soumettront tout éventuel litige à ce sujet à une procédure accélérée devant la Chambre commerciale de la Cour supérieure.

La convention d’actionnaires

Une des ordonnances du magistrat indique également que la convention d’actionnaires de Matrox a été modifiée, probablement pour régler l’impasse créée par le fait que les deux hommes possèdent 50 % de la société et qu’il est donc impossible d’obtenir une majorité de voix pour les décisions contestées.

Joint par Rue Frontenac lundi, un des avocats de M. Matic, Gene Kruger, du cabinet McCarthy Tétrault, n’a pas voulu faire de commentaires, arguant que le règlement à l’amiable est confidentiel.

Son vis-à-vis chez Stikeman Elliott, Charles Nadeau, n’a pas été plus loquace sur le contenu du règlement, mais il a indiqué que son client, Lorne Trottier, s’en déclare satisfait.

« M. Trottier est heureux de la résolution du litige et de pouvoir dorénavant regarder vers l’avenir », a soumis Me Nadeau.

Matrox, une vedette canadienne des technologies de l’information, employait 1800 personnes et affichait un chiffre d’affaires de 600 à 700 M$ US au tournant des années 1990 à 2000, peu avant l’éclatement de la dispute entre MM Matic et Trottier.

Convaincu que Lorne Trottier lui jouait dans le dos en tentant de créer une nouvelle société, Encentrus, avec les ressources financières et des employés de Matrox, M. Matic a commencé à espionner les courriels de son associé en 2003.

Après avoir découvert le stratagème, M. Trottier a répliqué par une requête en injonction et une poursuite de 350 000 $, à la fin 2004.

Matrox, une vedette canadienne des technologies de l’information, employait 1800 personnes et affichait un chiffre d’affaires de 600 à 700 M$ US au tournant des années 1990 à 2000. Photo Archives Rue Frontenac

Le traitement du silence

À partir de ce moment et jusqu’à tout récemment, les deux hommes ne se sont plus adressé la parole et ont géré Matrox sur une base quotidienne par l’entremise d’intermédiaires.

En 2009, M. Matic a déposé sa requête pour la mise aux enchères de Matrox. Il arguait qu’il y avait péril en la demeure, notamment parce que la dispute d’actionnaires a paralysé le processus décisionnel et a joué pour beaucoup dans la décélération des affaires de la société.

Selon lui, Matrox n’avait plus que 850 employés et un chiffre d’affaires d’un peu plus de 100 M$ US en 2009.

M. Trottier a une vision des choses moins définitive et soutient que l’essentiel de la baisse des revenus de Matrox est survenu entre 1998 et 2003 en raison de l’éclatement de la bulle des technologies, et que Matrox était toujours très rentable.

Préférer le statu quo

Selon un document de 913 pages qu’il a déposé pour sa défense en 2010 et qui a été mis sous sellé par la suite, Matrox a versé à ses deux actionnaires un dividende de 15 M$ US chacun en 2009. M. Trottier prévoyait alors que lui et son associé empocheraient de 10 M$ à 12,5 M$ US pour l’année 2010.

M. Trottier refusait l’idée de mettre Matrox aux enchères – entre autres parce que le jeu de la relance d’offres pouvait se solder par un prix trop élevé pour la part de M. Matic – et il disait même préférer le statu quo à une obligation de vendre.

En décembre 2008, M. Trottier a même refusé une offre de 45 M$ pour sa moitié de Matrox.

« Trottier a rejeté cette offre non seulement parce qu’elle était extraordinairement basse, mais, de façon plus importante, parce que la totalité de ses actions, comme le sait Matic, n’est pas à vendre », a expliqué Me Nadeau dans un des documents produits devant la juge Corriveau.

Homme d’affaires relativement discret, M. Trottier s’est placé brièvement à l’avant-scène avec des dons totalisant 22 M$ à son alma mater, l’Université McGill, en 2000 et 2006, et de 2 M$ à l’École polytechnique, en 2005.

Commentaires (1)

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Ah!, ces chicanes
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Il faut avouer que ces deux types ont les moyens pour s'amuser de situations puérils. C'est peut-etre leur distraction principale, étant si riche.

Bonne chance pour votre réconciliation, a moins que vous préférez continuer a vous amusez?
Avocat du diable , juin 27, 2011

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